EXODUS : GODS AND KINGS (Ridley Scott)

Les projets bibliques fleurissent à Hollywood. Début 2014 débarquera sur les écrans américains le Son of God des producteurs de la série à succès The Bible (diffusée sur History Channel). Puis début avril, ce sera le tour du Noé de Darren Aronofsky.
Et avant le Resurrection de Kevin Reynolds (Robin des Bois Prince des Voleurs) prévu pour 2015 et un remake de Ben-Hur toujours en développement, Ridley Scott présentera fin 2014 sa version de L’Exode du peuple hébreu, d’après un scénario co-écrit par Steven Zaillian (La Liste de Schindler).

La distribution d’Exodus : Gods and Kings réunit Christian Bale (Moïse), Joel Edgerton (Ramses II), Sigourney Weaver (la mère de Ramses II), John Turturro (le père de Ramses II), Ben Kingsley, Aaron Paul et Indira Varma.

Ci-dessous la première image officielle :

La sortie française d’Exodus : Gods and Kings est prévue pour le 24 décembre 2014.

Nouveaux visuels :

La première bande-annonce :

La nouvelle bande-annonce :

Oh mais c’est un remake du Prince d’Égypte, j’ai adoré cette animation !
“Fleuve, ohhh fleuve emporte le pour moiii… Ce chargement si précieuuuuuux ♪”

Non plus sérieusement, ça à l’air pas mal du tout dis donc.
Une BA qui donne envie. Un bon casting: Christian Bale (il en jette dans la bande-annonce!), Sigourney Weaver, Ben Kingsley… Joel Edgerton je connais moins, j’ai vu très peu de films de lui il me semble… Une occasion qui va me permettre de voir son jeu d’acteur.
De belles images, de beaux paysages… J’ai hâte de voir ça sur grand écran!
(Et j’espère ne pas être déçue, comme ce fut le cas pour Noé…)

Un white washing aussi effarant que le premier degré qui semble se dégager de l’ensemble et qui vient, encore une fois, bien appuyer un fait détruit par l’archéologie et la science historique : l’esclavagisme en Egypte est un mythe. Passer du message de Kingdom Of Heaven à ça,papy Ridley devrait prendre sa retraite.

tu peux developper ou référencer, cela m’intrigue, ce serait un peu le seul empire, royaume, dynastie, oganisation poltique (quel mot convient ?) de cette époque qui ne le pratiquerait pas du coup.

Il y a un débat entre spécialistes : apparemment, ils s’entendent pour dire que l’esclavage à la grecque ne s’applique pas à l’Egypte, on parle plutôt de servitude dans ce second cas ; cet article wikipédiesque fait le point sur la question (à prendre avec les précautions d’usage bien sûr) :
fr.wikipedia.org/wiki/Servitude_dans_l’%C3%89gypte_antique

c’est interressant, c’est toujours assez jubilatoire ces subtilités de droit, et les formes concretes que cela impose dans les sociétés ou dont elles témoignent.

En effet, comment parler d’esclavage du moment que la notion d’homme ou de liberté n’existent pas vraiment, non plus que celle de sujet de droit.

Je retiens donc la distinction possible entre un esclavage qui touche l’être du sujet et la servitude qui ne viserait que sa force de travail.

De là à dénoncer une représentation totalement fausse de l’egypte, je trouve que c’est au nom de la subtilité jouer avec une représentation pas tres subtile de la notion d’esclavage. L’esclave s’il etait objet de de droit et non sujet chez les romains par exemple n’était pas pour autant sans protection non plus.

c’est interessant en tout cas, merci à vous deux de l’avoir pointé

Hum… Mais ici on parle d’une adaptation biblique avant tout il me semble et non « historique » (l’Histoire avec un grand « H », basée sur des événements, faits passés qui sont prouvés, irréfutables etc.) Alors, que l’esclavagisme en Egypte soit un mythe ou non c’est ainsi que cette période fut décrite et abordée dans la Bible, donc rien d’étonnant à ce qu’elle soit représentée comme tel dans le film (?)

Après ta remarque est très intéressante mais on le voit encore aujourd’hui les avis des spécialistes eux mêmes sur le sujet sont assez contradictoires. On se renvoi arguments sur arguments, qui pour ma part, sont tous aussi convaincants les uns des autres… Pas évidents d’avoir un avis trancher la dessus.

D’ordinaire, les films à grand spectacle présente des images épatantes, une intrigue pétaradante, des personnages peut-être caricaturaux mais attachants, des séquences épiques, des moments poignants… et un discours politique au mieux stupide au pire réactionnaire.
Là, c’est tout le contraire.

C’est un film chiant. Long, prétentieux, monté à la va-vite, encombré de scènes inutiles et répétitives, avec une absence totale de sentiment et d’implication. N’aurait-il pas fallu montrer une scène où Moïse cause à Bithia et Myriam avant de les sortir comme d’un chapeau magique pour la confrontation avec Ramsès ? Ils se sont mis à quatre pour écrire ça ? Ils n’ont jamais pensé qu’il fallait faire un effort pour rendre un héros attachant ? Sont-ils partis du principe égocentrique que tout le monde connaissait déjà l’histoire (si oui, alors pourquoi la raconter) ?
Si l’on de moque complètement des sentiments des personnages, qui ne sont que des silhouettes de carton, on ne s’intéresse guère plus aux images. Le film est un catalogue de citations (la bataille de Kadesh est une reprise de l’attaque équestre de Laurence d’Arabie, l’attaque des crocodiles est copiée sur les Dents de la Mer, y a des reprises de Ben-Hur pour les puits des esclaves semblables aux grottes à pestiférés, ou de 300 pour les corps flottant entre deux eaux…) comme si Scott n’était plus capable d’utiliser la grammaire cinématographique pour créer ses propres images, entrecoupées d’images ternes et grises qu’on les croirait sortis du cerveau malade du frère Nolan… Aucun acteur n’est bon : Christian Bale traîne son petit gloussement sardonique de scène en scène, Sigourney Weaver se débat avec trois malheureuses répliques sur lesquelles elle applique le visage sec que les ans lui ont tanné, Ben Kingsley est en minimum syndical…
Bref, c’est un catalogue de ratages. Pas beau, pas passionnant, pas bien joué, encore moins bien écrit.

Au milieu de ce désastre, on trouve quelques qualités, qui tiennent sans doute davantage des intentions du quarteron de plumitifs chargés de ce pensum que de la réalisation elle-même.
En premier lieu c’est un film sur la folie. Ce n’est pas la première fois que Ridley Scott traite de la folie et du mensonge. Là, il reprend le thème de l’hallucination, déjà utilisé pour son autre navet célèbre, Gladiator. Ce qui lui permet de ne jamais montrer Dieu, mais de mettre en scène l’image que Moïse s’invente de Dieu. Ce qui est assez roublard, puisqu’il s’agit d’un Égyptien adopté, qui ne sait des Hébreux et de leur culte que ce qu’on lui en a dit. Et dans le film, Dieu n’existe pas, ou plutôt il n’existe que par l’interprétation qu’on en fait. Les plaies d’Égypte, les eaux qui s’ouvrent, ne sont que des phénomènes naturelles dont l’explication correspond à une incompréhension, à une quête de réponse, d’absolu. Là encore, c’est assez roublard. Et le film tient essentiellement sur les obsessions et les frustrations d’un homme dont la raison glisse et s’effrite lentement. Le film se refermant sur l’affirmation que le socle d’un des plus puissants monothéismes du monde repose sur une démence. Et moi, j’aime bien les films où le héros est fou, c’est ce qui me plaît dans Danse avec les loups ou dans The Postman.
En second lieu, en montrant la révolte que fomente Moïse, bien au fait des mécanismes politiques comme il le démontre lorsqu’il explique les effets de la sédition aux Anciens (passage éminemment moderne, limite anachronique). Ne disposant pas du nombre suffisant de combattants pour attaquer les troupes de Pharaon frontalement, il décide de frapper le peuple. N’est-ce pas là l’illustration du terrorisme ? Voire, carrément, son apologie ? Les malheurs dont écope le peuple hébreux ne sont-ils pas l’allégorie du cercle vicieux des frappes et des représailles dans le monde actuel ? On pourrait penser qu’il s’agit là de surinterprétation, et puis arrive le moment où Ramsès précise qu’il “ne négocie pas”. Et là, ça devient clair. On a un film qui inverse le propos habituel. L’ensemble des dialogues atteste d’une modernisation à marche forcée de l’histoire de Moïse, et place l’ensemble du film dans le registre de la parabole : il ne parle ni de l’Égypte ni de la Bible, il parle du rapport qu’entretient l’Occident avec le Moyen-Orient. Et dans cette perspective, Ramsès est la pieuvre impérialiste qui ne négocie pas face aux peuples opprimés sans terre, sans liberté, sans dignité. Le héros est le terroriste expatrié souffrant d’un complexe d’appartenance, parce qu’il est arraché à lui-même. Le héros, c’est le poseur de bombe, l’incendiaire, l’affameur. Le méchant, c’est l’Amérique. Texto. Dans les dialogues.
Et ça, ça laisse sur les fesses.
Il est tout simplement dommage que ce soit à l’occasion d’un film soporifique.

Jim

Dont les fameux Collage et Coupeur, les scénaristes du reboot du Transporteur. :mrgreen:

Hahahaha
Le tandem de choc.

Ah tiens, Doc, tant que je te tiens… J’ai pas inadvertance, maladresse et tout ce que tu veux, effacé ton post précédent. Croyant me souvenir qu’il s’agissait de la dernière B.A. en date, j’ai remis, à la fois en VO et en VF. Mais j’espère bien ne pas avoir effacé une info importante, un lien vers une interview, whatever…

Jim

[quote=“Jim Lainé”]Ah tiens, Doc, tant que je te tiens… J’ai pas inadvertance, maladresse et tout ce que tu veux, effacé ton post précédent. Croyant me souvenir qu’il s’agissait de la dernière B.A. en date, j’ai remis, à la fois en VO et en VF. Mais j’espère bien ne pas avoir effacé une info importante, un lien vers une interview, whatever…
[/quote]

No problemo. Vu la date, ça devait être une affiche, une bande-annonce ou un spot TV. C’est généralement ce que je mets quand je remonte les sujets des films à venir à la fin de chaque mois…

vous vous souvenez du sketch des inconnus “Jésus le retour”, et bien là c’est le remake par scott

Ahahahahah ! Quand tu fais court, je comprends bien mieux ! :wink:

[quote=“Jim Lainé”]
C’est un film chiant. Long, prétentieux,

Jim[/quote]

ça devient une marque de fabrique, non ?

Et en moins drôle je suppose :mrgreen:

bof, bof et très bof ! C’était bien chiant ! Et même pas une course de chars pour agrémenter tout ça ! Et j’ai trouvé ça chiant tout en faisant autre chose ! Les acteurs ne jouent pas bien en plus ! Y a rien qui transpire de ce film, on ne ressent que dalle ! Même le doublage était pas terrible !
(et je me demandais comment allait être reproduite la scène à la Aquaman … et ben que dalle ! Tout est rationalisé, jusqu’à la pluie de grenouilles ! Tu parles d’un film de culs-bénis !)