FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL ! (Russ Meyer)

REALISATEUR

Russ Meyer

SCENARISTE

Jack Moran, d’après une histoire de Russ Meyer

DISTRIBUTION

Tura Satana, Haji, Lori Williams, Sue Bernard…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/drame
Année de production : 1965

Mannequin, danseuse exotique et actrice d’ascendance japonaise et philippine du côté de son père et cheyenne et écossaise du côté de sa mère (un mélange détonnant), Tura Satana (de son vrai nom Tura Luna Pascual Yamaguchi) était, de par son passé plus que mouvementé, destinée à devenir une héroïne de Russ Meyer.
Alors qu’elle était encore mineure, la jeune Tura fut violée par un groupe de cinq hommes qui s’en sortirent sans être poursuivis. Elle décida alors de prendre son destin en main. Elle apprit les arts martiaux et traqua les violeurs un par un pendant les années qui suivirent afin de se venger.
C’est à la même époque qu’elle se lança dans une carrière de modèle photographique, puis de go-go danseuse avant de prendre un agent et de tenter sa chance au cinéma. Elle apparut pour la première fois dans un tout petit rôle dans Irma la Douce de Billy Wilder en 1963. Suivit quelques autres tout aussi petits rôles au cinéma et à la télevision avant ce qui restera sa prestation la plus célèbre, l’iconique et sauvage Varla dans Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !.

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Lorsqu’il fait passer une audition à Tura Satana, Russ Meyer n’a aucun doute : il a trouvé sa Varla, amazone chef de gang impitoyable, sanglée dans une combinaison noire au décolleté vertigineux qui ne laisse pas de place à l’imagination (mais bon, on est dans un film de Russ Meyer, hein…). Tura Satana participe au scénario et au développement de son personnage et impose sa forte présence sur le tournage, souvent au grand dam des autres actrices (la jeune Susan Bernard, qui joue l’une des victimes des Femmes Sauvages, a plus tard affirmé que Tura Satana lui faisait peur) et de son réalisateur.
Fort de son expérience pendant la Seconde Guerre Mondiale, Russ Meyer imposait une discipline militaire sur ses tournages, allant même jusqu’à recruter ses anciennes connaissances de régiment dans ses équipes. Cette grande ganache de Charles Napier, qui a souvent tourné avec Meyer, aimait à raconter que “tourner avec Meyer était comme faire partie de la première vague du Débarquement en Normandie”. Ce fut le cas pour Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !, ce qui causa de nombreux clashs avec l’indépendante et déterminée Tura Satana.

Faster, Pussycat ! suit donc la virée dans le désert d’un trio de sculpturales go-go danseuses, qui vont d’abord tuer un fils à papa avant de kidnapper sa petite amie contre rançon. Elles se cachent ensuite près d’un ranch appartenant à un vieil handicapé qui a une dent contre les femmes et qui vit là avec ses deux fils. Elles apprennent que le vieil homme cache une grosse somme d’argent et tentent alors de séduire les fils pour découvrir où est le butin. Les choses vont alors dégénérer…

Inventeur du “nudie”, ces petits films d’exploitation destinés au marché des drive-ins, Russ Meyer a longtemps rejeté, et à juste titre, l’étiquette de pornographe que la société américaine de l’époque lui a accolée. Les héroïnes aux formes plus que généreuses de Meyer utilisent le plus souvent leur sexualité comme arme face à la violence et à la médiocrité des hommes…et de ce côté là, Faster est servi : un vieillard aigri, pervers et psychotique; un colosse idiot et un lâche qui succombre à la tentation à la première occasion.
Meyer fait de son petit budget une force et tourne Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! dans un très beau noir et blanc tout en multipliant comme à son habitude les plans les plus audacieux et en s’amusant à contourner les directives du Code Hays (le code de censure encore en vigueur à l’époque…mais plus pour longtemps, ce qui lui donnera encore plus de latitude pour ses futures Vixens). Les dialogues savoureux débordent de sous-entendus et même si on peut déplorer quelques lenteurs, cette odyssée meurtrière de 3 Femmes Sauvages et Indomptables ne manque pas de punch.

Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! fut l’un des rares films de Russ Meyer à ne pas avoir connu le succès lors de sa sortie, mais il devint culte et référentiel avec le temps, influençant notamment de nombreux auteurs dans les domaines du cinoche (John Waters, Tarantino…) et de la musique (White Zombie, Les Cramps…)…

Un classique. Je l’ai préféré à la saga des Vixen.

Je ne connais pas le boulot de Russ Meyer, si ce n’est de réputation, mais j’ai vu que “Supervixens” (réputé comme le meilleur de la “saga”, il paraît) passait à la téloche en ce moment. Encore que ce “Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !” (quel titre) me dirait bien, aussi.
Faudrait que j’en vois un, au moins, pour me faire une idée…

C’est rigolo les “Vixen” …