Je vous ai déjà raconté l’histoire de ma petite qui voulait faire pipi pendant que j’étais chez une bouquiniste ?
Alors, ce n’est pas avec une seule BD que je devais repartir, mais avec deux. Fallait au moins ça pour la remercier du dérangement.
Et donc, je suis tombé là-dessus, pour une petite somme (du genre brocante), et j’étais bien content.
10 histoires courtes, sans aucunes bulles, au style un peu burlesque. D’ailleurs, les premières rappellent beaucoup le cinéma muet je trouve. L’humour est noir et absurde (surtout au début), parce qu’après, c’est essentiellement de l’humour noir .. excepté pour le facteur à la toute fin (mais c’est sur leur légende que s’appuie l’histoire, donc forcément).
En tout cas, le duo Trillo/Mandrafina se montre bien à l’aise pour exécuter ces récits qui ne nécessite absolument pas de bulle (même pas un idéogramme). Le dessin de Mandrafina est dans la pure tradition argentine avec ces gros noirs (qui ne tâche pas) , mais qui ne prennent pas tant de place que ça, car son trait est quand même fin, quand cela le nécessite (notamment avec la danseuse).
J’ai repris ma lecture (je dois avouer que ma première lecture doit remonter à très longtemps, parce que je ne me rappelle même pas quand j’ai acheté l’album…).
La préface, je l’ai trouvée assez décevante à bien des égards : je ne la trouve pas bien écrite (ou pas bien traduite, peut-être), et très répétitive. Et surtout, je trouve qu’elle passe à côté de la spécificité de ces histoires, et de leur caractère fantastique, surnaturel, voire surréaliste (la troisième, avec la statue, me semble représentative de cette tendance, notamment les décors de ville, de plus en plus décalés, disproportionnés, comme des décors démontés).
Graphiquement, c’est bien entendu virtuose. Une belle ligne épurée avec des pleins et des déliés. Mandrafina m’évoque plein d’autres choses, mais que je n’identifie pas. Je me dis qu’il a peut-être composé les lectures de plein de dessinateurs que j’ai lus entre-temps (je me dis que Tim Sale connaissait peut-être).