GI JOE #1-6 (Paul Allor, Chris Evenhuis)

Paul Allor (W), Chris Evenhuis (A/C), Dustin Weaver (VC), Eleanora Carlinia (VC).

Tyranny is on the rise as Cobra topples governments and spreads its ruthless power across the globe. In these trying times, desperate measures are taken. The new G.I. Joe program recruits civilian spies and saboteurs: ordinary people living in occupied territories who will put their lives on the line to strike back through clandestine but high-impact missions. Join these new recruits as they resist Cobra control, fight to make a better world for all, and find out just what they are capable of.

32 pages, $3.99.

Je n’ai jamais vraiment lu les comics GI Joe. Je connais la franchise par les dessins-animés, l’aura générale et le premier film. J’ai dû lire deux-trois épisodes de la série comics historique, j’ai conscience de l’impact de Larry Hama dessus, et je connais grosso-modo la mythologie des Joes.
Franchement, je n’ai pas une passion énorme pour eux - mais j’aime bien, ça déclenche le plaisir régressif des souvenirs d’enfance.
Je n’avais pas le « projet » de lire cette nouvelle série, mais je suis tombé dessus… et j’ai tenté.
Et, franchement, c’est pas mal.

Semi-reboot de la franchise, ce #1 acte que Cobra a lancé l’invasion des USA - et ils gagnent. Les Joes sont en mauvaise posture, Cobra domine et règne. Il y a eu des massacres, il y a eu des purges ; les héros ont perdu, la tyrannie règne.
On suit un type normal, qui assiste à la lutte d’un Joe contre Cobra ; sauf que Duke se fait choper, et se prend une balle en pleine tête en pleine rue. Le type récupère une clé USB, se fait visiter par Scarlet qui la récupère mais… le type veut aider, il veut se battre. Il retrouve les Joes en pleine opération, et se fait recruter en manquant de tout faire foirer. Devenu « Tiger », il intègre les Joes car le groupe est complètement « vidé » et a besoin de récupérer des civils pour mener la lutte. Sauf que le Général Hawk annonce que les ordres ont changé : les USA se soumettent à Cobra, qui prend contrôle de la Maison Blanche…

Et ouais, c’est pas mal;
Bon, le script de Paul Allor n’est pas exceptionnel, c’est un peu rapide et « brutal » dans l’enclenchement des rebondissements. La façon dont Tiger retrouve les Joes est un peu facile, mais… ça reste efficace.
C’est fluide, c’est bien fichu et plutôt intense. Le côté « Cobra a gagné » a déjà dû être vu, mais… pour moi, c’est une première, et je trouve ça plutôt pertinent. Idem pour le recrutement des civils, et le « changement » des troupes. On reste sur les très-très connus, et c’est autant pratique (pour les novices) que pertinent (car on « découvre » les nouveaux, comme les autres).
Surtout, ça se lit très bien, et Tiger (qui sera « les yeux » du lecteur) est plutôt agréable. Il est un peu cliché comme héros, mais ça fonctionne ; comme l’intervention de Scarlet.
Graphiquement, Chris Evenhuis a un style classique et propre, en suivant la ligne claire ; j’aime bien. J’aime même beaucoup. C’est plutôt joli, assez efficace et dynamique. Les personnages sont bien croqués, et j’avoue que je suis fan de ce style, qui ne révolutionne rien mais a une beauté propre qui me convient.

J’aime bien. J’ai envie de lire la suite !

G.I. JOE #2

Written by: Paul Allor.

Art by: Chris Evenhuis.

Covers by: Chris Evenhuis, Karl Moline.

Description: With Cobra ascendant across the globe, the G.I. Joe program takes on new recruits to fight back. Are the recruits, everyday people determined to fight for their country, ready for the realities of war? Or will Cobra root out and destroy the initiative before it has a chance to launch?

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Oct. 22.

Source : www.comicscontinuum.com

Le #1 avait été un pari, un coup de tête… et une bonne surprise.
Le #2 me plaît aussi.

Tiger, nouvelle recrue des GI Joes dans un monde où l’Amérique s’est soumis à Cobra, s’entraîne avec d’autres nouveaux Joes. Duke est mort, Scarlett le vit mal, et les Joes survivants doivent entraîner des civils pour une guerre que beaucoup pensent déjà perdue. Tiger se sent coupable de n’avoir « rien » fait lors de son recrutement, et s’acharne à vouloir porter « au moins » un coup à Scarlett, qui gère mal son deuil ; ça se passe mal. Alors que tous les camarades de son groupe alternent les cours pertinents, Tiger s’acharne dans le dojo… et se fait tabasser. Ses camarades lui font finalement comprendre son erreur, mais il semble vouloir se retirer - quand Scarlett et une membre du groupe « montent » une mêlée générale, où Tiger peut porter un coup. Il est content, le moral remonte ; Scarlett déprime encore. Tandis que le Général Hawk a conscience de l’ampleur du combat… et fait l’impossible. Il cède, et décide de forger une alliance avec Destro contre Cobra ; sacrifiant un peu de son âme dans ce deal qui sent le soufre.

C’est très efficace. Paul Allor ne livre pas un script fantastique, mais l’ensemble est très solide. Tiger incarne les yeux du lecteur, et même si on peut tiquer sur son « complexe », le fait qu’il vive si mal a du sens dans l’avancée des pions de l’auteur. Ca permet surtout de montrer le personnage, ses proches, mais aussi l’entraînement général des Joes, ainsi que l’état des Joes « officiels » ; c’est malin. J’aime beaucoup le portrait de Scarlett, et je trouve que le cliffhanger est prenant et bon. Même quelqu’un qui connaît « peu » la franchise peut comprendre, et saisir l’ampleur du sacrifice.
C’est bien fait. Chris Evenhuis livre des planches très agréables, dans un style clair, sobre et « propre » que j’aime beaucoup. C’est un peu joli, un peu dynamique, mais surtout très carré, cohérent, efficace.
J’en suis toujours. Vivement la suite.

G.I. JOE #3

Written by: Paul Allor.

Art by: Chris Evenhuis.

Covers by: Chris Evenhuis, Tadd Galusha.

Description: A dangerous mission with unintended consequences will divide the new members of the G.I. Joe team and hammer home just how lethal their new mission is. Meanwhile, Cobra comes closer to wiping out all resistance to its rule!

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Dec. 18.

Source : www.comicscontinuum.com

Encore un bon numéro.
Paul Allor se concentre sur une mission des « nouveaux » Joes, qui ne sont pas toujours d’accords sur la manière de la gérer. L’idée est de faire exploser un des rares ponts encore debout dans une région qui a cédé rapidement à Cobra. Certains Joes ne le pardonnent pas, d’autres comme Roadblock peuvent imaginer pourquoi, et être touchés par leur détresse par manque de vivres.
Paul Allor livre un épisode efficace, avec de l’action mais aussi quelques débats musclés. Ca n’a rien d’un débat philosophique, bien sûr, mais c’est pertinent de voir les Joes débattre face à des civils qui ont cédé, et qui se sentent « mieux » dans un pays totalitaire, mais plus sûr et plus « organisé » qu’avant. La série demeure très agréable, très fluide, avec des personnages classiques mais bien animés.
Chris Evenhuis a un style joli, plutôt classique dans l’idée de la ligne claire. C’est beau, fluide, et avec quelques bonnes idées visuelles. J’aime bien.
La bonne surprise continue !

G.I. JOE #4

Written by: Paul Allor.

Art by: Niko Walter.

Covers by: Niko Walter, Naomi Franquiz.

Description: Journey into the heart of Cobra as Major Bludd searches for the hidden truth behind Cobra high command! What will Cobra’s new vision of America mean for G.I. Joe?

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Jan. 1.

Source : www.comicscontinuum.com

Take a walk on the wild side.
Paul Allor sa série via un épisode solo sur… les méchants. Plus particulièrement le Major Bludd, le chef de la police urbaine de Cobra. On découvre ainsi le fonctionnement bureaucratique de Cobra, les interactions avec l’assistante/organisatrice Lara Daemon, la Baronnesse et comment Major Bludd est devenu agent de Cobra. Bludd était un soldat dont le groupe a été anéanti par les armes de Destro, puis mercenaire, et agent de Cobra car il considérait que Cobra Commander n’est pas un idéaliste, mais un homme qui veut dominer.
Sauf que.
Sauf que le Major Bludd se rend compte de son erreur : Cobra Commander est un idéaliste, suffisamment dément pour vouloir « sauver » le monde avec des méthodes extrêmes ; et Cobra collabore avec Destro, ce qu’il ne supporte pas. Bludd échange avec un savant sadique qui confirme n’être qu’un fonctionnaire, qui veut juste sauvegarder sa vie et ses potes ; mais Bludd est sous le choc. Son enquête sur les GI Joes va sûrement se ralentir, et il envisage clairement de s’en prendre à Cobra.
C’est du bon. Paul Allor maîtrise bien son univers et, via un épisode finalement classique dans l’idée, livre un bon récit sur un personnage également classique, mais bien écrit. Tout fonctionne bien, tout est fluide et pertinent. Je le répète, je connais mal l’univers GI Joe hormis les grandes lignes, mais j’aime vraiment bien cette petite série, qui ose beaucoup, le fait avec sérieux, sans génie mais avec application.
Niko Walter illustre ça - et c’est clairement moins bien que Chris Evenhuis, hein. Le style est proche, mais très figé ; un peu trop. Bon, ça reste très lisible et propre, ça fait le job, même si ce n’est pas joli, pas vraiment dynamique. Ca fait le job, oui, et c’est déjà ça.

Je continue d’apprécier cette très agréable surprise !

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G.I. JOE #5

Written by: Paul Allor.

Art by: Chris Evenhuis.

Covers by: Chris Evenhuis, Ryan Kelly.

Description: The Joes return to Indianapolis, site of one of Cobra’s greatest atrocities. Little do they expect to find the city controlled by the brutal Dreadnoks! As Cobra draws closer, the Joes will have to make difficult choices in an impossible situation!

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Feb. 12.

Source : www.comicscontinuum.com

Encore un bon numéro.
Paul Allor deux Joes dans un camp de résistants, ou plutôt une communauté de motards qui s’est construite sur des règles tribales, un peu WTF mais des mecs plutôt sympathiques. Menés par Zartan, un nom qui sonnait à mes oreilles et quelques recherches m’ont confirmé qu’il s’agit d’un personnage bien connu de la franchise.
Bon, ça ne vole pas vraiment haut, hein, mais ça se lit bien. Les nouveaux Joes sont intéressants, la communauté de Zartan est classique mais ça passe bien. C’est fluide, bien fichu, dynamique.
Je continue de bien apprécier cette série, où Cobra a gagné, a conquis l’Amérique, et les Joes essayent de gérer ; ça se lit très bien. Chris Evenhuis livre des planches efficaces, dans un style clair et fluide. Pas forcément joli, mais dynamique.
Vivement la suite.

G.I. JOE #6

Written by: Paul Allor.

Art by: Chris Evenhuis.

Covers by: Chris Evenhuis, Emma Vieceli.

Description: A mission to smuggle vital intelligence to Free Canada goes sideways when Fadeaway confronts someone from her past working in Cobra! The bonds of friendship are tested when lives are at stake! The world of G.I. Joe expands in this turning point issue!

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: May 27.

Source : www.comicscontinuum.com

Bonne nouvelle !

Ca fait plaisir de retrouver cette série, surtout avec un tel épisode.
Paul Allor tape dur, en présentant la sécheresse et la brutalité des sacrifices exigés aux nouveaux GI Joes. Fadeaway, nouvelle membre et ancienne employée de Cobra à l’époque où l’organisation se présentait comme une grosse start-up, doit porter des armes cachées aux Canadiens par le train, avec d’autres Joes. Mais elle y rencontre une membre de Cobra qui fut sa collègue. Ca se passe mal, mais l’autre veut déserter, aussi. Sauf que après l’évasion du train, en sautant depuis un pont, Cobra les retrouve avec un dispositif sous-cutané de la déserteuse. Qui a vu la livraison. Elle décide de se sacrifier, elle se suicide pour que les Joes ne soient pas trouvés, en écho du discours de sacrifice de Fadeaway. Mais Scarlet révèle dans le débriefing que leur mission était une diversion pour la vraie livraison, qui a échoué. Fadeaway va mal, les autres encaissent, mais Jinx se crispe et se fait virer. Elle retrouve alors un dojo pour agir différemment… avec Snake Eyes !
Gros épisode. Paul Allor continue ses très bons portraits des personnages, et de la vie des Joes sous l’oppression d’un Cobra qui a vaincu. Mais l’épisode est un vrai choc, avec un aspect désespéré et terrible qui touche et qui fonctionne très bien. Le cliffhanger est cool, mais c’est bien le traitement de la déserteuse et la vérité derrière qui choquent.
Chris Evenhuis a toujours son style clair et simple, que j’aime beaucoup et qui fonctionne ici. La case où Fadeaway comprend est terrible, et l’ensemble est souvent joli.

Quel plaisir de retrouver cette série, toujours une bonne et intense surprise.