GIL St ANDRÉ t.1-13 (Kraehn / Vallée, Kraehn, Millien)

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La critique de Gil St André T.11 (simple 2010 - Glénat BD) par vedge est disponible sur le site!

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Gil Saint-André - Tome 13 : Vert l’enfer

Bienvenue dans l’enfer vert du commerce de l’or…

Alors qu’il termine des vacances en Guyane avec sa famille, Gil Saint-André décide de partir retrouver une vieille connaissance. Longeant les rives de l’Amazonie à bord de son ULM il, tombe alors sur une pirogue d’orpailleurs exploitant des enfants pour leur commerce. Décontenancé par l’apathie des forces de l’ordre face à un tel fléau, il décide d’aller enquêter par lui-même, très vite rejoint par Laura, professeur s’inquiétant de la disparition de certains de ses élèves. Ensemble, ils vont mettre le doigt dans un engrenage redoutable…

Entre action et aventure, le nouvel album de Gil Saint-André traite d’une thématique plus adulte et ancrée dans l’actualité : l’esclavagisme des enfants dans les mines d’or de la forêt amazonienne. Toujours aux commandes du dessin, Chrys Millien parvient à moderniser et dynamiter la série avec un style réaliste et tranchant. Une enquête auto-conclusive.

  • Relié : 56 pages
  • Editeur : Glénat BD (22 avril 2020)
  • Collection : Gil Saint-André (13)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 234403546X
  • ISBN-13 : 978-2344035467

Né en 1955, Jean-Charles Kraehn étudie à l’Ecole Estienne, puis publie des illustrations dans la revue « Scouts » et chez divers éditeurs à partir de 1980. Ses premières bandes dessinées sont publiées par ID Program en 1982. Cest en 1984 qu’il débute Les Aigles Décapitées dans « Vécu » sur scénarios de Patrice Pellerin, puis avec Michel Pierret. En 1989, il lance Bout d’Homme dans « Circus ». Toujours chez Glénat, il débute en 1997 les aventures de Gil Saint-André seul, puis avec Sylvain Vallée. Scénariste, il écrit Tramp pour Patrick Jusseaume chez Dargaud en 1993. En 2001, il lance une nouvelle série médiévale chez Glénat, qu’il scénarise et dessine : Le Ruistre . Pour Dargaud, il propose Myrkos avec Miguel à partir de 2004. En 2006, il participe à Quintet de Frank Giroud chez Dupuis. Son imagination débordante lui permet daborder avec le même succès les thèmes les plus variés. En 2010, il décide de reprendre sa série Gil Saint-André , à nouveau seul aux commandes !

Chrys Millien , à 25 ans, maîtrise habilement les techniques informatiques. Son talent s’épanouit parfaitement dans le domaine de la science-fiction. Les planches de la série qu’il met lui-même en couleurs sur ordinateur, reflètent bien l’esthétisme de sa génération, plus nourrie aux Mangas que les précédentes, mais il ne se contente pas de recopier ce qu’il aime, il crée son propre univers ! Il a notamment œuvré chez Soleil sur Witness 4 (scénario d’Erik Arnoux) et Les Aventuriers des étoiles (Soleil). Chez Glénat, il a participé aux Incontournables de la littérature en BD en adaptant Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne. Il réalise également la mise en couleur de Poker Face chez Jungle, série scénarisée par Jean-Louis Fonteneau et dessinée par Erik Arnoux.

Cette fois-ci, c’est la bonne : la dernière livraison en date de la newsletter « spécial confinement » de Glénat donne la parole à Jean-Charles Kraehn.

Comment se passe ton confinement ?
Assez bizarrement en fait ! Avec Patricia, mon épouse et coloriste de toujours, nous sommes coincés dans un gîte de vacances aux Sables d’Olonne. L’affaire est simple comme les aventures du père Ubu. Après avoir voulu emménager aux Sables, nous avons changé d’avis au bout d’un an, pour raisons familiales, et avons décidé de retourner dans le Sud de la France. Mais le confinement est arrivé alors que nos affaires, elles, étaient déjà parties la semaine précédente dans le camion de déménagement. On n’a rien venu venir. C’est ballot, n’est-ce pas ? Car je n’ai même plus mon matériel pour dessiner. Heureusement je travaille en ce moment pour les éditions Glénat, justement sur le scénario d’un grand projet (grosse pagination) qui me prend tout mon temps et toute ma tête. Donc je scénarise sur la table derrière l’escalier de la cuisine, seule perspective visuelle dans mes heures de cogitation intense car de là je ne vois pas la mer. Heureusement je l’ai dans la tête et navigue donc quand même sans masque ni gel… C’est l’avantage. Pour le reste, eh bien ! C’est la sortie quotidienne d’une heure pour s’aérer les neurones.

Quelles idées proposes-tu pour plus de solidarité ?
Pour l’immédiat, difficile d’être original. Entretenir le lien familial et amical (merci internet), faire des courses pour les personnes en danger potentiel qui ne peuvent sortir, et jouer le jeu du confinement pour faire baisser la contamination puisque c’est ce qui a été décidé par nos " dirigeants " pour palier dans l’urgence leur aberrante incurie politique. Incurie qui n’est pas nouvelle, soyons justes !
Des pays ont choisi une autre voie que le confinement total. Celle de laisser passer la maladie en protégeant drastiquement les personnes fragiles, car pour un gros pourcentage de la population ce virus ne présente pas de risques majeurs. On a de nos jours un rapport à la mort qui culpabilise en permanence. Je connais plusieurs cas de personnes touchées qui s’en sont sorties sans dommage. Il faut être prudent bien sûr mais arrêter cette psychose infantilisante. Personnellement, je n’écoute plus les infos qui tournent en rond et dont on se demande si elles ne sont pas volontairement anxiogènes. De toute façon, je crains fort, à moins d’une solution miracle issue d’une tête chercheuse géniale, que la maladie ne fasse son chemin quand on sortira du confinement sans les moyens appropriés. Car il faudra bien en sortir, sous peine que les dégâts sociaux et psychologiques qu’il induit ne soient plus importants par la suite que ceux de la maladie elle-même. Hou là là ! …Désolé, mais mon optimisme naturel est resté à Disneyland.
Ensuite, la vraie solidarité serait d’enfin réagir contre cette course effrénée à la surproduction et à cette mondialisation mercantile, imbéciles pour l’humanité et suicidaires pour la planète. J’entends beaucoup de voix intelligentes et raisonnables le dire. Mais cela ne pourra venir que des citoyens. Le pouvoir non partagé corrompt, et les " élites " dirigeantes actuelles ne feront rien pour lutter contre ceux qui les ont mis en place. Il suffit d’entendre déjà les propos de certains ministres et autres décideurs influents. Alors c’est à nous de consommer plus intelligemment. Arrêter de gaspiller, privilégier les circuits alimentaires courts et réellement écologiques seraient déjà un bon début pour une décroissance raisonnable. Pour ça il faudrait aussi un partage plus équitable des richesses produites. Vaste programme, me diras-tu ?… OUI ! On peut rêver, il le faut ! Sinon les choses reprendront comme avant, en pire car, entretemps les libertés individuelles auront encore régressé, le bourrage de crâne plus intense, et la solidarité se résumera alors à de la charité organisée comme au XIXe siècle… Encore ce bel optimisme, n’est-ce pas ? Sincèrement, l’heure est au pessimisme positif…. Concept nouveau qu’il faut cultiver comme une qualité pour ne pas s’écraser dans le mur vers lequel on fonce tête baissée.

Comment cette situation impacte-t-elle ton travail ? Est-ce que cela te donne des idées nouvelles.
Si ce n’était mon cas personnel un peu particulier, mon travail de création ne souffrirait pas beaucoup de cette situation. Les auteurs, tu le sais, bossent auto-confinés. Je regrette bien sûr de ne plus côtoyer les amis et la famille et de ne plus pratiquer ni vélo ni tennis. Vélo, qui laisse errer mon imagination, ce que j’appelle la création libre. Tennis, pour taper dans la petite balle jaune. Ça défoule et ça vide la tête. Aller dans les librairies aussi me manque. Restau et ciné, bizarrement moins.
En revanche cette situation va impacter toute la chaîne du livre. Résistera-t-elle à cette crise ? Libraires, éditeurs, auteurs. Tout le monde va souffrir et je crains que certains ne disparaissent. À l’image de notre société, il va y avoir du dégât.
Des idées nouvelles ? Peut-être… Pour une BD militante alors, en rapport avec mon propos. Ça serait cohérent. Une façon de contribuer à ce combat vital, mais en faisant rêver les gens. Eh oui ! L’optimiste revient. Après cette épreuve les lecteurs ne voudront sûrement pas de récits plombants. J’ai toujours considéré que la BD populaire, comme le cinéma du même genre, se devait d’être distrayante, ce qu’on peut faire sans raconter de fadaises. Pour les grandes interrogations métaphysiques ou les introspections nombrilo-psychologiques liées à ce confinement forcé, la littérature s’en chargera, surtout la française. Elle a toujours un temps d’avance sur la BD, même celle qui s’efforce de la suivre vainement.
Allez ! Hauts les cœurs !

Allez, trois autres pages du prochain tome :

Jim

Nouvelle date : 2 juin 2020.

Jim