Discutez de Gemelos
César est un enfant, mais c’est un chef de gang. Fernando est un gosse de riche, un privilégié. Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Et quand les ennuis tombent sur le premier, il décide de sacrifier le second afin d’échapper à son destin, en échangeant leurs places.

Sur cette intrigue lorgnant vers le polar, Laurent Galandon parle de pauvreté, mère de la délinquance, et de la situation des familles démunies obligées de sombrer dans la criminalité pour survivre.

Le diptyque lui permet d’évoquer tout le pan social derrière les règlements de comptes et les trafics d’organes qui gangrènent l’Amérique centrale. On retrouve donc la portée sociale du scénariste.

Le dessin est assuré par Michele Benevento, un Italien au style limpide et fluide, très réaliste mais en même temps très lumineux.
Jim
Et ouais, c’est pas mal du tout ça. C’est même sacrément enlevé. Peut être trop, car ça se lit assez vite, mais au moins, c’est plutôt efficace dans la mise en place des perso et des événements. Et ça donne bien envie de lire de suite la suite.
Galandon n’oublie pas pour autant d’intégrer, en effet, le pan social (trafics en tout genre, problème dans le milieu de la santé, etc …), sans que ça alourdisse le récit. ça parait, très malheureusement, naturel.
J’aime bien aussi que l’auteur ne nous prenne pas pour des gogos, il ne fait pas de toute sur un éventuel mystère lié aux perso principaux.
Benevento a un style un peu nerveux, ou qui ne manque pas de détails, sans pour autant être chargé. Disons qu’il ne parait pas plat. Et puis c’est pas mal dynamique, pas plan-plan. Mon bémol irait sur les visages et les têtes, car par moment, on cherche qui est qui, surtout qu’au début, hormis les deux persos principaux, on ne sait pas vraiment qui seront les perso secondaires importants.
Y a souvent un petit côté technique donc froid, chez les Italiens, dans leur représentation des personnages. Mais je préfère leur maîtrise à la raideur souvent mise en avant dans l’édition franco-belge.
Jim
Donc, ce que je pensais être, au début, juste un événement au milieu d’une intrigue, provoquant le remplacement d’un de jeune du groupe de César s’avère être vraiment le nœud de l’affaire (du moins, la deuxième boucle).
Galandon continue de livrer un récit très rythmé, implacable (dur même, mais le problème est que ça doit être la réalité), très énergique. J’aime bien le déroulé, il ne part pas dans tous les sens, l’auteur ne le surchargeant de trop de scènes ou d’événements. Je ne dirai pas qu’il va à l’essentiel, mais son histoire est claire, avec une sorte d’happy end à la Pyrrhus (et en laissant des morts sur le bord de la route). Peut être le titre que j’ai préféré de Galandon.
Sinon, les bémols du 1er album concernant Benevento ne ressortent pas ici.
J’ai oublié de préciser qu’il y a un petit œuf de Pâques dans le premier tome, avec un mec dans une boite qui porte un t-shirt de la Chose, sortant sa fameuse phrase.