HARITI t.1-3 (Igor Szalewa / Nicolas Ryser)

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Conte africain (inspiré d’un réel échantillon de folklore ou pas, je l’ignore…) évoquant la quête de la maternité, la folie du pouvoir et le péché d’orgueil, Hariti se lit assez rapidement, tant la narration donne de l’importance aux décors et aux personnages, vivants et contorsionnés.

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La Reine Hariti veut un enfant. Elle a déjà le pouvoir et le respect, mais estime qu’elle n’est pas une femme accomplie. Elle fait donc tout pour donner naissance à une héritière, allant jusqu’à manipuler un marchand arabe et sa fille afin de les emprisonner dans un havre de verdure. La jeune femme y accouche d’une petite fille que la reine dérobe et emporte en son royaume.

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Bien entendu, les choses ne se passent pas comme prévu et quand l’enfant grandit et devient une séduisante adolescente, elle attire l’attention de Faro, un jeune homme qui n’a pas encore passé le rite d’initiation à l’âge adulte. L’amour de deux jeunes réveille le courroux de la reine…

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Je ne connais pas tellement le travail d’Igor Szalewa, dont je crois n’avoir lu que cette trilogie, publié dans la collection “Graphica” de Glénat. Son travail, ici, est assez déroutant : il n’écrit pas de récitatif mais se contente de donner aux personnages des dialogues très poétiques, qui renforce la dimension de conte du récit, son aspect irréel. L’ensemble prend donc les allures d’un fable, pleine de couleur et de magie.

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Au dessin, Nicolas Ryser, qui, depuis lors, a travaillé avec Jean-Blaise Djian sur Les Derniers argonautes, livre ici des planches aux palettes violemment contrastés. Il opposent des personnages secs et décharnés, incarnant la stérilité et la méchanceté, à d’autres représentant la vie, aux corps pleins et ronds. Il y a un quelque chose de Corben dans son travail, sans doute dû à la générosité des formes des héros positifs, et aux couleurs tranchées.

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Fable à la fois lointaine et proche, Hariti demeure une expérience de lecture plaisante, mais déconcertante.

jim