J’ai reçu mon exemplaire, il est très beau.
Tu l’as fini ?
Bon, c’est touffu, j’avance pas aussi vite que je voudrais, mais c’est diablement intéressant et par moment… dérangeant. Donc, on est dans le thème.
Bon, par contre, Black Hole n’est pas un roman graphique. Et je ne comprends pas.toujours pourquoi on précise par moments que tel réalisateur est « cis »… ça doit vouloir insister fortement sur le côté féministe du bouquin maisnje ne sais pas pourquoi ca insite plus pour certains… je vois ça qu’au 1er tiers surtout.
Oui.
Exact.
J’ai remarqué, mais je n’ai pas fait attention que ça pouvait être fréquent ici ou là, ou déséquilibré. Je me suis dit que cela revêtait peut-être une importance, pour les autrices au moins, particulière en fonction du contenu de telle ou telle œuvre.
En revanche, en lisant le bouquin, je me suis rappelé la discussion entre Sand et Flaubert autour du rapport entre l’homme et l’œuvre : « l’homme n’est rien, l’œuvre est tout », disait je crois Flaubert, idée à laquelle j’adhère. Or, en insistant à ce point sur le fait que tel auteur ou autrice est cis ou trans, hétéro ou homo, me gène un peu aux entournures, puisque ça me donne l’impression d’essentialiser le créateur et son œuvre. Cela dit, de manière complémentaire, cela permet aussi d’identifier certains motifs ou certains tropes dans une œuvre (comme, mettons, un essayiste qui verrait des motifs catholiques chez un bédéaste né au sein d’une famille catholique…) et donc d’apporter un argument d’analyse.
![]()
Jim
Ouais, mais le côté « cis », je ne comprends pas pourquoi il a été ciblé uniquement chez certains (et jamais chez certaines d’ailleurs).
J’ai essayé d’y voir un lien, mais je n’ai pas trouvé pourquoi plus celui-ci qu’un autre avait « mérité » cette précision.
(Mais je conçois m’arrèter à un détail formel du bouquin)
Ça, c’est probablement une vision féministe (ou plutôt une des visions féministes) qui voudrait qu’un homme cis serait exclu du féminisme, puisque n’ayant jamais été une femme (contrairement à une femme (cis ou trans) ou un homme trans).
Je schématise, mais c’est l’idée.
Tori.
Et tu fais bien de préciser « une des visions féministes », tant le féminisme actuel me semble polyphonique, pour rester dans l’euphémisme.
Jim
C’est aussi comme ca que je le comprends.
Mais dans le bouquin, cela me semble à géométrie variable, comme s’il y avait quelques « cibles » bien précises.
En soit, ça ne me dérange pas que ce soit précisé. Je n’ai pas d’avis sur la question, c’est leur propos. Et je pense comprendre ce sentiment (même en étant un cis moi-même). Mais pourquoi le préciser pour certains… ca je ne comprends pas.
Pour Cronenberg ou Carpenter, ça n’a jamais été précisé.
Et pour ceux pour qui ça l’a été, je n’ai pas l!impression qu’ils aient été les seuls du bouquin à montrer une exploitation dégradante de la femme.
Bon, bon … j’étais un peu critique sur des points de détails (mon côté masculin sûrement
), mais ce livre est quand même vachement bien. Et vachement dérangeant par moment, si bien que je me demande si je suis encore capable de voir de vrais films d’horreur. Faut croire que les deux autrices retranscrivent plutôt pas mal l’ambiance des films et des livres qu’elles mettent en avant. (@Le_Doc : as-tu prévu de le lire ? Y a un paquet de références que tu dois connaître)
J’ai beaucoup aimé la construction du bouquin, aux thèmes beaucoup plus élargis que je ne l’aurais cru et elles expliquent plutôt bien leur réflexion à ce sujet.
J’ai aimé aussi qu’elles remettent en contexte chaque film ou chaque bouquin pourtant déjà cités x fois. On sent qu’elles ont prévu que ce bouquin soit picoré.
Il y a beaucoup de pistes de réflexions intéressantes, c’est sûr que je ne verrai plus vraiment un film d’horreur (s j’en revois) de la même façon.
Et puis c’est écrit de manière très fluide, très compréhensible, même s’il y a des citations qu’il a fallu que je relise plusieurs fois, car par moment, y a du concept chiadé ! La masse de références est aussi très impressionnante. Notamment dans les articles de fond ou dans les essais. Y en a un paquet, avec des sujets variés et pointus. Je trouve que ça légitimise (s’il était nécessaire) encore plus le bouquin.
Après, je ne sais pas si certains ont critiqué le parti-pris de la mise en avant féministe et lgbtqia+… mais bon, est-ce qu’il y a beaucoup de bouquins qui le font ? Je ne sais pas, et puis, moi, ça ne m’a pas dérangé, parce que c’était argumenté à chaque fois. Et puis quel auteur d’essai n’a pas de prisme ? Les réalisateurs en ont bien un. Et puis c’est en phase avec notre époque (même si pour King, je les ai trouvés un peu sévères. Mais je ne suis pas spécialiste).
Enfin, bref, c’est un sacré bouquin. Et je suis très loin de connaître un 10ème des références évoquées, et ça ne m’a pas du tout dérangé.
Ce n’est pas prévu. Ces temps-ci pour les bouquins sur le ciné, je m’en tiens aux revues que je lis régulièrement : La Septième Obsession (pour lequel Hopkins-Loféron écrit d’ailleurs), L’Ecran Fantastique, Mad Movies et leurs déclinaisons (les HS, Ecran Fantastique Vintage et autres Mad Movies Classics). C’est déjà pas mal…et c’est assez pour mes finances…^^
Entièrement d’accord.
L’objectivité, c’est une posture.
Jim
Ou une imposture ?