FIGURES IMPOSÉES (Marzena Sowa / Cristina Bueno)

Les Éditions Dargaud Benelux lancent une nouvelle collection intitulée « Intermezzo », sous la supervision de Ryun Reuchamps, l’une des directrices de collection.
« Intermezzo » accueillera des récits courts.
Que signifie « récits courts » ici ? Des albums à la pagination réduite pour un prix modique : précisément, dix euros pour trente-deux pages.
Les premières sorties sont annoncées pour le 28 août 2026.

Parmi les premières annonces, Figures imposées, de Marzena Sowa et Cristina Bueno.
Échantillon :

Jim

Ça ne me semble pas un prix si modique, à moi.

Tori.

Je suis assez d’accord.
Modique par rapport aux pratiques en vigueur : il n’y a plus grand-chose à dix boules sur le marché, de nos jours.
Mais le rapport quantité / prix n’est pas tip-top.

J’y vois un pari risqué : la volonté de tester un format court dans un marché qui en ce moment privilégie le format long, la grosse pagination. Mais c’est un peu tendu parce que, ramené au prix à la page de récit, ça fait cher. D’où la mise en avant d’auteurs qui ont démontré, plus ou moins, qu’ils ont un public régulier voire fidèle susceptible d’assurer un succès suffisant pour éviter que l’affaire soit déficitaire.

Jim

Après le roman graphique, la novella graphique ?

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Hahahahaha.

Jim

ah ça y est c’est sortit, donc je peux en parler.

Et pourtant aujourd’hui hors manga, aucune BD n’est en dessous de 10€, même les petits formats petit prix sont au dessus.
Le but est de faire des bouquins que les auteurs aimeraient faire mais sans forcément rallonger la sauce, des fois tu as des Jordi Lafevre, Pierre Henry Gomont où autres qui ont des petites histoires en têtes, mais pas de quoi faire un album. Cette collection va leur permettre de les publier. Mais c’est aussi un essais pour du petit prix.

Ca fonctionnera par salve il y en aura une ou deux par an et les noms d’auteurs sont assez impréssionnants, mais normal quand on connait Ryun Reuchamps, qui a parmi les meilleurs auteurs dans son carnet d’adresse.

Je pense que le pari est effectivement risqué, mais aussi une tentative de répondre à la demande des lecteurs et libraires de livre moins cher et aussi de quoi tester si le prix peut endiguer la baisse du volume.

Oui, bon, ça va, hein, on le sait que tu es dans le secret des dieux, hein…

Ça, c’est pas mal : se libérer du carcan de l’album pré-paginé, d’autant que le 48CC (comme l’appelait Menu, je crois) voit des déclinaisons plus épaisses s’imposer.
Les auteurs peuvent apprécier.
Après, il s’agira de regarder la narration. Tu parles de rallonger la sauce dans un sens. Dans l’autre sens, ça revient à réduire, à ré-épaissir. Est-ce que cela sera l’occasion d’une certaine densité dans les pages ? Parce qu’une narration décompressée, qui peut fonctionner quand on « rallonge la sauce » dans une pagination large, pourrait avoir un effet négatif sur la perception dans le cas d’une pagination réduite.

Depuis vingt ans au moins, la tendance est à une pagination plus élevée, tous secteurs confondus. Les éditeurs qui ont tenté de proposer des choses moins chères (genre Futuropolis avec leurs feuilletons en fascicules) ont cogné contre un mur. Moi-même, avec la collection « Angle Comics », j’ai misé sur des petits TPB, alors que la mode commençait pour de gros volumes.

Après, ici, Dargaud Benelux a quelques atouts : une vraie puissance de feu, des auteurs connus et suivis… Ça peut changer la donne.

Moi, je vois la chose d’un regard curieux mais plutôt positif : proposer une offre différente, une sorte d’entrée de gamme mais quali. Je suis curieux de voir le résultat en matière de renommée et de médiatisation.

Jim

Je suis très chaud pour cette gamme, j’ai pousser pour que Canal BD fasse quelque chose en partenariat dès le départ.

Excellent.

Jim

Pour revenir sur la question du prix, des albums jeunesse d’environ 30 pages ont déjà atteint ce prix comme Anya 3 qui coûte 10.70€ pour 32 pages chez La Gouttière.

Donc 10€ pour 30 pages semblent être dans la norme.

ginevra

Oui, tiens, je ne pensais pas à cet exemple, alors que j’ai pris les trois tomes.

Jim

Ton subconscient qui agit, afin que tu puisses quand même râler !

Peut être. Et je ne dis pas que c’est cher, parce que je ne sais pas ce que ça coûte.
Mais comparer la force de frappe économique (et volumique) de Dargaud à celle de la Gouttière.. donc, ouais, peut être la norme pour un petit tirage, ce que j’entends totalement. Un tirage à la Dargaud, je sais pas.

Le "souci "pour moi, avec la sortie en vague, c’est que c’est toujours en plus de tout le reste. Pour moi, mon modeste avis, soit pour les 2 vagues annoncées tu leurs fait de la place et tu sors moins de choses en même temps. Soit, et ça aurait eu ma préférence, tu les distilles un par un et là, même si c’est encore 10 balles, hop tu en prends un en plus. Un petit bonus

Comme si tu venais chercher un paquet de clopes ou un pack de bières.

Moui je vois pas bien le soucis, il peuvent rester en caisse c’est pas du grand format FB donc c’est pas gênant.

C’est pas la question du format et de la place que ça prendra. C’est encore des titres en plus dans un marché surchargé.

Alors oui ce sera 2€-2,50€ de moins que les collections en petit format des dernières années et de l’inédit mais, sauf erreur de ma part, on ne peut pas dire que ces collections ont bouleversé le marché

Pas mal.

Intéressant.

Ce sera quel format, tiens ?

Jim

24×17.

Ah, et le résumé :

Marilou est une jeune femme de son époque enfin, d’une époque charnière, juste avant que Me Too ne vienne fissurer la façade. Elle lit, elle s’informe, elle se forge une conscience féministe. Mais autour d’elle, l’ordre social tient bon : plaire reste une injonction, presque une compétence attendue. Ce week-end, elle quitte le baby-sitting, cette économie discrète qui repose si bien sur les étudiantes, pour endosser un autre uniforme : celui d’hôtesse d’accueil. Direction la demeure de la Veuve Rousseau, où l’on célèbre les 250 ans d’un champagne de prestige. Une femme comme figure de marque, une pionnière érigée en symbole. Mais ce n’est pas parce que les bouteilles affichent le nom de cette féministe avant l’heure que la soirée échappera aux vieux réflexes. Car sous le vernis, la trame est solide. Derrière l’hommage, les hiérarchies persistent. Les femmes servent, accueillent, sourient ; les hommes circulent, consomment, disposent. Rien n’est gagné, surtout pas pour Marilou et ses collègues. À force d’habitude, il devient difficile de dire où commence l’inacceptable. La nouvelle collection « Intermezzo » offre aux autrices et auteurs une parenthèse de création, la possibilité de proposer des récits courts et condensés de 32 pages. Ici, avec la très talentueuse dessinatrice espagnole Cristina Bueno, la scénariste Marzena Sowa déploie à nouveau tout son talent pour lier intime et société comme elle avait déjà su le faire dans Marzi, Hey Djo ! ou encore Petit Pays.

ISBN : 9782505142799

Tori.

Ah, pas loin d’un comic book.
Un poil moins haut, mais pas loin.
Déjà, j’aime bien le format, tiens.

Jim

les petits formats étaient pas fait par tout les édtieurs et c’était du vu et archi revu, là on est sur de l’auteur quand même attrayant et vendeur et de la nouveautés, ça va peut-être permettre le petit achat en plus perdu par le lecteur à cause du prix, là tu rajoute 10 balles et non plus 22 (minimum) et ça nous les libraires on en a cruellement besoin en ce moment.

Quand à la surprod, oui c’est des bouquins en plus, mais je vais paraitre con, je préfère un nouveau Jordy Lafebvre à un nouveau bouquin chez Robinson ou la nouvelle collection catho Glénat. Les éditeurs doivent faire des choix et la surprod vient aussi du nombre d’éditeurs faramineux à l’heure actuel.