HALLOWEEN RESURRECTION (Rick Rosenthal, 2002)

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Je suis en train de regarder différents films sur mon disque dur (histoire de faire un tri : autant vous dire que j’en vire, des trucs), et je me replonge dans quelques déclinaisons de Halloween.

Cet Halloween Résurrection, malgré la faiblesse de plein de trucs (notamment les acteurs qui, à leur décharge, n’ont pas des dialogues formidables à jouer), possède quelques bonnes idées.
Bon, le postulat est connu : un producteur de télé réalité médiocre mais ambitieux projette de filmer une nuit passée dans la maison de Michael Myers. Structurellement, c’est intéressant, parce que ça combine le gros cliché des vacances dans une cabane dans les bois à l’univers des slashers. En soi, c’est un gros clin d’œil (le film en regorge, de Blowout à Massacre à la Tronçonneuse). D’autant plus intéressant que ça parle de télé, donc de regard et de voyeurisme, et que ça crée une mise en abyme intéressante avec le spectateur qui se délecte de morts en tout genre. De même, l’intégration du portable dans l’intrigue est plutôt pas mal, classique, mais efficace, dans le genre “ne te retourne pas, il est derrière toi”. En bref, ça parle du cinéma comme art du factice. Tout ceci participe à une mise en scène des rapports réalité / fiction, et à de la mythification du mal, Myers étant devenu une sorte de légende urbaine dont le prestige est inversement proportionnel à l’impact et à la nocivité, en quelque sorte.
Cependant, le film s’ouvre sur l’évasion de Myers et la mort de Laurie Strode. Et ça amène plusieurs réflexions. Notamment que, avec la disparition de l’une des héroïnes fondatrices du genre, le film retombe dans l’anonymat du genre. La mort de Laurie, c’est un peu la coupure du cordon ombilical, l’émancipation par rapport au modèle. Mais en soi, le film démontre qu’il ne vole pas de ses propres ailes. Peut-être est-ce là son réel discours, justement : une fois que la figure centrale disparaît (fondue et diluée dans le mythe ?) et qu’elle devient sujet de fiction, elle perd de sa pertinence, de sa force ?
Bon, en soi, c’est pas un mauvais film. C’est un film assez standard. Ce qui en fait une déception, c’est peut-être le contraste entre l’ambition induite par l’évasion initiale (faire table rase de l’univers carpenterien et moderniser) et le résultat, somme toute très convenu.
Reste quelques scènes frappante tournant autour du voyeurisme et du sadisme du spectateur. Trop courtes, mais frappantes.

Jim