FACE AU MUR t.1-2 (Laurent Astier, d'après Jean-Claude Pautot)

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J’ai l’impression qu’il y a quelqu’un qui se prépare pour le 3 mars…

Tori.

Trouvé les deux tomes aujourd’hui. Un rapide feuilletage laisse entrevoir un découpage dense et intense. Lecture et commentaires bientôt.

Jim

Lu le premier tome du diptyque. C’est pas mal du tout. Belle surprise pour moi qui ai un peu tendance à me méfier de la production de Laurent Astier (j’ai été déçu par Gong qui a trop d’erreur de post-production pour que le défi narratif du noir & blanc soit réellement relevé, et lassé par la dimension sordide et glauque de Cellule Poison).

On suit le parcours de Jean-Claude Pautot, braqueur récidiviste qui a débuté très tôt sur les chemins de la délinquance. Mais plutôt que de traiter le récit de manière chronologique, l’auteur choisit de chapitrer son récit de manière discontinue, sautant dans le désordre d’une époque à l’autre. Les textes, dont une très vivante voix off, tissent des liens entre chaque séquence comme s’il s’agissait d’une association d’idée, ce qui fait sens puisqu’on est prise directe avec les pensées du personnage, branchés à l’intérieur de sa tête.

Chaque chapitre est également traité dans une bichromie différente, camaïeux de bleus, d’orangés, de verts, de roses, etc… Ça contribue à donner à chaque chapitre une tonalité différente tout en renforçant l’unité de cette vaste plongée dans les souvenirs du narrateur.

Jim

Le deuxième tome continue à brosser la biographie du voleur, dans le désordre non chronologique habituel, comblant les trous de ce qui est raconté dans le premier. Là encore, chaque chapitre est associé à une couleur dominante afin de bien identifier l’épisode.

En revanche, un changement de ton s’installe par rapport au premier tome. De nombreuses pages s’acharnent à déglamoriser le personnage, en montrant le gamin violent par exemple, ou l’adulte paumé, et à chaque fois en le rendant moins sympathique que ce qu’il était précédemment. Et ça le rend, paradoxalement, d’autant plus sympathique. C’est assez logique : ce tome 2 nous a permis de suivre le processus, le chemin déjà parcouru d’un homme qui cherche à se racheter. Le portrait a donc évolué.

Cependant, cette volonté de ne pas glamoriser le criminel, si elle n’est pas éminemment patente dans le premier tome, est ici une volonté affichée, notamment par le truchement des bonus dans lesquels Laurent Astier explique les raisons pour lesquelles il a renoncé à un chapitre qui, pour reprendre son expression, « aurait fait du Scarface ». Complètement très intéressant d’un portrait de malfrat très vivant.

Jim