GOTHIC, LA CULTURE DES TÉNÈBRES (Gavin Baddeley)

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[quote=“Amazon”]“Dans notre culture nivelée par le bas, le gothique reste le seul culte jeune pouvant se vanter de posséder une tradition littéraire et artistique qui lui soit propre ; il a survécu aux pièges du sybaritisme qui menacent la jeunesse et s’est transformé en un mode de vie et une esthétique viables. Il ne s’est pas contenté de tolérer la diversité sociale et la déviance, il les a célébrées longtemps avant que la mode n’ait rendu de telles attitudes populaires. Notre monde grisâtre devient de plus en plus homogène et mercantile, alors que le goth exalte l’ésotérique et l’exceptionnel. Sa légèreté, sa théâtralité et son amour de l’occulte en font un affront direct à la culture consumériste engourdie et à la rigide éthique du travail. A ceux qui avancent que porter un intérêt au sexe et à la mort est un peu inquiétant, je riposte que ne pas éprouver de fascination pour ces deux sujets, l’érotisme célébrant la vie et le destin inévitable qui est notre lot commun, est encore bien plus inquiétant. Que peut-il exister de plus captivant que la zone où ces deux forces opposées de l’existence entrent en collision ?” (Gavin Baddeley)

Panorama exhaustif de la culture gothique de ses origines à nos jours, Gothic, la culture des ténèbres explore tous les aspects de ce corpus exquis : cinéma, musique, body-art, mode vestimentaire, bande dessinée, littérature. Illustré par près de deux cents photos et documents graphiques, cet ouvrage est la référence absolue en la matière.

Prix éditeur : 30 euros
Broché: 330 pages
Éditeur : Editions Denoël (5 novembre 2004)
Collection : X-treme
Langue : Français
ISBN-10: 2207256251
ISBN-13: 978-2207256251
Dimensions du produit: 24 x 19 x 2 cm[/quote]

Jim

je l ai trouvé à une librairie qui vend des stocks d invendus à St Jean De Luz!!
Faut que je le lise

Pareil, trouvé d’occaz.
Voilà ce que j’en disais sur une autre conversation :

[quote=“Jim Lainé”]Quand j’ai commencé à collectionner, j’ai aussitôt cherché chez les bouquinistes. Et donc j’étais habitué à surveiller les imperfections. Mais à l’époque (début des années 1980), il n’y avait pas de comic shops et donc pas de back issues. C’était bouquinistes ou rien. Ah si, la bourse aux échanges de Strange. Mais bon, pareil, de l’occasion.
Aujourd’hui, je continue à fouiller dans les vide-greniers, chez les soldeurs, tout ça. Pour du franco-belge, mais aussi du roman…
Ce midi, je suis passé dans une Trocante, et j’ai trouvé deux-trois trucs. Notamment un bouquin sur la culture gothique. Chose rigolote, il y a des conneries de maquette, genre un paragraphe de la page suivante qui se retrouve à la page précédente, en doublon. Et le précédent propriétaire, visiblement agacé, a noté “répétition” au crayon à papier dans la marge. Je trouve ça à la fois amusant et charmant, et je crois que je ne vais jamais l’effacer.[/quote]

Je ne l’ai que feuilleté, pour l’instant. Ça a l’air pas mal. Bien connecté à l’héritage littéraire et cinématographique (notamment la Hammer et le giallo italien, mais aussi les “hosts” télévisuels, genre Vampira ou Elvira…), avec une grosse partie sur la musique, bien entendu. La partie sur la BD est bien moins grosse, mais elle semble, au premier survol, assez intéressante. Je vais picorer dedans.

Jim

J’ai lu la partie BD hier.
Bon, c’est pas mal, mais c’est un peu maigre. Et surtout, c’est bizarrement troussé. Avec des choix étranges, des omissions qui ne le sont pas moins, une progression par grandes ellipses.
Je me suis demandé, en fait, si l’auteur n’avait pas dû raccourcir son texte à l’origine, ou bien si la traduction s’est permis quelques raccourcis (le bouquin contient un avertissement selon lequel il est précisé que cette version a procédé à quelques aménagements pour le public français : de là à ce que ces aménagements dépassent la simple maquette…).
Dans les grandes lignes, c’est pas mal. Les penny dreadfuls, les shilling shockers, les pulps (mais pourquoi seulement Weird Tales ?), les comics… Mais à partir de là, on a l’impression que l’auteur cite un peu ce qui l’arrange. Les EC Comics, par exemple, sont présentés de sorte qu’on a l’impression qu’il n’y a qu’eux en matière d’horreur à l’époque. De même, Batman est évoqué autour de la figure de Frank Miller, mais rien sur la version de Neal Adams, qui pourtant a réinjecté une imagerie gothique dès la fin des années 1960. Et je crois qu’il aurait été intéressant de commenter les deux Batmania, la première vidant le personnage de ses éléments horrifiques mais imposant toute une batterie de symboles et de logos et surtout une esthétique camp (le camp est très important dans le livre), et la seconde réimposant l’architecture néo-gothique de Gotham. Le nom d’Anton Furst n’est pas cité dans ce chapitre, et c’est un manque, je crois. Le retour du fantastique chez les super-héros après 1971 est cité, mais peu contextualisé (les éditeurs cherchaient de nouveaux genres, la blaxploitation et le kung fu en faisaient partie au même titre que l’horreur). Les commentaires sur les productions Skywald, que l’auteur semble tenir en meilleure estime que celles de Warren, sont trop courtes, on aurait aimé qu’il développe. Et pourquoi Spawn n’est nommé qu’à l’occasion d’une légende d’illustration ?
Sans qu’il y ait d’erreurs, on est davantage dans le domaine du “pas assez”, l’équilibre de cette partie est un peu bancal. C’est dommage. Peut-être que la bande dessinée ne fait pas partie des domaines d’expertise de l’auteur (qui semble plus calé en cinéma et télévision, d’après mon impression en survolant ses commentaires sur d’autres trucs). Mais c’est toujours le même principe : si je trouve l’occasion de chipoter sur une partie concernant un domaine que je maîtrise, j’aurais tendance à me méfier des chapitres évoquant des trucs que je connais moins.

Jim