GOODNIGHT PARADISE (Dysart / Ponticelli)

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GOODNIGHT PARADISE
Auteurs : Dysart, Ponticelli
TKO Comics, 168 pages, 19,95 €
Après Sara et Sentient, titres auxquels vous avez fait un triomphe, découvrez le nouveau bijou de TKO Comics ! Le changement de style est total, puisqu’il s’agit cette fois d’un polar californien, par les auteurs d’Unknown Soldier. Lorsqu’un SDF de Los Angeles découvre le cadavre d’une adolescente, c’est le début d’une enquête sordide…
(Contient les épisodes Goodnight Paradise 1-6, inédits)
SORTIE LE 21 AVRIL

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je vous conseille d’arracher des rayons de votre libraire versaillais préféré ce petit bijou de polar.

Ce coup de coeur est réel aussi bien pour sa partie graphique que pour son inscription sociale au coeur de Venice Beach, à Los Angeles. C’est surtout pour ce second point que mon crush est total.

Avant d’être un polar, Joshua Dysart inscrit son récit dans ce célèbre quartier branché de Los Angeles. D’abord excentré donc populaire, ce voisinage connaît un embourgeoisement grandissant pour devenir cette endroit branchouille que les nouveaux riches s’arrachent. Oui, mais là, vivent une communauté diverse représentée d’artistes, de locaux (ou loco) et de sans-abris. Eddie, le Héros du livre, un sans-abri déboussolé, vivote avec ses potes. Entre bière, drogues diverses, il fait partie d’un monde en voie de gentrification.

Un corps meurtri plus tard, Eddie, qui avait une vie avant celle-ci, souhaite lever le mystère autour de cette jeune fille partie trop vite. Durant les six chapitres, JD fait voguer notre apprenti shérif connu de tous. Quartier sympathique, solidaire, Eddie donne de son restant de cerveau à l’enquête au détriment de son fils essayant de reprendre attache avec lui. Assez triste de prime abord, ce petit monde est effleuré côté face puis découvert lorsque la pièce tombe du côté pile. Là, le lecteur découvre un « monde brulant » autour de vautours gravitant autour de la flambée immobilière et flambée des collines de la Californie.

« Votre monde brûle et vous ne le voyez pas!!! » crie Eddie. Oui, il brûle mais pas pour tout le monde, dirais-je. Mafia, filles, drogues, Eddie découvre l’arrière du décor pourtant si brillant. Etc…

C’est passionnant à lire car c’est écrit vrai ou cela semble bien ancré dans notre réalité. Ce que j’ai aimé avant tout, c’est le propos lattant du scénariste qui offre au lecteur un constat sans moralisation intempestive et qui ouvre une réflexion bien humaine. Cela peut renvoyer chez nous au Canal Saint-Martin, par exemple ou à notre quotidien où l’on ne fait plus attention à l’autre.

Avec JD, on retrouve Alberto Ponticelli que j’avais adoré sur Frankestein avec Jeff Lemire. Il est fantastique dans sa narration et la pose de ses décors.
Néanmoins, je reste moins fan de la colorisation (il y a deux temporalités assez proche dans ce polar et le distinguo est rendu par les ton, bref…) même si le choix artistique opéré est le plus évident.

Sans trop détailler, je vous le conseille vraiment de chez vraiment. La résolution est bonne, les personnages très attachants (surtout le héros) et Venice Beach est un décor merveilleux pour ce Polar (un peu dans la veine d’un Silverlake pour un clochard).

Vraiment, vraiment, prenez le.

Je ne peux qu’abonder, je ne peux rien rajouter de plus que ce qu’a dit notre ami, mais j’insiste sur le fait que c’est un titre à posséder…

C’est gentil, mais il a disparut des rayons