Intrusion

Philippe est un pianiste qui monte. Obsessionnel et perfectionniste, il travaille dur pour préparer une série de concerts à l’opéra de Strasbourg. Son monde, jusqu’ici rangé et ordonné, se fissure le jour de ses quarante ans. Des acouphènes de plus en plus violents et des visions étranges entament sa concentration. Il est le seul à entendre des fausses notes sur son piano. Sans rien pouvoir contrôler, Philippe est en train de basculer dans un autre monde… Un monde gouverné par ses peurs, par ses angoisses et surtout par un traumatisme profond qu’il a refoulé il y a plus de 30 ans, lorsqu’il était encore petit garçon… Est-il vraiment en train de basculer dans une autre réalité, ou est il uniquement la victime malheureuse de son délire paranoïaque ?

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[quote]CREATEURS

Frédéric Azemar, Quoc Dang Tran, Florent Meyer, Xavier Palud

DISTRIBUTION

Jonathan Zaccaï, Judith El Zein, Marie Kremer…

INFOS

Mini-série française
Genre : drame/fantastique
Diffusion : le 28 mai sur Arte
Format : 3 x 52 mn[/quote]

Le teaser :

Un pitch intrigant. Un “Black Swan” au masculin et chez les pianistes, en quelque sorte…?

j’aime bien Jonathan Zaccaï

En dépit d’un postulat de départ déjà bien défriché par des films comme Perfect blue ou Black Swan, Intrusion opte pour un cheminement relativement différent à partir du basculement qui s’opère à la fin du premier épisode. Ce qui pouvait être porteur de développements intéressants puisque le dédoublement de personnalité n’occasionne pas seulement des troubles psychiques pour la personne qui vacille: Kessler se retrouve dépossédé de sa vie par un autre et projeté dans une nouvelle existence dont il n’a aucun souvenir, avec les bouleversements que ça peut engendrer sur le plan émotionnel pour le héros et sur ses rapports avec son entourage.

Un parti-pris à double tranchant car l’accent étant mis sur la séparation et la nouvelle vie qui en découle, ça tend à occulter le milieu artistique de la musique présent au départ, et par ricochet toute critique du microcosme social et la pression qu’il engendre sur le héros sont occultées. Pourquoi pas dans le fond, c’est une approche valable. L’ennui, c’est que l’écriture est en berne sur l’ensemble de la série, articulant des péripéties lénifiantes (les filatures, les passages à l’imprimerie et avec les flics) autour de moments clés trop abrupts pour ne pas éveiller le doute sur la véritable nature des événements. Les échanges verbaux sont sous-dialogués, à tel point que certains éléments sont effleurés alors qu’on pouvait s’attendre à ce qu’ils prennent une place significative thématiquement. Je retiendrai notamment l’angoisse de la paternité et les tensions qui en résultent entre Kessler et sa femme, qui sont tout simplement mises de côté pour être balayées d’un revers de main à la fin, alors que l’inversion provoquée par l’accident donnait toute latitude pour les parallèles et les jeux d’échos entre le héros et son double. Les confrontations ne tiennent pas leurs promesses, notamment les affrontements entre le héros et son double, à l’exception notable du dernier face à face avec la mère, où le minimalisme des dialogues sert efficacement les sous-entendus sur le passé commun tragique qui a été mis au jour. Et la scène fait astucieusement écho à celle du cimetière au tout début de la mini-série, déjà avec la mère. C’est d’autant plus dommage que le personnage et son actrice n’aient pas été plus présents tout au long de l’intrigue, au vu de la révélation finale. Révélation un peu tirée par les cheveux d’ailleurs, compte tenu de l’âge du héros au moment du drame.

Une mini-série finalement décevante, qui élude des situations et des thématiques potentiellement très intéressantes pour se concentrer sur une banale quête identitaire réduite à sa plus simple expression. Pas grand-chose à retenir à l’exception de l’excellent générique et de quelques acteurs qui s’en sortent honorablement en dépit de répliques minimalistes.