FIRES ON THE PLAIN (Shinya Tsukamoto)

Après Kon Ichikawa en 1959, Shinya Tsukamoto (Tetsuo) adapte le roman de Shohei Ooka et raconte le calvaire des derniers soldats japonais stationnés dans les Phillipines à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

[quote]DATE DE SORTIE PREVUE

Indéterminée

REALISATEUR & SCENARISTE

Shinya Tsukamoto, d’après le roman de Shohei Ooka

DISTRIBUTION

Shinya Tsukamoto, Rirî Furankî, Tatsuya Nakamura, Yûko Nakamura…

INFOS

Long métrage japonais
Genre : drame/guerre
Titre original : Nobi
Année de production : 2014[/quote]

Waouh, les visuels présentés ici sont magnifiques…
Bien content de voir Tsukamoto de retour, et en dehors de sa “zone de confort”, en prime. Hâte de voir ça !

Le premier teaser :

Dire qu’on ne pourra sans doute pas en profiter sur grand écran, quelle misère.

Je ne te le fais pas dire.
D’ailleurs, à l’exclusion peut-être de quelques festivals ou autres, Tsukamoto n’a pas connu de sortie salles en France depuis la reprise de “Tokyo Fist” au début des années 2000, il me semble bien…

La bande-annonce :

Très chouette interview de Tsukamoto dans le Mad Movies du mois.
Le cinéaste nippon précise à cette occasion que “Fires on the plain” constitue pour lui un retour aux sources et ses premiers longs. Pas tellement au niveau des thématiques (encore que), mais plutôt celui de l’économie de moyens, le long métrage semblant avoir été réalisé dans des conditions plus que spartiates.

C’est d’autant plus fort que Tsukamoto a eu la démarche d’aller tourner aux Philippines avec tout ce que ça implique comme contraintes : la topologie difficile des lieux, les moustiques, le déplacement du matériel avec une équipe de techniciens “bénévoles” réduite, la fatigue physique du réalisateur qui devait perdre du poids pour le rôle (en plus de réaliser). Mais ça a l’air d’avoir payé, puisqu’en plus d’une approche “moins anxiogène” dans la réalisation (le réalisateur a pu composer des plans larges qui s’annoncent magnifiques d’après ce qu’on peut voir dans la bande-annonce), le journaliste considère la performance d’acteur de Tsukamoto dans Fires on the plain comme l’une des plus impressionnantes livrées par le japonais. Dommage que Mad n’ait pas fait un article sur le film, mais la rédaction se réserve peut-être pour quelque chose de plus conséquent dans un prochain numéro.

Je ne suis pas sûr, hélas, que le film soit traité comme il se doit dans Mad ; il y a quelques années ça aurait pu être le cas (à plus forte raison du temps de la revue “jumelle” Impact), mais ces derniers temps ils ont resserré leur ligne éditoriale et ne traitent plus (ou presque) que les films apparentés aux genres horrifique, SF et fantastique au sens large.

Ce tournage/parcours du combattant aux Philippines en rappelle un autre dans les mêmes lieux, celui du “Apocalypse Now” de Coppola. A la nuance près que Coppola disposait de 32 millions de dollars de l’époque pour mener son entreprise à bien.

Ils ont quand même rédigé récemment un article intéressant sur La bataille de la montagne du tigre de Tsui Hark couplé à une interview du réalisateur, ainsi qu’un article sur la double ressortie de A touch of zen et Dragon Inn de King Hu; ce n’est pas aussi touffu que ce qui a été fait pour Mad Max fury road ou Les 8 salopards dans le numéro de ce mois bien sûr mais ça pourrait laisser espérer qu’un petit quelque chose soit consacré au dernier film de Tsukamoto, à condition peut-être qu’il bénéficie d’une actualité française comme les films précédemment cités. Et là, on peut se brosser pour ça, j’ai l’impression.

Oui, c’est le gros problème.

Tu as raison de me reprendre avec ces exemples, c’est vrai qu’ils se permettent quelques entorses de ce type, effectivement. Et heureusement, d’ailleurs.

Ravi de lire un sujet sur Tsukamoto ici. J’avoue être bien impatient de voir son dernier film et surtout de voir l’adaptation fidèle du roman, surtout de la fin.

A lire l’Interview de Tsukamoto par Eastasia.

Marrant de lire sa collaboration avec scorcese, on a l’impression qu’il le considère comme un maître alors que lui même est, pour moi, bien au-dessus du New-Yorkais.

A noter que criterion a restauré le film de Ichikawa, ce qui est une formidable occasion de revisiter le film en DVD.

Bienvenue à toi.
Si tu farfouilles dans l’index de la section “films”, tu verras qu’il y a d’autres œuvres de Tsukamoto qui sont abordées de-ci de-là. Un p’tit exemple où je dis ce que je pense du premier “Tetsuo” (à savoir : le plus grand bien possible !!) :
comics-sanctuary.com/forum/tetsuo-the-iron-man-shinya-tsukamoto-t72011.html
Il y en a d’autres, si tu y jettes un œil…

Je ne sais pas si on peut considérer que Tsukamoto est un cinéaste supérieur à Scorcese (peut-être ne peut-on pas se prononcer dans l’absolu, ils sont quand même très différents au final), il y a quand même une antériorité du travail du new-yorkais sur celui du japonais : sans “Taxi Driver”, il n’y aurait probablement pas de “Bullet Ballet”, et sans “Raging Bull” peut-être pas de “Tokyo Fist”, même si tout ces films diffèrent grandement, encore une fois…
Tsukamoto paie sa dette, en quelque sorte.

Et merci pour le lien vers l’interview !!

[quote=“Photonik”]Bienvenue à toi.
Si tu farfouilles dans l’index de la section “films”, tu verras qu’il y a d’autres œuvres de Tsukamoto qui sont abordées de-ci de-là. Un p’tit exemple où je dis ce que je pense du premier “Tetsuo” (à savoir : le plus grand bien possible !!) :
comics-sanctuary.com/forum/tetsuo-the-iron-man-shinya-tsukamoto-t72011.html
Il y en a d’autres, si tu y jettes un œil…

Je ne sais pas si on peut considérer que Tsukamoto est un cinéaste supérieur à Scorcese (peut-être ne peut-on pas se prononcer dans l’absolu, ils sont quand même très différents au final), il y a quand même une antériorité du travail du new-yorkais sur celui du japonais : sans “Taxi Driver”, il n’y aurait probablement pas de “Bullet Ballet”, et sans “Raging Bull” peut-être pas de “Tokyo Fist”, même si tout ces films diffèrent grandement, encore une fois…
Tsukamoto paie sa dette, en quelque sorte.

Et merci pour le lien vers l’interview !![/quote]

Merci pour le lien, un sujet intéressant sur Tetsuo, que je viens d’acquérir en Blu-Ray, j’avoue que cela donne une nouvelle jeunesse au film, rendant l’expérience encore plus intense. D’ailleurs maintenant avec le recul, j’ai du mal à séparer Testuo de ses deux séquelles que j’adore et qui forment un tout. Mais ce que j’adore chez Tsukamoto c’est son audace, dans sa filmographie on peut trouver des perles moins célèbres comme Kotoko ou Snake of June, qui sont des films assez courageux où le monsieur se réinvente à chaque fois en toute humilité et avec des budgets parfois très minces.

Concernant Scorsese, c’est un débat sans fin et finalement très subjectif, mais disons que je pense que Scorsese lui même n’existerait pas sans Samuel Fuller et bien d’autres alors que Tsukamoto a vraiment donné naissance à un nouveau genre, mais ce n’est que mon avis =D

Je trouve pour ma part que Scorcese, s’il doit évidemment beaucoup à Fuller et à d’autres maîtres, est également un inventeur : à sa mesure, il a changé la façon dont on découpe et on monte un film, par exemple, au début des années 70. Ce que l’on appelle le “maniérisme” du Nouvel Hollywood est aussi un apport de Scorcese.
Mais comme tu dis, les goûts et les couleurs. :wink:

Comme toi, j’aime beaucoup les deux séquelles à “Tetsuo”, y compris le troisième volet injustement décrié à mon sens.
C’est marrant, les deux autres films que tu cites sont les deux seuls Tsukamoto que je n’ai pas encore vu. Et ça va être pour très très vite, là. Sans compter que ton avis est plutôt engageant…

[quote=“Photonik”]Je trouve pour ma part que Scorcese, s’il doit évidemment beaucoup à Fuller et à d’autres maîtres, est également un inventeur : à sa mesure, il a changé la façon dont on découpe et on monte un film, par exemple, au début des années 70. Ce que l’on appelle le “maniérisme” du Nouvel Hollywood est aussi un apport de Scorcese.
Mais comme tu dis, les goûts et les couleurs. :wink:

Comme toi, j’aime beaucoup les deux séquelles à “Tetsuo”, y compris le troisième volet injustement décrié à mon sens.
C’est marrant, les deux autres films que tu cites sont les deux seuls Tsukamoto que je n’ai pas encore vu. Et ça va être pour très très vite, là. Sans compter que ton avis est plutôt engageant…[/quote]

C’est justement ce “maniérisme” (qui pour moi vire au formatage) qui me détache du cinéma comme celui de scorcese, j’ai besoin personnellement d’artistes qui prennent davantage de risques dans leurs oeuvres et mettent leurs vies dans leurs films quitte à s’affranchir de certaines règles. C’est ce que j’ai adoré dans Kotoko, sur un schéma assez classique et avec un budget minuscule, Tsukamoto s’exprime avec le cadrage, le montage, la narration pour nous donner un film vivant avec une personnalité très forte.

Ca me rappelle une interview de Tsukamoto dans feu le magazine HK au début des années 2000, où il expliquait qu’hollywood lui avait fait de nombreuses propositions qu’il a refusé car les méthodes de travail ne sont pas du tout les mêmes. Au japon, le réalisateur (du moins Tsukamoto) fait tout, absolument tout du cadrage au montage en passant par le scénario, ce qui lui permet d’être à l’aise et s’exprimer autant qu’il le peut. Mais ce qui lui faisait peur à hollywood c’est que la place du réalisateur est bien différente, elle est davantage comme un manager que comme un artiste, la liberté de mouvement est bien moindre et la présence de la production beaucoup plus forte. C’est aussi à peu près le constat qu’a fait Kitano pour Haniki.

Globalement je te conseille ces deux films, ces sont deux oeuvres plus intimistes mais tellement brillantes de Tsukamoto !

"]Première annonce pour la nouvelle salve Blaq Market d’octobre avec non pas une mais deux déflagrations du cinéaste japonais Shinya Tsukamoto :

  • FIRES ON THE PLAIN, adaptation du roman de Shōhei Ōoka déjà porté à l’écran par Kon Ichikawa en 59. Une plongée hallucinée et violemment antimilitariste dans la jungle philippine à la fin de la seconde guerre mondiale.
  • TETSUO: THE BULLET MAN, ultime volet de la trilogie Tetsuo qui propulsa le réalisateur sur la scène internationale à la fin des années 80. Âmes sensibles s’abstenir.
    Les deux films seront proposés dans une seule édition en combo DVD/Blu-ray.

Quelle excellente nouvelle…!
Déjà que Tsukamoto était absent depuis trop longtemps des salles obscures françaises, voilà qu’il l’était devenu aussi dans les bacs Blu-Ray/DVD.
Cette chouette annonce ne suffit pas à compenser l’absence d’édition de ses autres films plus ou moins récents, mais c’est déjà ça. Je vais me prendre ça, même si j’ai déjà vu le “Tetsuo : The Bullet Man”.

Sortie du combo blu-ray/DVD Fires on the plain/Tetsuo : The bullet man cette semaine, avec un fourreau réversible comportant deux illustrations de Mathieu Bablet (Shangri-la).