IMITATION GAME (Morten Tyldum)

[quote]DATE DE SORTIE FRANCAISE

28 janvier 2015

REALISATEUR

Morten Tyldum (Headhunters)

SCENARISTE

Graham Moore

DISTRIBUTION

Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Mark Strong, Matthew Goode, Charles Dance, Rory Kinnear…

INFOS

Long métrage britannique/américain
Genre : biopic/drame
Titre original : The Imitation game
Année de production : 2014

SYNOPSIS

Le destin tragique d’Alan Turing, le mathématicien anglais qui aida à percer le code de l’outil de communication des Allemands durant la Seconde Guerre mondiale : la machine Enigma.[/quote]

La bande-annonce :

https://www.youtube.com/watch?v=S5CjKEFb-sM

Un sujet en or, une histoire bouleversante, un acteur actuellement parmi les plus impressionnants sur petit et grand écrans : ça peut donner quelque chose de chouette, ne serait-ce la tendance globale des biopics à écraser leur potentiel par une recherche excessive de souffle romanesque pré-fabriqué.

Pas vu “Headhunters”, par contre. C’est bien…?

Mais, toi, tu n’es pas client de biopics, aussi…
:wink:

Jim

Oui, je l’avoue… Je manque d’objectivité en la matière.
J’aime bien “Man On The Moon” de Milos Forman, quand même, le biopic sur Andy Kaufman.

Bon, alors je l’ai vu.
Premier film en salle de l’année, et après Exodus, le troisième Hobbit et je sais plus trop quelle autre emmerdation qui ont conclu l’année précédente (je crois que c’est Interstellar), ça fait du bien de voir un film qui tient son sujet de bout en bout, qui ne roule pas des mécaniques, qui propose une construction ambitieuse, et qui au final parvient autant à émouvoir qu’à divertir.
Le sujet, on le connaît, est passionnant : histoire de guerre, histoire d’espionnage, histoire de technologie, le tout avec du drame humain et la grande Histoire derrière la petite. Donc déjà, postulat fort.
Après, si l’on sent une volonté de rendre romanesque et palpitante une tranche d’histoire qui repose beaucoup sur l’attente, la patience, la désillusion (mes souvenirs de lectures d’évocations biographiques de Turing me laisseraient dire qu’ils ont un peu brodé plusieurs intrigues en même temps, concentrant tout Bletchley Park dans une seule grande pièce…), il y a un vrai souffle qui est tout à l’honneur de ce film. Après tout, pour paraphraser Alan Moore, la réalité est une illusion hautement documenté, alors que la fiction affirme tout fort “je suis un mensonge”. Partant de ce postulat, on peut regarder le film comme une intrigue d’espionnage en chambre, et c’est une machine très bien huilée.
La construction narrative, qui alterne un “présent” avec deux passés, est parfaitement équilibrée, ne requérant aucune béquille : c’est facile à suivre, malgré la volonté de ne pas faire linéaire. Splendide.
Il y a peu d’effets, mais à chaque fois, ils sont percutants. J’en ai un en tête, la transition des torpilles à la clope écrasée dans le cendrier. Ça donne au film l’allure d’un récit virtuose qui fait exprès d’être sobre et en retrait. Et ça, ça fait plaisir. Ça pourrait être un déluge de pirouettes, et en fait, non, pas besoin.
De même, les acteurs sont formidables. Cumberbatch est impressionnant, toujours dans ce genre de prestations à l’anglaise, à la limite du surjeu sans jamais y tomber. Autour de lui, le casting est splendide, Charles Dance et Mark Strong se gardant certaines des plus grosses parts du gâteau. C’est un festival de têtes connues, mais tous sont au service du rôle, dans un beau ballet bien équilibré.
Enfin, le scénario parvient à évoquer l’aspect le plus sordide (humainement et socialement parlant) de la fin de vie de Turing, mais sans tomber dans le larmoyant à trois sous ni dans la dénonciation courroucée. Là encore, une certaine sobriété, qui confine à la pudeur (et filmer le personnage de dos, souvent, demeure éloquent).
Reste la musique d’Alexandre Desplat, toujours très bien, très atmosphérique, qui force peut-être à la larmichette. Moi, je suis assez client de son boulot, mais c’est vrai que ça rajoute un peu de pathos. Enfin, c’est souvent le boulot d’une musique de film, hein.
Bref, plutôt bien joué dans l’ensemble.

Jim

Un film plutôt réussi à mon avis, il parvient à équilibrer avec efficacité & brio l’aspect “secret-défense”, la personnalité de Turing et des instantanés de la société britannique des années 1920/1940 et 1950.
Ça passe tout seul, captivant & divertissant.

Pour quiconque voudrait en savoir plus sur Bletchley Park, deux petites notules sonores (Pour en savoir +).

Sur la machine Enigma (Pour en savoir +) c’est Monsieur X qui s’en charge et je ne vous cache pas qu’il sait, lui aussi tenir son auditoire.