Saison 1 - Episode 22 : Family Ties
Réalisé par : Tony Tilse
Ecrit par : Rockne S. O’Bannon & David Kemper
Rygel quitte Moya, toujours dissimulé dans le champs d’astéroïde pour protéger son enfant encore incapable de passer en hyper-propulsion, pour rejoindre les Peacekeepers et négocier sa liberté en échange de ses comptagnons. Face au mur, ces derniers décident de monter une opération suicide : Faire écraser une navette rempli d’explosifs afin de détruire la base de Scorpius leur donnant alors le temps de s’enfuir. Mais alors que les préparatifs vont bon train, que D’Argo et Crichon ont décidés de piloter la navette et qu’Aeryn donne un nom à l’enfant Leviathan (Talyn, le nom de son père), voila que Rygel revient sur Moya accompagné de Crais demandant l’asile sur le vaisseau.
Et dans lequel on fait tout péter
Les fins de saisons d’une série feuilletonnante ont ceci de passionnant qu’elles permettent de faire le point et de constater l’évolution entre le début du show et la situation actuelle. Un bilan touchant la fibre émotionnelle du spectateur que des productions longues et diffusées tout du long de l’année pouvaient nous permettre de ressentir alors. Bien sur il faut que pour cela la qualité soit là en terme d’écriture.
Et c’est bien le cas ici
Que de chemin parcouru entre les premiers épisodes nous montrant des individus vivants sur le même vaisseau, capables de faire du mal à l’un des leurs pour avoir le moyen de retrouver sa planète natale et une fin de saison et son équipage de personnalités hétéroclites prêtes à se sacrifier pour ce qu’ils considères êtres les membres de leur nouvelle famille.
John: Hey D’Argo. How come I’m not afraid?
D’Argo: Fear accompanies the possibility of death. Calm shepherds its certainty.
John: (smiling) I love hanging with you, man.
Face à une mort qui leur parait certaine, les anciens prisonniers font le point. D’Argo trouve en Aeryn une sœur d’armes à qui il confis sa vie, Zhaan considère chaque temps passé sur Moya comme une seconde de gagnée après avoir pris une vie, Chiana reçoit la demande Crichton (« When someone else needs it, return the favor. You pass it on. ») et Rygel fait face à sa propre lâcheté. Aeryn quand à elle se rend compte à quel point son univers s’est développé depuis qu’elle a tourné le dos aux Peacekeeper et on en apprend un peu sur son passé. Elle confie ainsi à Crichton que contrairement à beaucoup de Sébacéens, elle est une enfant désirée, conçue par amour.
Cela n’est jamais appuyé mais il est clair que l’humain est bel et bien le nexus de ces personnages et de leurs évolution. Son évolution est, elle aussi, particulièrement visible ici. Crichton est plus aventureux, plus frontal et plus dangereux. Il n’est plus un humain terrifié avec l’envie de dialogue face à Crais mais quelqu’un de beaucoup plus redoutable qui comprends bien mieux les règles de cet univers. Tout cela, toutefois, ne se fait pas au détriment de sa noblesse.
Cette fin de saison boucle l’arc Crais/Crichton. Un changement de cap qui sera bénéfique pour le dorénavant ex-commandant Peacekeeper qui agit ici en électron libre bien pratique pour rajouter une couche de suspense à l’intrigue. Prenant le commandant du vaisseau Scorpius devient officiellement le « grand méchant » de la série. On découvrira au détour d’un dialogue, la raison de son apparence si différente. Il est un métis Sébacéen/Scarran. Première mention ici d’une race qui prendra de plus en plus d’importance dans la série.
Bien que final de la saison avec promesse, tenue, d’une belle explosion (« Hey you bastards. John Crichton was here. »), Familiy Ties, est surtout l’occasion d’une mise à plat des relations et de point de départ de nouvelle. Ce qui n’empêche pas l’épisode de nous laisser sur un suspense haletant avec Crichton et D’Argo perdu dans le vide spatial. Fin osé alors que la production n’avait pas encore la confirmation d’une prochaine saison.
En l’espace d’une saison Farscape a posé sa marque et s’est imposé. A l’orée de l’an 2000, une série conçue tout d’abord comme une exposition des compétences du studio Henson est devenu un space-opéra au potentiel lui permettant de regarder en face ses illustres prédécesseurs et cela tout en gardant ses spécificités.
Et le meilleur est à venir.
One other thing Dad. You remember the day I left? You told me that every man has a chance to become his own kind of hero. Well, I don’t think I’m ever coming home, so I won’t get that ticker tape parade, and I doubt that I’m ever gonna have kids, so I won’t get the chance to be a hero to them.
But I think I know what you meant. I’ve got - a strange life here Dad. It’s different, but it’s my own. I have people who rely on me. People I care about… People who - mystify me and people who have become allies. Friends. And people who teach me patience. And people who teach me… other things.
Well, you said the time would come, and I think it has. I have a job to do and I am unafraid. That’s what you said when they asked you what it was like to walk on the moon. You did good Dad. You taught me well.
This is John Crichton, somewhere in the Universe.