HULK PAR BRUCE JONES t.1-2 (Jones / Collectif)

C’est marrant que vous parliez de Tolkien, oui, j’ai relu les nouvelles traductions et franchement, c’est juste les noms qui ont été changés/revus (Frison Sacquet est devenu Frodo Bessac ou Fondcombe devient Fendeval, par exemple) - c’est ce que Tolkien aurait voulu je crois car il avait tout pensé en écrivant le « Nomenclature of the Lord of the Rings » où il est précisé l’origine des noms propres et où il est indiqué les différents façons de parler des personnages…

On a aussi la nouvelle traduction de The Watchmen que je n’aime guère car je trouve que la version de Jean-Patrick Manchette correspond le mieux à cet univers… (Oui j’ai les deux versions, étant curieux de connaître la nouvelle traduction…)

Donc comme je disais, être traducteur n’est pas un métier simple… Traduire une œuvre tout en gardant fidèlement l’original, pas évident de paraître exact, de calquer sur l’original… Beaucoup font de la traduction libre… Que de la traduction fidèle… Donc je peux reconnaître que ce n’est pas évident… Et ne lisant pas très bien l’anglais, je ne pourrais pas faire de comparaison et je suis loin de pouvoir donner mon avis! :grin:

Édit : quand j’écris « ne lisant pas très bien l’anglais », c’est dans le sens des subtilités de cette langue.

Je crois qu’il n’y a qu’une traduction, celle de Manchette.
Le reste, ce sont des erreurs oubliées par l’histoire.

À preuve, Urban a repris celle de Manchette (avec quelques aménagements).

Jim

Y a une version équestre du SdA ? :laughing:

En même temps, c’est l’exemple-type - peut-être de paire avec la traduction de Watchmen que tu évoques - qui revient dès qu’on parle de traduction dans les sphères « geeks » !

Je n’ai pas encore pris le temps de lire la nouvelle traduction, mais pour avoir lu aussi bien des interviews du nouveau traducteur Daniel Lauzon, du grand coordinateur des traductions Vincent Ferré (spécialiste français de Tolkien devant l’éternel) et des avis de lecteurs, c’est bel et bien une toute nouvelle traduction qui a été opérée sur les livres : une nouvelle approche du récit de Tolkien avec un style différent de celui de Ledoux, avec comme grand changement majeur un soin particulier donné aux chansons et poèmes. C’est d’ailleurs parce qu’il s’agit d’une toute nouvelle traduction (et non d’une simple version revue et corrigée) que Lauzon n’a pas eu le droit d’utiliser les choix faits précédemment par Ledoux pour les nomenclatures, quand bien même celles-ci étaient pertinentes (et maintenant ancrées dans l’esprit du plus grand nombre via les films).

Oui, un comble, surtout que Tolkien était francophone ! Que de querelles linguistiques que l’on se serait peut-être épargnées si son souhait avait été réalisé (mais pour le coup, il n’y a aucune pierre à jeter sur le traducteur vu qu’il me semble que personne ne lui a jamais parlé de ce guide).

La fameuse traduction de Panini a fait une « vache de valdingue » du coup !

T’inquiète. Blackie a un dico d’un univers parallèle et il s’en sort presque toujours.

Alors non. Comme le dis Marti, il y également (et surtout je dirais) un travail considérable effectué sur les chansons et les poèmes. Il y a également des tournures beaucoup plus travaillé, des coquilles corrigés et un gros travail de cohérence dans le vocabulaire et les noms pour tout l’oeuvre de Tolkien. Quand Lauzon et Ferré font cette nouvelle traduction, il ne font pas « que » traduire Le Seigneur des Anneaux, ils traduisent un livre qui est inclus dans un corpus littéraire en train d’être totalement proposé en France.

Oui je crois que je me suis mal exprimé pour la traduction du seigneur des anneaux et de Bilbo le Hobbit, tout a été revu et réécrit, même la façon de communiquer de chaque personnage, mais voilà, je ne vais pas répéter ce que j’avais écrit plus haut, j’ai juste mis en valeur cette partie en oubliant les parties poétiques, etc. - oui, il y a eu un long travail qui a duré des années pour arriver au final à une œuvre qui se rapproche le plus à l’original.

Mais là où je voulais en venir, c’est comme par exemple, Black Panther, auparavant, il a été traduit en Panthère Noire et même on a eu droit à Pantherman, avant dans les publications d’Aredit/Artima… Le traducteur n’a pas toujours des consignes ou des règles à respecter sous ses yeux… Il doit savoir faire des choix, ce n’est pas simple… On a constamment des corrections et des recorrections au fur et à mesure dans le temps… On évolue, on finit par trouver ce qui est le plus adapté

Cette discussion m’amène à poser une question : pourquoi privilégiez vous la vf ?

Mis à part les personnes qui ont un niveau de la langue étrangère très insuffisant j’entends.

Je trouve justement super intéressant de découvrir de nouveaux aspects d’une culture grâce aux références, à la manière de jouer avec la langue etc… quitte à devoir faire un effort.

Je suis d’ailleurs plus généralement gêné par une traduction que par une incompréhension de la langue d’origine. (Je ne me suis jamais remis du Zé Rikiki de la cité de Dieu et n’est pas pu passer les premières pages en français).

Fut un temps, ce qui etait trouvable en vf l etait considérablement moins cher qu en vo.

C est toujours moins cher mais beaucoup moins considérablement.

A l’époque des kiosques oui. Mais pour tout ce qui est relié je trouve généralement moins cher en v.o

Ah bon ? En vo ?

Le même materiel en tpb ou en vf relié est pourtant quelques euros moins cher en vf et dans une édition de bien meilleure qualité le plus souvent.

Livre ou bd, la qualité du savoir faire français est selon moi mondialement incomparable.

Je m’en sors généralement pour au pire le même prix. Après je recherche pas forcément les éditions haut de gamme, à part quand je suis sur de relire plus tard.

Par exemple, j avais commencé les dawn of x en vo et lorsque j ai vu que la vf avait le même format je suis passé a la vf. Là je me tâte de repasser à la vo pour ne prendre que les tpb x men, les autres series ne m interessant que peu.

Il y a plein de serie dont j ai une parti en vo une autre en vf selon ce qui était le plus accessible a l epoque de l achat. Surtout ces dernières années où l offre vf c est considérablement diversifié.

Lorsque je vois les sandman en vf, j ai presque un regret de les avoir en vo du fait de la qualité de l édition. Mais je ne suis pas collectionneur au point de me faire des doublons juste pour la qualité du support.

Les dawn of x je les suis en v.o et ça me coute quelques centimes de moins pour le coup.

Après j’aime beaucoup le format TPB de base.

Mais hormis le côté édition, je compare ça à un film. Je me vois mal regarder en film en doublé, en sous titre éventuellement. Et encore on voit souvent que c’est une reprise de la VF et donc avec une adaptation…donc on entend quelque chose et en lit une autre

hahaha.

Jim

Prix et parce qu au fond j aime bien la VF car quand même en VO je laisse passer des détails sur la forme qui s avere souvent interessant à percevoir .
Par exemple, la trad de Nikolavitch de Swampie m a ouvert les yeux sur une forme de poésie que j avais peut etre moin perçu au départ en VO… Y a aussi des trucs comme promethea que je tenterais pas en VO
Apres avec le numerique je passe quand meme pas mal à la VO (prix)

Oui pour la traduction de Watchmen, voici les noms :
Jean-Patrick Manchette pour les éditions Zenda et Delcourt, Geneviève Coulomb pour les éditions Panini Comics. :wink:

et Urban aussi pour Manchette.
Il n y a que Panini et Aredit qui aient une autre trad en VF

Le cas de la traduction des noms de code a pas mal évolué avec le temps : on passe d’un rejet total de tout ce qui sonne anglais (ou "pas français) dans les années 40, comme le fameux cas de Clark Kent/Superman qui devient Marc Costa « l’Hercule moderne »/Yordi, mais qui n’est pas isolé car on a Bruce Veyne (Bruce Wayne), Guy L’Eclaire (Flash Gordon) et autres Scarabées d’acier (Blue Beetle) !
A partir des années 70 il y a toujours ce rejet de l’anglicisme, mais un peu moins prononcé quand même (on n’a plus les bizarreries des patronymes, hormis peut-être l’étrange cas Red/Reed et Sue/Jane chez les FF), mais j’ai l’impression qu’on est davantage d’offrir au lecteur des personnages aux nos qui signifient quelque chose pour eux que d’un simple rejet de la langue anglaise, on a d’ailleurs des persos comme Iron Man ou Hulk qui vont garder leur nom VO.
En France, on peut dater un tournant très important pour les traductions Marvel : Panini a profité de l’arrivée en 2013 des titres Marvel Now! en France qui s’accompagnait d’un relaunch de tous les magazines pour revoir sa copie, à la fois pour corriger quelques bizarreries (Red/Reed et Jane/Sue donc, mais aussi Yellowjacket qui passe du très médiéval Pourpoint jaune à Frelon, ce qui fait sens quand on sait que le yellowjacket est une variété de guêpe américaine qui se rapproche du frelon mais qui n’a semble-t-il pas de nom francisé) mais aussi pour s’aligner sur les choix fait dans les films du Marvel Cinematic Universe qui cartonnent alors, avec en tête le film Avengers où il a été décidé que le nom de l’équipe et de certains membres (Hawkeye et Black Widow) ne seraient à présent plus traduits. Il doit y avoir des raisons marketing derrière, même si j’ai l’impression que dans certains pays cette politique n’est pas appliquée partout, en Espagne le film est intitulé Marvel: Los Vengadores et l’équipe garde son nom espagnol dans le métrage. Panini a étendu cette décision à d’autres persos : adieu donc aussi à l’Homme-Fourmi et Oiseau Moqueur, place maintenant à Ant-Man et Mockingbird !

Pour ma part pour plusieurs raisons :

  • La confort de lecture, même si j’ai une lecture plutôt fluent de l’anglais (surtout pour les titres mainstream) et que rechercher des termes que je ne connais pas est un petit plaisir pour ma culture, il m’est toujours plus facile de lire dans ma langue de tous les jours (et en plus on a de chouettes traducteurs !).
  • Le prix : au moins sur les kiosques on reste toujours gagnant sur la VO, et en plus j’achète beaucoup en occasion, donc même pour la librairie c’est plus intéressant.
  • Pour soutenir ce pan des sorties librairies : je me vois mal pouvoir râler que des séries que j’apprécie s’arrêtent en cours de route, voire ne sont pas traduites, si je ne participe pas à l’effort de guerre.
  • Raison bonus : c’est plus facile à prêter aux quelques copains occasionnellement curieux si c’est en VF ! :wink:

Voilà, tout dépend ce que tu recherches, mais ça dépend aussi des éditeurs : pour Marvel, DC ou Image on peut avoir des TPB correspondants en gros à la VF (et si on ne regarde pas forcément la qualité, le format…), mais c’est moins vrai pour les petits éditeurs, et je ne parle même pas de feu nos kiosques adorés ou même les softcover qui les remplacent maintenant qui restent plus avantageux pour le rapport quantité/prix malgré les augmentations de prix. Et, je me répète un peu, si on veut amoindrir les coûts en lorgnant sur l’occasion, ce sera plus facile de trouver en France de la VF, sans oublier que pour la VO neuve (voire occasion si on les prend à l’étranger) les frais de port peuvent alourdir la note.

Qui a signé celle d’Arédit ?

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Aredit n a jamais donné le nom de ces traducteurs… c etait avant que Semic le fasse (puisque c etait Lug à l epoque)…
Bref on avait pas ce genre d infos.

Là encore, tout dépend de la langue. Je ne comprends bien à l’oreille que l’anglais, et même si je comprends un peu d’espagnol, d’italien voire d’allemand, je pense que je ne pourrais pas regarder un film en VO sans sous-titre, car trop de choses m’échapperaient. Et il y a toutes les langues que je ne parle pas, où même des sous-titres (a fortiori de qualité) ne permettraient pas d’avoir une expérience comparable. Du coup, je me rabats sur des versions doublées, et en soi, si le boulot est bien fait, je n’ai rien contre par principe.
C’est comme la BD : j’ai plein de trucs en anglais, donc aucun problème, en italien (et je me remets à lire cette langue, histoire de décrasser un peu mes neurones), en espagnol, un peu en allemand et en néerlandais (et là, c’est nettement plus difficile). Mais un truc en grec, en japonais, en russe, je serais bien incapable de le lire…
Pour en revenir au doublage, j’ai grandi à une époque où le doublage, surtout pour les films, était de qualité. Des films comme Les Dents de la mer, si je le vois en VO, c’est cool, mais il me manque un truc. Mais les années 1970 et 1980, en la matière, permettaient plus de libertés aux traducteurs, adaptateurs et doubleurs. On a tous en tête une réplique qui pète et qui, en fait, s’éloigne du texte d’origine (le truc qui me vient en tête, c’est celle du héros dans L’Inspecteur Harry, quand on lui demande, après avoir précisé qu’il déteste tout le monde, ce qu’il pense des gens d’origine hispanique - alors qu’il y a un jeune policier concerné dans le groupe - et qu’il répond « especially spics », qui devient en français « les pires de tous les métèques ». Ou encore la scène de Tuco dans son bain, dans Le Bon, la brute et le truand : « When you want to shoot, shoot. Don’t talk » qui devient « Quand on veut tirer, on raconte pas sa vie ». Dans les deux cas, on a des versions qui s’éloignent du texte d’origine, qui ne collent pas toujours au lipsync (surtout dans le cas d’Eastwood qui murmure et dont la bouche ne bouge pas tellement), mais qui axent leur travail sur la caractérisation des personnages.) C’est plus free style, certes, mais ça sert considérablement la narration.

Dans les années 1970, Marvel était distribué entre deux éditeurs VF, Lug et Arédit, qui avaient des versions différentes des personnages : La Sorcière Rouge / La Sorcière Écarlate, Veste Jaune / Pourpoint Jaune (les deux sont des erreurs de traduction, au demeurant), Le Fauve / La Bête, Deathlok / Cyberman, etc. On peut imaginer qu’ils ne discutaient pas entre eux et ensuite qu’ils n’avaient pas envie de s’aligner sur le voisin.
Ensuite, quand Lug a vu la concurrence disparaître, leurs traductions se sont imposées, et une partie des lecteurs est ensuite passée parmi les professionnels.
Et effectivement, on assiste depuis quelques années à une généralisation des noms anglais, ce que je trouve parfois un peu contre-productif : certains personnages ont pour nom une fonction (à la « Tinkerer / Bricoleur »), ce qui risque d’occasionner des clins d’œil ou des jeux de mots dans les dialogues. Je suis toujours favorable à traduire un max de choses, afin, toujours, de susciter chez le lecteur VF les mêmes compréhensions et réactions que chez le lecteur VO. Mais ce n’est toujours la tendance.

Jim

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