FARGO (Ethan Coen, Joel Coen)


(tootsif) #1

Un de mes (sin ce n’est le) films des frères Coen (The Big Lebwsky, No country for old men, O Brother) préféré que je virns de revoir avec toujours un grand plaisir

Le pitch :

En plein hiver, Jerry Lundegaard, un vendeur de voitures d'occasion à Minneapolis, a besoin d'un prêt de Wade Gustafson, son riche beau-père. Endetté jusqu'au cou, il fait appel à Carl Showalter et Gaear Grimsrud, deux malfrats, pour qu'ils enlèvent son épouse Jean. Il pourra ainsi partager avec les ravisseurs la rançon que Wade paiera pour la libération de sa fille. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu.

Mon avis :

Je suis fan des frères Coen. Leur vision mi-sarcastique mi-bienveillante de l’Amérique profonde m’a toujours touché et beaucoup fait rire, et Fargo en est peut être le meilleur représentant.

Les histoires des frères Cohen sont toujours hallucinantes, constituées d’une bande de bras cassés hauts en couleur touchants. 

Et là c’est effectivement le cas, mais ce qui leur donne une dimension supplémentaire c’est que c’est inspiré d’une histoire vraie. Alors je ne sais pas jusqu’où les personnages du film sont proches de la réalité mais c’est hallucinant de se dire que des personnages comme-ça ont existé.
Les protagonistes que met en scène Fargo sont pour la plupart bêtes, mesquins, méchants, petits, naïfs, colériques, lâches, égoïstes bref ils sont comme nous (non, ne dites pas le contraire on a tous des petits côtés comme ça mais l’on se persuade que seuls les autres les ont) et c’est pour cela que l’on s’y attache aussi facilement qu’ils sont comme nous.
Ici pas de super-héros, de je-sais-tout, juste des gens comme vous et moi mis dans des situations qui les dépassent.

Et c’est là le fort des frères Coen, mettre des protagonistes tout ce qu’il y a de plus commun et qui ont une vie des plus banales (la vie de la sheriff en est la parfaite illustration) et de tout d’un coup les transporter dans des situations ubuesques qui les dépasse complètement.

Ainsi le kidnapping d’une femme, dont le commanditaire est le mari afin de récupérer une partie de la fortune de la famille de cette dernière tourne au fiasco avec une avalanche de meurtres suite à des oublis, des situations qui dérapent….

Des personnages géniaux, des situations ubuesques, Fargo est le film qui fait éclater au grand jour les qualités et ce qui est la marque de fabrique des frères Coen.

A ceci il faut ajouter leur science du rythme. Alors que ce genre de film est d’habitude soumis à un rythme fou, ici tout prend son temps. Alors certains trouveront peut être cela mou, mais il n’en est rien.

Le décalage entre la folie des situations et le rythme où elles sont menées (La shériff qui au retour d’une scène de crime prend son temps pour s’arrêter des vers pour que son mari puisse aller à la pèche, les 2 kidnappeurs qui avant d’aller accomplir leur forfait font un petit arrêt petit-déj – putes….).
Et le décor enneigé accentue ce décalage : cette neige blanche qui donne une impression de calme, de paix alors que des massacres vont y avoir lieu.

Et naturellement comme dans tous les films des frères Coen, une brochette d’interprètes impeccables  Steve Buscemi en kidnappeur bavard, William H Macy en mari ruiné dépassé par l’enlèvement de sa femme qu’il a lui-même organisé, Frances McDormand en sheriff enceinte bien moins naïve qu’il n’y parait.

Ces rôles aux répliques finement ciselées et décalées (le côté terre à terre que garde les personnages dans toutes les situations même les plus déjantées est à mourir de rire.

Fargo est donc un petit bijou de comédie noire et à mes yeux le meilleur des frères Coen (peut être avec The Barber).