"FROM THE VAULT" : Les héros oubliés


(artemus dada) #121

Merci.

Oui sûrement, mais depuis un petit moment je fais des recherches sur le travail de Kordey et j’en profite pour relire ce que j’en ai déjà lu. Et en relisant Cable et Soldier X mais ce coup-ci en V.O, je me suis dit que vu la qualité du run, ça serait bien d’en parler aujourd’hui. 15 ans après, il y a toute une frange de lecteurs qui ne l’ont certainement pas lu à l’époque et que cela pourrait peut-être intéresser. D’autant qu’en France les épisodes de Cable n’ont pas été repris en recueil, et ceux de Soldier X non plus (ni aux U.S.A non plus pour ces derniers), donc ça passe plus facilement sous les radars.
:wink:

Et **Darko Macan ** est aussi un scénariste qui m’intéresse.


(artemus dada) #122

[quote=“Photonik”]Très intéressant.
Je ne connais pas bien cette période de la vie éditoriale du personnage, alors qu’effectivement c’est une ère de grands crus tous azimuts pour les titres X.
…][/quote]

Cette période est en effet un moment à revisiter, 15 ans après ça s’apprécie encore joliment, et surtout différemment je trouve, avec le recul.

Avec Cable par exemple et compte tenu de son contenu, je parle des épisodes 97 à 107, voire surtout de la période Tischman, c’est assez extraordinaire de constater qu’ils on été publiés.
À l’époque (du moins c’est comme ça que je m’en souviens), suite aux attentats du 11 septembre, j’avais l’impression que plus jamais on ne verrait d’explosion dans un film (ni ailleurs). Il y avait une atmosphère où la représentation de la violence dans la fiction semblait avoir vécu. Alors que les images de l’attentat tournaient en boucle sur les écran de télévisions.

Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure le climat de l’époque a pu pousser David Tischman dehors, si je puis dire.
L’exemple du “véhicule explosif” est d’ailleurs assez représentatif de ce qui se passait alors.


(Ben Wawe) #123

Je suis un grand, grand fan de Cable/Soldier-X : comme indiqué plus haut par un camarade, j’ai commencé les comics plus ou moins à cette période, et la découverte fut un énorme choc. Très intense.
J’ai eu l’occasion de bredouiller quelques mots à Kordey lors d’une dédicace pour lui indiquer l’impact que ça a eu, mais l’artiste venait pour Taras Boulba, et était alors dégoûté de l’univers comics. C’est en tout cas une sacrée rencontre, en live !

Superbe billet, Artemus. Comme toujours, c’est un plaisir de te lire. :wink:


(artemus dada) #124

De la façon dont Marvel l’a traité, ça se comprend

Merci beaucoup.


(artemus dada) #125

…. [size=150]C[/size]e qui m’a le plus frappé, après avoir lu les huit épisodes de la courte prestation de Darko Macan & d’Igor Kordey sur Soldier X, c’est la volonté du scénariste de proposer un cadre formel très travaillé et assez éloigné des standards que l’on rencontre habituellement dans ce type de BD.
Ainsi le premier épisode contient-il 31 planches au lieu des 22 (en moyenne) habituelles, et le héros n’y apparaît qu’à la vingtième. Dès le deuxième numéro une page récapitulative ouvrira chaque histoire, pour ensuite soit s’insérer au milieu des autres pages, soit être absente ; mais une absence elle-même commentée par les personnages principaux.
On est clairement dans un univers dont les personnages ont conscience d’en être.


[size=85]La page “récap” du n°3[/size]

À la fin du run – dont je soupçonne que pour Macan & Kordey il aurait dû être bien plus long - les deux compères à l’instar d’un Steve Gerber sur Man-Thing (dans des conditions assez proches), apparaissent dans la BD pour un dernier épisode qui clôt avec élégance leur prestation. Idem si je puis dire, pour le changement de titre, opéré par un des personnages de l’histoire elle-même.
En outre, le duo est autant intéressé par le récit que par la grammaire (étude des éléments constitutifs) du genre dominant de la bande dessinée américaine. Un genre – celui des super-héros (et assimilés) - dont fait partie Nathan Summers (alias Soldier X), mais dont l’exploration telle qu’ici pratiquée l’en extrait.

En effet, cette série peut très bien se lire sans connaître ni les X-Men, ni même ce qui a précédé ; voire par quelqu’un qui n’est pas rompu à lecture des aventures des encapées masqués (ou pas).
Hormis les numéros écrits par Tischman puis (surtout) ceux de Macan qui, s’ils ne sont pas essentiels, apparaissent néanmoins en filigrane (et que je recommande de lire vu leurs qualités).

Si le Marvelman d’Alan Moore sert souvent (et avec raison) de carbone 14 à l’exégèse super-héroïque en tant que substrat au récit, Macan se propose d’y soumettre Nathan Summers, à l’instar de son illustre prédécesseur. Ici, il s’agira de convoquer l’un des plus puissants stéréotypes de la geste des surhommes, celui de l’homme providentiel (la première planche est très éloquente).
Ou plutôt son duplicata à l’échelle de l’imaginaire qui l’a enfanté, à savoir, une sorte de dieu en élasthanne (que Moore, compte tenu des avanies rencontrées avec la parution de Marvelman avait lui aussi exploré). Mais au contraire du scénariste anglais, Darko Macan utilise beaucoup plus l’humour et une approche assez proche du ton que Grant Morrison avait eu sur la Doom Patrol.
Une sorte de réconciliation des « contraires ».

Nonobstant ce que j’ai pu dire sur la fin du run de la série Cable (Pour en savoir +), Soldier X montre donc une sensibilité très proche de celle que mettait Steve Gerber dans ses scénarios des années 1970 comme Man-Thing ou les Défenseurs ; des histoires que l’on qualifie de « relevant ». Autrement dit inscrites dans les problèmes de leur temps, quand bien même continuaient-elles de paraître dans un marché de grande consommation et de pur divertissement.
(Et ce n’est pas un hasard si je cite également Moore & Morrison lorsqu’il est question de Steve Gerber)

Il n’est pas question pour moi de dire ici que Darko Macan copie qui que ce soit, mais sa sensibilité et les choix qu’il opère sur Soldier X pourraient être résumés (assez maladroitement je l’admets) par une addition de type : le meilleur de Gerber + le meilleur de Moore + le meilleur de Morrison = Soldier X.
Où le résultat serait somme toute différent de la simple addition des parties censées le constituer, puisque le scénariste croate y apporte bien évidemment son propre talent.

…. Je crois qu’Igor Kordey n’a jamais été aussi bon que sur cette série. Je parle bien entendu de son travail chez Marvel, où il devait souvent rendre des planches dans des délais très courts, voire commandées au dernier moment.
D’autre part, ses couvertures – magnifiques & peintes - expriment avec beaucoup d’énergie et de force, et de justesse le contenu des numéros qu’elles illustrent. L’addition des 8 couvertures donnent peu ou prou un résumé assez saisissant, parfois très fin (la #4 est à ce titre exemplaire), de l’histoire qu’on nous raconte.
La palette du coloriste Chris Chuckry (numéro 1 à 6) augmente la force et le dynamisme que met le dessinateur dans ses planches. Matt Madden son remplaçant, se coule dans l’approche de son prédécesseur (#7), pour ensuite s’en démarquer lors du 8ème et dernier numéro, pour au moins une raison évidente.

…. **[size=150]S[/size]**i Soldier X est paru dans une collection dédié aux super-héros, son propos, ainsi qu’une approche disons originale, lui donnent des qualités qui pourront aussi plaire aux lecteurs qui ne sont pas forcément des aficionados forcenés du genre.


Si ce commentaire™© a été fait à partir de la lecture des numéros étasuniens de la série, pour une meilleur accessibilité je propose des pages extraites de la revue publiée par Panini dans une traduction de Laurence Belingard, et un lettrage d’Eric Montesinos. (Revue X-Men du n° 81 au n° 90/2003-2004)


(Blackiruah) #126

Eh beh dis donc, quand on lit ça :

Ca donne furieusement envie de lire ça. Espérons que Panini profite de la sortie de Deadpool 2 pour l’éditer… (ou avant…)


(KabFC) #127

[quote=“Blackiruah”]
Ca donne furieusement envie de lire ça. Espérons que Panini profite de la sortie de Deadpool 2 pour l’éditer… (ou avant…)[/quote]

Pour le ré éditer. Ca a déjà été édité. :mrgreen:


(Jack!) #128

[quote=“Blackiruah”]Eh beh dis donc, quand on lit ça :

  • le meilleur de Moore + le meilleur de Morrison = Soldier X.

Ça donne furieusement envie de lire ça.[/quote]

En ce qui me concerne, Artemus vient de me vendre la série. Ça fait un bout de temps que je la convoite du coin de l’œil, elle est maintenant devenue une priorité !


(artemus dada) #129

Attention les aminches je précise :

“les choix qu’il opère sur Soldier X pourraient être résumés (assez maladroitement je l’admets) par une addition de type : le meilleur de Gerber + le meilleur de Moore + le meilleur de Morrison = Soldier X.”

Il est bien entendu que le travail de ces trois scénaristes ne peut pas vraiment être aussi succinctement résumé, ni d’ailleurs celui de Darko Macan. Tous ont fait des travaux très différents les uns des autres au sein de leur corpus respectif.
C’est juste une indication (qui est bien ce que je ressentais en lisant ces numéros).

Quant à lire dans un recueil le travail de Macan & Kordey sur Soldier X, en France, je n’y crois pas trop. Outre qu’il n’a pas été compilé aux Etats-Unis, même si maintenant on peut lire des recueils qui n’existe pas encore aux U.S.A, il est vraiment très atypique.

J’attends ton “rex” (retour d’expérience) alors, comme on dit maintenant.


(とり) #130

Retex n’était pas assez court, on est passé à rex ? O__o
Moi, quand j’entends “rex”, ce n’est certainement pas à ça que je pense en premier…

Tori.


(FC powaaaa) #131

Je ne connaissais pas “retex” …


(Jack!) #132

Par contre, je connais T-rex.


(Blackiruah) #133

De mon côté, on a toujours utilisé le RETEX


(FC powaaaa) #134

Faut croire que tu parles le vieux, finalement !


(artemus dada) #135

…. **[size=150]A[/size]**pparue entre la fin du XXe et le début du vingt-et-unième siècle (janvier 2000/novembre 2001), la série The Atomics de Mike & Laura Allred inscrit ses personnages dans une sorte d’âge d’or où on appelait encore un chat un chat, et où aucun d’entre eux n’avaient encore fait la connaissance d’Erwin Schrödinger.

Lire les quatre premiers numéros (/15) de la série, qui ont été publiés dans l’Hexagone par Organix Comics (traduction de Joël Caron + Maquette et lettrage de d’Elodie Ant & Reed Man), c’est côtoyer des individus animés par d’éternelles passions : haine, vengeance, amour, soif de justice, dans un monde de science-fiction qui fleure bon les années 1950.
Et ne pas voir dans ce groupe de misfits, des alter ego underground des X-Men - créés par Stan Lee & Jack Kirby - me semble assez difficile ; à moins de faire preuve d’autant de candeur que les membres des Atomics.

Réunis grâce au cliché de la menace (ou supposée telle) qui nécessite un serment digne des Trois mousquetaires, le groupe qui deviendra The Atomics partagent aussi une inimitié commune envers Madman (personnage créé à l’aube des nineties par Allred) qui fait pour le coup un d’Artagnan tout à fait acceptable. Les péripéties s’enchaînent avec une bonne humeur communicative, dans une ambiance très bohème ; et l’histoire se décante à la lecture comme un corps inerte au réactif chimique approprié.

[quote]http://ahp.li/4e6e262699bbfcc95b62.jpg
[size=85]Une planche made in[/size] Allred au style toujours aussi reconnaissable [/quote]

…. [size=150]J[/size]’avais déjà lu ces 4 numéros lors de leur parution il y a une quinzaine d’années, et les relire aujourd’hui m’a fait prendre conscience que les qualités que j’y avais trouvées y étaient encore. Mais attention !
Protégées d’un emballage métaphorique « longue conservation », The Atomics pourrait aussi avoir les vertus d’une madeleine de Proust sur certains lecteurs de BD américaine.


(FC powaaaa) #136

J’avais bien aimé aussi à l’époque (bon, je ne les ai pas achetés il y a quinze ans … heu … mais ça ne doit pas faire loin quand même !*). J’aurais bien aimé une suite !

  • déjà ???

(artemus dada) #137

Brat_Pack-01

J’ai lu la mini-série Brat Pack de Rick Veitch, auteur complet, collaborateur d’Alan Moore, singulière figure de la bédé étasunienne, injustement peu connu sous nos latitudes hexagonales, et c’est sur mon blog [Pour en savoir +]. Lecteurs sensibles s’abstenir !

J’ai aussi lu le premier numéro de The One du même Veitch, réédité chez IDW, mais ce sera pour une prochaine fois. [-_ô]


(とり) #138

J’ai bien aimé sa prestation sur Tortues Ninja, moi.
Je crois bien que c’est la seule chose de Veitch que j’aie lue.
Ce que tu dis de Brat Pack donne envie, en tout cas.

Tori.


(FC powaaaa) #139

Ah, voilà, je savais bien que je l’avais lu quelque part !


(artemus dada) #140

En pleine relecture, et lecture pour certaines mini-séries du titre MARSHAL LAW, j’ai écrit une petite note de lecture sur le sujet.

Si la série vous intéresse, vous êtes les bienvenus sur mon blog [Pour en savoir +]
Marshal_Law

Typiquement le genre de titre que j’aimerais revoir sous nos latitudes hexagonales, Delirium serait une belle maison d’édition pour ce retour.