HEAVY METAL (Grant Morrison)

Après avoir racheté le label Heavy Metal (pendant américain du collectif Métal Hurlant) à Kevin Eastamn (Teenage Mutant Ninja Turtles) au début de l’année 2014, les copropriétaires David Boxenbaum et Jeff Krelitz (Chew) viennent de sacrer le scénariste Grant Morrison en tant que nouveau rédacteur en chef du célèbre magazine.

Une place à laquelle, d’après les premières informations divulguées par le site EW, le célèbre auteur de Doom Patrol, Les Invisibles, Batman R.I.P. ou encore** New X-Men** devrait consacrer ses deux prochaines années.

Il semblerait même qu’il ait déjà pris contact avec deux de ses habitués, les dessinateurs Chris Burnham (Nameless) et Frazer Irving (Annihilator), pour produire personnellement quelques uns des récits que proposera le magazine d’ici février 2016.

[size=200]COMMENTAIRES DE L’ÉQUIPE CRÉATIVE[/size]

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Le site de l’éditeur: heavymetal.com

Hmmm c’est bon ça.

Ouais, Grave.

Je me demandais vraiment ce qu’il allait faire après la bombe intersidérale qu’est Multiversity. :wink:

Le premier nouveau titre publié par Heavy Metal sous la gestion de Grant Morrison sera Interceptor de Dony Cates (Ghost Fleet, The Paybacks) et Dylan Burnett. Si l’on en croit les deux auteurs, il s’agit d’un hommage outrageux et légèrement ridicule aux films de Kurt Russell.

http://imageshack.com/a/img905/6323/oYPjmB.png

[quote=“Donny Cates”]I’ve wanted to do a book about Vampires my entire life. I LOVE vampires. Love em! But, yeah….what else is there really to be done with them that hasn’t been done? I was talking about this with a friend of mine over dinner and he kind of challenged me to tackle it, to come up with something new. I forgot about it for a while and then one day I was going through an old notebook and there it was. Written in this old notebook was this: “After the bombs fall and the sky is blackened for centuries, that’s when the Vampires come out. That’s when they evolve.”

I have no idea when I wrote that or why but it lit everything up in my head again. I started thinking about that world. What it would look like, how it would operate. Out of all of that, came Interceptor. My weird little sci-fi future space vampire story.

The heart of the story lives inside of a little rebel girl named Weep. It’s her story. We see things through her eyes from the moment the Interceptor ship lands in her backyard to the moment the mech suit spools up another hurricane of white-hot ultraviolet death.

Oh yeah, did I mention there are mech suit fights against highly sophisticated high-tech Vampires in future jets? This book is a lot of fun.[/quote]

[size=200]INTERVIEW DE L’ÉQUIPE CRÉATIVE[/size]

[size=150]INTERVIEW DU SCÉNARISTE GRANT MORRISON[/size]

[size=150]INTERVIEW DU SCÉNARISTE GRANT MORRISON[/size]

[quote]Heavy Metal #278

Story by Pepe Moreno
Art by Pepe Moreno
Cover by Pepe Moreno
Publisher Heavy Metal
Cover Price: $7.95
Release Date Dec 30th, 2015

Set in NYC in the 1980’s, Gene Kong is the tale of Eugene Wong, a biogenetics engineer, whose secret backroom experiments have out him far ahead of his colleagues. Sick of the crime and degenerates who have taken over New York, Gene dreams of the day he can clean up his city. Gene, being of small stature and no fighting skills, decides to take things into his own hands and begins injecting himself with the altered DNA of a gorilla. Nothing seems to be happening until one fateful night on a subway train when Gene is accosted by a bunch of hoodlums, his anger somehow ignites these Frankenstein chemicals into action. Let the underworld of NYC beware!

Artist Pepe Moreno was living in the east Village in the 1980’s and would just take a subway ride and his sketchbook when he needed a character for a story. Many of the background extras, as well as speaking characters are based on real people from the neighborhood at that time.

Part 1 of Gene Kong will be in Heavy Metal #278 on sale this Wednesday, and also featuring the debut of Sideshow Collectibles Court of the Dead. The story continues in Heavy Metal #279 which ships Feb. 2016.

Heavy Metal #279 will also feature a special limited edition Gene Kong two-sided variant cover that will be available exclusively at heavymetal.com in Feb. 2016.[/quote]

Source: www.comicbookresources.com

A l’instar de son chouchou Gerard Way, le scénariste Grant Morrison fait ses débuts en tant que responsable éditorial sur Heavy Metal #280 :

[quote]Heavy Metal #280

Story by
Grant Morrison, Various
Art by
Various
Cover by
Ron English, Mozchops, Gail Potocki
Publisher
Heavy Metal

Cover Price:
$7.95
Release Date
Apr 27th, 2016

The curtain hits the cast on the debut of newly crowned Editor-in-Chief Grant Morrison’s Heavy Metal debut! The legendary writer has plenty of surprises up his sleeve, with announcements to be rolled out in the weeks leading up to release of this landmark issue! [/quote]

Source : www.comicbookresources.com

C’est seulement dans une semaine que les lecteurs découvriront Heavy Metal #280, le premier numéro parrainé par le nouveau rédacteur en chef qui n’est autre que Grant Morrison lui-même !

Voici comment le scénariste écossais décrit le processus de travail :

[quote]*“Soyons honnête, je ne me tue pas à la tâche [rire]. Il y a quelques éditeurs qui m’envoient des trucs. Je reçois donc un énorme colis de matos, puis ma femme Kristan et moi buvons un peu de champagne tout en sélectionnant les histoires. C’est très amusant mais c’est les autres qui font le plus gros du boulot en s’assurant que tout soit prêt à temps. Surtout que la rédaction de “Heavy Metal” reçoit de nombreuses propositions d’auteurs.”

“Ce que je fais surtout c’est suggérer un thème pour chaque numéro. Une fois qu’on a un thème, on commence a structurer le magazine. Ce qui est sûr, c’est que nous proposons des histoires que vous ne verrez nulle part ailleurs. Je suis un lecteur de mainstream qui reçoit régulièrement ses comics de chez DC, je suis donc habitué à un certain standard des comics. C’est libérateur de voir travailler des auteurs internationaux qui ont une autre manière de concevoir et de raconter leurs récits. Nulle part ailleurs je n’aurais pu lire ‘Salsa Invertebraxa’ de Mozchops, mon comic favoris en ce moment. C’est sur des insectes – mais c’est magnifique et tellement unique. Vous ne trouverez jamais ça chez Marvel et DC, ou même chez Image. …] C’est ce qui est tellement gratifiant pour moi, découvrir des comics comme ‘Salsa Invertebraxa’ que je n’aurais jamais lu habituelement.”*[/quote]

Précisons que Grant Morrison proposera au moins une histoire pour chaque numéro de Heavy Metal. La première s’intitule Beachhead et est illustrée par Ben Marra.

Pour connaitre le reste du programme, voici un extrait du numéro en question :

[size=200]INTERVIEW DE GRANT MORRISON[/size]

[quote]Heavy Metal #281

Story by
Mozchops, Stoya, Enki Bilal, Jamaica Dyer , Dean Haspiel , Ryan Heshka , Erika Lewis , Ed Luce , John Mahoney , Grant Morrison , Edgar Roggenbau
Art by
Mozchops, Chris Achilleos, Enki Bilal, Kevin Eastman , Ryan Heshka , Jason Levesque , John Mahoney , Benjamin Marra , Luis Royo , J.K. Woodward [hide…]
Cover by
Chris Achilleos, Kevin Eastman, Luis Royo
Publisher
Heavy Metal

Cover Price:
$7.95
Release Date
Jul 13th, 2016

MATURE READERS

Grant Morrison continues his run as Heavy Metal’s new Editor-In-Chief with his ongoing story, The Smile of the Absent Cat, and his new story for issue #281, DAX, drawn by HM’s publisher, Kevin Eastman! Also continuing are Eniki Bilal, Erika Lewis, and J.K. Woodward’s The 49th Key, Mozchops’ irreverent insect opus, Salsa Invertebraxa, and much more!
[/quote]

Source : www.comicbookresources.com

En plus de son implication en tant que rédacteur en chef, le scénariste Grant Morrison continue d’écrire de temps à autre pour le magazine Heavy Metal.

La preuve avec sa dernière interprétation, Savage Sword of Jesus Christ, qu’il présente comme la suite idéologique de l’un de ses récits les plus contestés : The New Adventures of Hitler (1990).

L’auteur écossais y pousse à son paroxysme l’idée développée par les nazis pour le projet “Christianisme Positif”. Paroles :

[quote=“Grant Morrison”]*“Ce n’était pas une idée de Gobels et Hitler n’était pas particulièrement croyant, mais les deux hommes ont perçu la nécessité de s’approprier la religion de la même manière que les romains lorsqu’ils ont envahi la Grande Bretagne, prenant le contrôle des Dieux locaux pour en faire des Dieux romains. L’une des premières choses à faire si vous voulez dominer un peuple c’est de prendre le contrôle de leurs rêves, de leurs mythes et de leurs histoires. Les nazis n’ont pas été aussi loin que de présenter Christ le barbare - ça c’est mon innovation. Tout ce qu’ils ont fait, c’est suggérer que Christ était un aryen, qu’il ne venait pas du moyen-Orient mais du nord de l’Europe, qu’il était blond aux yeux bleus et bien plus proactif et violent.”

…]“Il y a des théories qui veulent que Jésus survécut à la crucifixion, partit en Amérique du sud où il se fit connaitre comme Kukulcan, le serpent à plumes issu d’une légende Mayenne sur un homme barbu et blanc ayant traversé l’océan. Bizarrement, cette même histoire est reprise dans Conan le barbare qui fut lui-aussi crucifié lors d’une de ses aventures* [Ndr : Une sorcière viendra au monde !, 1934]. *C’était trop bien emballé, surtout lorsqu’on considère l’imagerie véhiculée par Heavy Metal, pour ne pas combiner ces notions de Conan et Jesus.” *[/quote]

Vous pouvez lire la suite de l’interview de Grant Morrison : ici.

Savage Sword of Jesus Christ, confié aux crayons des frères Molen, ainsi que Myhtopia, autre récit de Grant Morrison illustré par Kevin Eastman et Bill Sienkienwicz, paraitront le 28 décembre dans Heavy Metal #284.

Ça pique un peu les yeux, tout de même.

[size=150]The Savage Sword of Jesus Christ[/size]

…. **[size=150]C[/size]**ontrairement à Norman Spinrad au début des années 1970, Grant Morrison n’a pas fait émigrer son Adolf Hitler aux Etats-Unis, mais comme le romancier américain, il en a fait un auteur d’heroic fantasy.
Sauf que sous la tutelle du scénariste écossais, Hitler invente « The Savage Sword of Jesus Christ » à ses moments perdus.

Et dans la deux cent quatre-vingt-quatrième livraison du magazine Heavy Metal, ce moment perdu précède de peu l’idée d’envahir la Pologne.

Selon le scénariste, et actuellement rédacteur en chef de la revue étasunienne en question, c’est donc en faisant des recherches pour l’un de ses précédents projets (The New Adventures of Hitler), paru en 1990 dans la revue de BD britannique Crisis – dont « The Savage Sword of Jesus Christ » serait une suite – qu’il a découvert le « christianisme positif ».
Un christianisme conforme à l’idéologie nazie, qui apparaît dès 1920 dans le programme du DAP allemand, que pour sa part Morrison, en bon magicien du chaos qu’il est, assimile à une OPA sur une mythologie concurrente.
Une manière de contrôler les croyances et l’imaginaire collectif de ses ennemis en en prenant le contrôle.

…. Or donc Jésus, puisque c’est de lui qu’il va s’agir, est dans cette étrange aventure, un Messie nordique brutal, violent & bodybuildé.
Si le titre de L’histoire de 8 pages dessinée par les Frères Molen fait expressément penser au magazine en N&B de la Marvel alloué dès 1974 au personnage le plus connu inventé par Robert Ervin Howard, la place du texan est ici occupée par Hitler et Joseph Gobels. On a connu meilleure compagnie.

Et celle de Conan par ce Jésus viriloïde, qui doit plus sa carrure aux versions de Frank Frazetta, John Buscema ou encore Arnold Schwarzenegger qu’aux écrits du bouillonnant *pulpster *de Cross Plain.

Si en 1974, pour Alain Dorémieux, Rêve de Fer, le roman de Spinrad est « une parodie énorme, à la fois délirante et logique, de toute l’heroic-fantasy, de tout ce qu’elle contient de fascisme larvaire, de pulsions guerrières, d’images nietzschéennes du surhomme et de la race dominatrice » ; il est pour moi encore trop tôt pour ne serait-ce avoir un aperçu de ce qui motive Morrison dans cette entreprise.
(Toutefois je peux d’ores & déjà dire que je ne partage pas l’avis de Dorémieux sur l’heroic fantasy tel qu’il l’exprimait alors)

Ou peut-être, à l’instar d’un J.R.R Tolkien du XXIème siècle, Grant Morrison veut-il réhabiliter l’héritage de ce « *noble esprit du Nord *», cette « contribution suprême à l’Europe » que le nazisme a « ruiné, perverti et rendu à jamais maudit » pour le dire comme le célèbre auteur du Seigneur des Anneaux ?

J’ai peine à le croire au vu des premières pages de l’entreprise.

D’autant que si ce n’était justement Morrison au scénario je me serais contenté de ce seul essai de 8 pages.
Les choses étant ce qu’elles sont, je vais sûrement lire le prochain Heavy Metal par curiosité, et voir si quelque chose d’intéressant en sort.

Pour l’instant ce n’est pas gagné.