ENRAGÉ (Derrick Borte)

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DATE DE SORTIE FRANCAISE

19 août 2020

REALISATEUR

Derrick Borte

SCENARISTE

Carl Ellsworth

DISTRIBUTION

Russell Crowe, Caren Pistorius, Gabriel Bateman, Jimmi Simpson…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller/action
Titre original : Unhinged
Année de production : 2020

SYNOPSIS

Mauvaise journée pour Rachel : en retard pour conduire son fils à l’école, elle se retrouve coincée au feu derrière une voiture qui ne redémarre pas. Perdant patience, elle klaxonne et passe devant. Quelques mètres plus loin, le même pick up s’arrête à son niveau. Son conducteur la somme de s’excuser, mais elle refuse. Furieux, il commence à la suivre… La journée de Rachel se transforme en véritable cauchemar.

Excellente réputation de bonne petite série B à l’ancienne, pour celui-là. C’est tentant.

C’est Duel, mais avec un visage derrière le volant.

Jim

Ouais et du coup je sens le truc ultra-prévisible et balisé

J’ai l’impression de voir la bande-annonce depuis des semaines sur Facebook.

Bon, c’est pas mal, cette affaire, en grande partie grâce aux acteurs. Russel Crowe compose une sorte de prédateur inquiétant qui projette sur ses victimes ses propres défauts, et Caren Pistorius, que je ne connais absolument pas, est franchement pas mal en mère débordée qui refait le parcours des grandes héroïnes de la fiction américaine, quittant son innocence agitée pour développer des sens de résistante.
Le film est court, ce qui lui confère une certaine nervosité, y compris dans les moments calmes. C’est plutôt bien, ça ne traîne pas.
L’ouverture, qui montre le fameux Tom Cooper, bourré de médicaments jusqu’aux yeux, dans l’un de ses méfaits précédents, pourrait donner l’impression, sur la lignée de ma remarque un peu plus haut, que l’on donnait une vie, et donc une justification, au sadique : « un visage derrière le volant », disais-je. Mais le scénario ne commet pas l’erreur d’expliquer les méfaits du personnage. L’introduction n’est là que pour montrer qu’il n’a aucune retenue, que c’est un être violent et déséquilibré qui cherche un bon prétexte pour exercer ses penchants. Le récit évite donc le traumatisme ou l’identification qui accompagnent parfois ce genre de portrait : on ne saura rien de Tom Cooper (si tant est qu’il s’agisse là de son nom).
Au contraire, de son côté, il découvre toute la vie de sa cible, le film faisant un commentaire discret sur l’ère des médias qui est la nôtre. Le générique parle du malaise de la société, et on peut voir le film sous cet angle : un commentaire. Un discours sur l’irresponsabilité générale, sur la volonté de ne jamais rien assumer tout en étalant tout.
Il est d’ailleurs intéressant de constater que le métrage se perd un peu quand le harcèlement s’éloigne des voitures. Il y a un travail sur le son assez formidable dès que la caméra s’intéresse aux véhicules, avec une sorte d’animalité liée au bruit des moteurs. Quand la fin de la traque vire au « home invasion », on y perd du sel, et le réalisateur en a bien conscience : la poursuite a pris fin.

Jim