"FROM THE VAULT" : Les héros oubliés


(FC powaaaa) #81

[quote=“KabFC”]

Le label MK c’est avant que Joe Q devienne rédac chef.[/quote]

Oui, je sais bien (je connais un peu cette époque quand même) mais y avait déjà Jemas me semble-t-il ! Le bouillonnement ne date pas que de Joe Q !

Ce que je dis depuis le début ! Et confirmé par Artie depuis quelques posts déjà ! :wink:


(Ben Wawe) #82

Ah Trouble, c’était bien naze tiens.


(artemus dada) #83

La bande dessinée de super-héros, genre dominant de l’industrie du 9ème art outre-Atlantique, n’a jamais cessé de décliner le genre : des super-héros à la sauce “réaliste”, à la mode polar, ou encore tendance girly (liste non exhaustive) ; avec Freshmen Hugh Sterbakov & Seth Green (oui celui de la série télé Buffy) accommodent le genre au milieu universitaire, envisagé ici comme une boîte de **Petri ** où le concept est mis en culture.

L’université n’est pas seulement le milieu dans lequel vont évoluer les personnages, c’est aussi d’une certaine manière l’esprit dans lequel les super-pouvoirs des protagonistes sont inventés.
Si les deux auteurs ont fait preuve d’inventivité et d’un esprit potache qui cadre bien avec l’idée qu’on peut se faire de la vie sur un campus et des préoccupations et des activités de certains étudiants, il n’en demeure pas moins que l’exploitation de certaines des facultés inventées n’est pas facile voire impossible, dans le cadre d’un comic book destiné au “grand public”.

Cette série publiée par Top Cow (2 X 6 numéros) aux U.S.A. et par Delcourt (la première minisérie seulement) en France est plutôt sympathique même si elle n’est pas totalement “maîtrisée”, notamment en terme de gestion de personnages.
Je pense que Hugh Sterbakov & Seth Green ont vu un peu trop grand d’où des personnages peu ou pas exploités, et des pouvoirs comme je l’ai dis pas vraiment “gérables”.

Reste que les personnages qui occupent le devant de la scène sont crédibles et intéressants voire attachants, et que l’intrigue est disons rafraîchissante notamment grâce à l’humour qui parcoure ce recueil.

J’aimerais aussi attirer votre attention, du moins celle des lecteurs qui ne lisaient pas encore de BD en provenance des Etats-Unis en 2005-2006 sur le travail que faisait l’éditeur **Delcourt ** notamment avec son bimestriel Top Comics dans lequel a été prépublié Freshmen (du moins les trois premiers numéro U.S).

Et quand je dis Delcourt je veux dire notamment Thierry Mornet.

Outre des séries en prépublication, une large part était réservée au rédactionnel, voilà par exemple ce qu’on pouvait trouver :





Une démarche que l’on pouvait déjà voir à l’oeuvre chez SEMIC, lorsqu’il y travaillait.

Top Comics n’aura connu que 8 numéros malgré d’évidentes qualités (que l’on retrouvera par ailleurs dans le magazine Star Wars publié plus tard par Delcourt).
Ce magazine, Top Comics donc, a notamment proposé l’excellente série Common Grounds dont je vous parlerai bientôt.

Pour en revenir à Freshmen, si vous trouvez ce recueil je vous incite à tenter l’aventure, ce n’est certes pas une série révolutionnaire mais c’en est une qui permet de passer un bon moment de lecture.

Ce qui n’est déjà pas si mal. :wink:


(FC powaaaa) #84

J’avais trouvé les premiers épisodes rigolo, mais pas au point d’acheter le recueil.
En revanche, Common Grounds, c’est de l’excellente cam’ !


(artemus dada) #85

[quote=“soyouz”]…]
En revanche, Common Grounds, c’est de l’excellente cam’ ![/quote]

Oui tu as raison, et c’est quand même bien au-dessus (du moins dans mon souvenir, je vais relire ça bientôt) de Freshmen.


(artemus dada) #86

… [size=150]E[/size]n 1994 Marvels proposait de voir l’univers de l’éditeur Marvel à « hauteur d’homme », au travers de l’objectif du reporter-photographe Phil Sheldon.
Ou du moins une partie de son histoire, ce que l’on appelle communément « l’âge de l’innocence », celui qui débute avec l’apparition de la Torche humaine, et se termine avec la mort de Gwen Stacy.

Et si cette innocence n’avait jamais existé ailleurs que dans le regard de Phil Sheldon ?

…. Quatre ans plus tard, Dan Abnett & Igor Kordey empruntent la même voie que Kurt Busiek & Alex Ross en leur temps, pour une histoire publiée en deux numéros d’une trentaine de pages chacun, entièrement peints eux aussi.

…. Mark Ewing, journaliste au Daily Bugle, découvre par hasard une enveloppe dont le contenu va chambouler sa vie, et l’amener à voir l’émergence des super-héros – ceux de l’univers Marvel – d’un autre œil.

Thriller paranoïaque à l’ambiance complotiste prononcée, Conspiracy est aussi une magnifique bande dessinée, entièrement peinte par Igor Kordey.

L’artiste propose certainement, avec ces deux numéros, sa plus belle œuvre étasunienne.
Des cases très détaillées, une palette de couleurs tout simplement époustouflante, des doubles-pages saisissantes ; une maestria entièrement au service de l’histoire.
Les personnages en disent autant avec les mots de Dan Abnett qu’avec les expressions et le langage corporel que dessine Igor Kordey.
La tension est tout autant le résultat visible des situations qui découlent du scénario que des couleurs peintes par l’artiste.

Dan Abnett livre aussi de mon point de vue son meilleur travail.
Les fourches caudines de la théorie du complot sont impitoyables, et le ridicule est souvent la peine minimum pour qui s’y risque. Mais Abnett, avec un art consommé de la manipulation, utilise les paradoxes inhérents au genre pour faire de cette histoire un point de vue qui peut s’insérer sans problème dans la « sacro-sainte » continuité quelque soit le bout par lequel on la prend.

…. Réussite esthétique, scénario très ingénieux, Conspiracy est un récit qui mériterait amplement de sortir du relatif anonymat où il repose.


(Marko) #87

Merci de ce billet artie, ça fait longtemps que ce diptyque a capté mon attention, va falloir que je m’y penche d’un peu plus près…


(KabFC) #88

Je connaissais pas du tout. Merci Artie. Je vais me pencher dessus.


(Ben Wawe) #89

Idem, belle curiosité, merci !
J’aime beaucoup Kordey, je suis intrigué. En soi, les planches me rappellent aussi le Ruins de Warren Ellis, sûrement sorti à la même époque.


(artemus dada) #90

[quote=“BenWawe”]Idem, belle curiosité, merci !
J’aime beaucoup Kordey, je suis intrigué. En soi, les planches me rappellent aussi le Ruins de Warren Ellis, sûrement sorti à la même époque.[/quote]

Eh bien je lirai avec intérêt vos retours.

Ruins a été publié juste après Marvels et un peu avant Conspiracy.


(Fred le Mallrat) #91

je l aime bien ce conspiracy…
je l avais trouvé il y a un bail dans un bac a solde…
la fin serait presque un prequel de SHIELD (de hickmann) de mémoire avec des noms du passé marvel impliqués… ou pas.

J ai un moins grand souvenir de Ruins pourtant acheté bien apres…


(FC powaaaa) #92

Tiens, Panini est passé à côté à l’époque … Merci Artie !


(Fred le Mallrat) #93

a l epoque… ils passaient a coté de pas mal de choses :slight_smile:


(Jim Lainé) #94

Est-ce que ça a vraiment changé ?

Jim


(Fred le Mallrat) #95

On a eu 2 ans il ya quelques années où Panini traduisait tout…
ca a pas duré car il y a eu des echecs (Journey Into Mystery avec Sif, Captain Marvel (carol danvers)…) et encore aujourd hui il y a peu d inedits en vf
A l epqoue conspiracy… on avait au moins 1/3 de la prod marvel qui finissait inedite…


(Oncle Hermes) #96

J’ai acheté les deux, le premier pour moi (je ne connaissais pas), le second pour offrir (j’avais lu la v.o.). Le volume sur Sif est quand même très très moyen, il y avait assurément mieux à choisir dans Journey into Mystery. Et le numéro paru en kiosque sur Captain Marvel présente le début de la seconde moitié (et pas la plus intéressante) du run de DeConnick - un choix assez discutable mais qui s’inscrit, il est vrai, dans une riche tradition paniniesque. :unamused:


(artemus dada) #97

…. **[size=150]P[/size]**as d’accident tragique, pas de meurtre sur lequel bâtir une vengeance, Al Cooper trouve dans son taxi un costume oublié par l’un de ses clients.
Il l’enfile et s’aperçoit qu’il peut traverser la matière solide ; après avoir imaginé dévaliser une banque pour devenir « aussi riche que Michael Jackson » il envisage plutôt de devenir un super-héros.
Mais sa première sortie en ville ne se passe pas comme prévue, on le moque voire, on lui intime de passer au large des enfants !!!
Heureusement sa petite amie, Kopper Keen, ajoute à son costume ce qui fera toute la différence : une veste (qui fera école), un jeans déchiré et une paire de baskets.

Une nouvelle tenue, un manager qui négocie les droits télévisuels de ses rencontres avec des super-vilains, et le voilà prêt à devenir célèbre. Et riche !

Ce qui ne l’empêche pas de continuer à boire de la bière et fumer de l’herbe chez lui en se regardant à la télévision.

[size=85]L’accroche-cœur de Superman et la tenue de Kid Flash[/size]

…. Paradax est l’une de mes bandes dessinées préférées, j’y ai mis le meilleur de moi-même pour en faire quelque chose d’incroyable.
Le format de trois fois 8 pages était excellent ; il permettait une grande variété d’atmosphères et d’idées.
Paradax est un jeune super-héros de la classe ouvrière, qui se fiche de sauver le monde. Ce qu’il veut c’est des minettes, de l’argent et la renommée.
C’est en substance ce que dit de lui son créateur Brendan McCarthy.
Il s’agit d’un personnage sexy, une rafraichissante critique du trop sérieux Marvelman d’Alan Moore.
Le premier « super-morveux » de l’âge de la télévision.

[size=85]Pour un personnage capable de traverser les murs quoi de plus normal que de traverser le quatrième[/size]

…. Publiée à l’origine en 1984-1985 dans les trois numéros de Strange Days par l’éditeur Eclipse Comics, avec l’aide du scénariste Peter Milligan Paradax ! est une sorte d’ovni pour l’époque, très « ground level » ; McCarthy & Milligan n’hésitent pas à briser le « quatrième mur » et à faire montre d’un mauvaise esprit qui encore aujourd’hui fait des étincelles.
Les deux hommes sont très en forme et ils le montrent.

[size=85]Un petit air de la Doom Patrol avant l’heure ?[/size]

Une aventure supplémentaire sera publiée en 1986 par l’éditeur canadien Vortex, dessinée par Tony Riot qui partageait à l’époque un studio avec Peter Milligan.

Si Paradax n’est pas sans évoquer le Zenith de Grant Morrison (et pour cause), cette aventure publiée par Vortex anticipe aussi d’une certaine manière ce que sera la Doom Patrol du scénariste écossais avec ses personnages bizarres et son ton psychédélique.

…. Disponible dans le recueil The Best of Milligan & McCarthy chez Dark Horse Paradax ! a été pour moi un très bon moment de lecture.
À la fois déstabilisant et (déjà) inoubliable (et parfois incompréhensible), et j’imagine la claque que cela a dû être au début des années 1980.

Une découverte à découvrir !


(Oncle Hermes) #98

Ça a l’air bien… spécial en effet. :mrgreen: Et bien fun. Si jamais l’occasion se présente d’y jeter quelques yeux plus avant, je m’en souviendrai. Merci !


(Photonik) #99

Il faut impérativement que je me dégote ce best of Milligan/McCarthy, c’est mon genre de came, je crois… :wink:
Je ne connaissais “Paradax” que de nom, merci pour ce billet.

EDIT :

Excellent !!!


(artemus dada) #100

[quote=“Jim Lainé”]…]
Arcudi est un scénariste formidable, complètement mésestimé, …] Je conseille tout simplement aux gens de relire sa prestation sur Gen13, pour voir.
Et c’est un scénariste d’une grande sensibilité, qui utilise avec une belle finesse les silences et les one-liners. D’une certaine manière, pour bien faire comprendre, je le comparerais à Tomasi, avec qui il partage un certain sens de la peinture des sentiments, notamment les plus douloureux…][/quote]

X-Mème*

…. **[size=150]T[/size]**rès inspirée des X-Men et de la cohorte de mutants de l’éditeur Marvel, la série Gen 13, inventée par Brandon Choi et Jim Lee, lequel dessinait justement avant de quitter la Maison des Idées une série (tout simplement) appelée X-Men (Vol2), dont le premier numéro détiendrait encore le record du comic book le plus vendu de tous les temps : plus de 8 millions de numéros, or donc cette série sort en 1995 sous la bannière de WildStorm, la maison d’édition de Jim Lee au sein du collectif Image Comics.
Et, point non négligeable, elle est dessinée par J. Scott Campbell.

De manière assez singulière Gen 13 aurait dû s’appeler Gen X, mais l’éditeur Marvel qui avait justement une série du même nom ou presque en développement (Generation X) - et qui de toute façon, a préempté tous les personnages et séries nés sous « X », aurait fait pression sur WildStorm pour qu’il en change le nom.
Gen X est donc devenue Gen 13, en référence dit-on, à l’essai de William Strauss & Neil Howe intitulé 13th Gen : Abort, Retry, Ignore, Fails? qui traite de la célèbre « génération X », la treizième selon eux depuis que les Etats-Unis ont été créés.

…. En 1998, au numéro 26 c’est John Arcudi, qui a été dernièrement l’un des meilleurs porte-flingue de Mike Mignola, qui prend en charge le scénario et Gary Frank les dessins. Et, me rappelant ce qu’en disais Jim, j’ai saisi l’occasion de lire ce qu’Arcudi avait fait sur la série via les éditions SEMIC.

… Dans le monde des super-héros, c’est-à-dire celui de la fantasy, on attrape des super-pouvoirs plus facilement qu’un rhume, comme vont s’en rendre compte les membres de Gen 13.
Mais vue par John Arcudi, la série va surtout faire la part belle aux pères absents, aux amours contrariés, à l’ambition et aux demi-sœurs.
Le scénariste accordera plus de place à l’aspect mélodramatique (ou « soap ») dans son run qu’aux affrontements entre super-héros et super-vilains.
Pas ou peu de suspense finalement hormis celui lié aux sentiments et aux relations des uns et des autres. Et c’est très bien fait.

Tout le monde est très beau, et les jeunes femmes souvent vêtues de tenues très légères. Gary Frank dessine tout cela avec un dynamisme certain lorsqu’il le faut (pas très souvent), et surtout très joliment.

Et c’est peut-être là que le bât blesse.

Toutes ces gravures de mode, toutes ces jeunes femmes en bikini – mais aussi toutes ces pages où il ne se passe pas grand-chose – minimisent les bonnes idées et les moments forts.

Enivré à l’eau de rose, même les derniers numéros (#40 & 41 dans le Gen 13 n°24 de SEMIC), où John Arcudi réussi pourtant le mieux son cocktail « soap + super-héros », ont eu de la peine à distiller autre chose qu’un intérêt poli. Et pourtant John Arcudi ne ménage pas son *casting *; mais en en ce qui me concerne, en pure perte.

Pas désagréable, bien au contraire le run d’Arcudi & Frank apparaît pourtant bien trop superficiel et trop « décompressé » pour impliquer sérieusement son lecteur.
Ou disons plutôt qu’à trop vouloir différer, son climax tombe à plat.


[quote]*Le mème est à la civilisation ce que le gène est à l’évolution. C’est un élément de code culturel, cognitif, symbolique ou pratique, soumis à la sélection naturelle.
Disons pour simplifier que le mème est une idée qui à l’instar de l’œuf de Samuel Butler utilise la poule pour se dupliquer ; le mème lui se sert de nous pour le faire.[/quote]