IRA DEI t.1-4 (Vincent Brugeas / Ronan Toulhoat)

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IRA DEI TOME 2 - LA PART DU DIABLE

Plusieurs mois se sont écoulés depuis la prise glorieuse de la ville de Taormine. Maniakès a donné l’ordre aux troupes d’Harald d’attendre son armée à Catane. Mais l’inaction rend les soldats nerveux et la confiance qu’ils avaient placée en Tancrède s’effrite doucement. À présent, ce n’est plus un homme rusé et belliqueux qu’ils ont en face d’eux mais un homme mélancolique et docile qui s’en tient aux ordres. Pourtant, Maniakès voit en lui un adversaire de taille et compte donc bien se jouer de lui pour récupérer son or. Et pour cela, tous les moyens sont bons car, après tout, les alliés d’aujourd’hui sont les ennemis de demain… À nouveau, la colère jaillira !

PAGINATION. 56 PAGES

FORMAT. 241x318

PRIX. 14 EUR

SORTIE LE 05/10/2018

le tome 3 sort cet automne.

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Je sus Ronan depuis ses débuts, je suis son taf sur FB, j’ai terriblement hâte de le faire revenir avec Vincent pour la sortie de l’album et un bon diner après.

« Fureur normande » : ce titre m’inspire.

Jim

Le premier tome participera aux 48h de la BD (sous une nouvelle illustration), le 1er avril prochain.

Jim

Tiens, ça aussi sur la liste du 3 et 4 avril …

Je viens de lire le tome 3, à la suite de sa découverte dans une solderie, et en misant sur le fait que ce début de second cycle permettrait de facilement rentrer dans l’intrigue.

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Bien m’en a pris, parce que, justement, force est de constater que la construction facilite la découverte. Le scénario s’ouvre sur une confrontation avant la bataille, et pour un lecteur qui n’aurait pas lu les deux premiers tomes (genre : moi), le procédé permet clairement d’éclairer les forces en présence.

S’ensuivent différentes scènes qui permettent de voir comment les deux camps en question gèrent la nouvelle situation : les stratégies parallèles, les luttes intestines, les rivalités face à l’ennemi ou vis-à-vis de l’allié. C’est plutôt bien troussé, et Brugeas parvient à équilibrer les portraits en évitant tout manichéisme : en sortant de l’album, je ne sais pas s’il y a un groupe que je préfère, ce que je trouve très bien.

Graphiquement, ça tabasse. C’est vigoureux, exagéré, l’encrage est nerveux, recourant à des traits épais. Je vois dans le dessin de Toulhoat, outre d’évidentes influences comics, un peu de l’école Wendling / Lauffray / Springer, un peu de Stan & Vince aussi, et peut-être un peu de l’école espagnole (Victor De La Fuente au premier chef, la couverture du 48h de la BD m’y faisant grandement penser). J’aime beaucoup. J’aime bien ses effets de couleurs, notamment le cerné orange qu’il place parfois sur fond blanc. J’aime moins ses paroles (cris, hurlements) occupant toute une case, mais il en abuse bien moins que dans Le Roy des Ribauds, et je trouve l’effet à la fois plus lisible et plus maîtrisé.

Bref, je crois que je vais aller me chercher les deux premiers tomes assez vite.

Jim

Attends le 3 avril, pour le 1er.

D’ailleurs…

Jim

Sur le forum BDGest, Ronan Toulhoat montre quelques planches du quatrième tome à venir :

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Jim

C’est qui à la couleur ?

Le dessinateur lui-même.

Jim

Je préfère cette variété de couleurs à celle utilisée dans le Roy des Ribauds … trop sombre à mon goût.

J’ai donc lu le premier cycle. Et cela confirme la première impression très favorable que j’ai eue à la lecture du troisième tome, début du second cycle.

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Bref.
Nous sommes au début du XIe siècle. Après une première séquence, tendance prégénérique, et située en 1037, nous nous retrouvons en 1040 alors que des rivalités secouent la Méditerranée. Nous suivons un certain Tancrède qui se rallie aux mercenaires travaillant pour le strategos Maniakès. Il rencontre Harald, un homme du nord, et Guillaume, un Normand, tous deux plus ou moins à la tête de troupes de chocs. Si le premier se lie rapidement d’amitié à Tancrède, le second pense le connaître, malgré la vilaine brûlure qui balafre son visage. Et pour cause, Tancrède s’appelle en réalité Robert, et l’on apprend bien vite qu’il est noble normand, déchu de son titre et plus ou moins en exil (il n’est pas difficile de deviner quel personnage historique Brugeas et Toulhouat récupèrent à cette occasion, les indices s’accumulent bien vite).

Fin stratège, un brin manipulateur, assez cynique (mais on rencontrera pire dans la série), Tancrède s’impose bientôt comme le chef d’une petite bande, une vingtaine de soldats, modestes par le nombre mais grands par l’efficacité. Sa présence secoue le cocotier, amenant Guillaume à prendre définitivement la tête de son propre groupe, et Harald à écouter de plus en plus fréquemment les conseils de son nouvel ami, au grand dam d’Eudoxie, sa maîtresse (et accessoirement la sœur de Maniakès, ce qui ne va pas sans poser quelques soucis).

Rajoutons à ce panier de crabe le diacre Étienne, qui connaît la réelle identité de Tancrède et cherche à tirer profit de ce dernier, non sans comprendre que l’ancien noble normand n’est pas si facile à tenir en laisse. Qu’à cela ne tienne, le moinillon n’est pas en manque d’inspiration quand il s’agit de jouer les éminences grises.

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L’intrigue alterne les grosses scènes de bastons, où le trait énergique de Ronan Toulhoat fait merveille (signalons un très bel hommage au Death Dealer de Frazetta, dans le tome 2) et les conciliabules entre protagonistes, séquences durant lesquelles chacun cherche à tirer les marrons du feu tout en pesant sur les décisions des autres. Bien entendu, Tancrède va finir par trouver plus vicieux que lui en la personne de Maniakès, ce qui amènera à une redistribution des cartes bouclant ce premier cycle.

Prenant au comic book ce qu’il a de meilleur, à savoir des décors grandioses, des scènes d’action étourdissantes et des gros plans qui ne donnent jamais l’impression que l’illustrateur tombe dans la facilité ou le remplissage, la série s’impose comme une très belle expérience de lecture, un tour dans un grand 8 historique où les auteurs font preuve d’une maîtrise de plus en plus grande. J’ai pris la série dans le désordre, mais son souffle épique constitue un fil rouge qui rend l’ensemble parfaitement accessible.

Jim

Hop, sur la liste …

Je crois que ça le mérite bien.

Jim