IT FOLLOWS (David Robert Mitchell)

[quote]DATE DE SORTIE FRANCAISE

4 février 2015

REALISATEUR & SCENARISTE

David Robert Mitchell

DISTRIBUTION

Maika Monroe, Linda Boston, Caitlin Burt, Heather Fairbanks…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Année de production : 2014

SYNOPSIS

Pour Jay, âgée de 19 ans, la rentrée devait être synonyme de cours à la fac, de rencontres avec des garçons et de week-ends passés au bord du lac. Mais après un rapport sexuel d’apparence anodine, elle se retrouve hantée par d’étranges visions et par le sentiment inexorable d’être suivie par une présence. Abasourdies, Jay et ses amies doivent désormais trouver le moyen de fuir cette menace terrifiante qui semble les rattraper…
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La bande-annonce :

“Un rapport sexuel d’apparence anodine” … c’est quoi donc ?

Un coup d’un soir avec protection ? :wink:
Le terme original dans le pitch US est “seemingly innocent sexual encounter”…

[quote=“Le Doc”]Un coup d’un soir avec protection ? :wink:
Le terme original dans le pitch US est “seemingly innocent sexual encounter”…[/quote]

Le sexe sans amour ET avant le mariage, c’est mal et ça peut vous foutre dans la panade, surtout quand vous êtes une fille.

Le paternalisme et la pudibonderie américaine classique en somme… :mrgreen:
(j’ai toujours trouvé ça hypocrite venant du plus gros producteur et consommateur de porno au monde, statistiquement s’entend.)

C’est un des poncifs du genre, dans quels films ou parodie ils en parlent Scary Movie le premier du nom je crois, ou alors Scream.

C’est dans le premier “Scream”, mais c’est précisément pour contredire cette règle sitôt énoncée…
Sinon, “It Follows” se trimballe une réputation assez énorme, après son passage en festival.

[quote=“KabFC”]

Le sexe sans amour ET avant le mariage, c’est mal et ça peut vous foutre dans la panade, surtout quand vous êtes une fille.

C’est un des poncifs du genre, dans quels films ou parodie ils en parlent Scary Movie le premier du nom je crois, ou alors Scream.[/quote]

Oui, comme je disais, c’est classique…et ça peine à se renouveler un peu. Scream expliquait bien le système du " tu as couché, tu vas crever/tu vas en baver espèce de sale femelle dévergondée!!!". Bonjour l’émancipation féminine, être une femme libérée c’est pas si facile.

La nouvelle bande-annonce :

Le film a une réputation assez énorme, j’ai lu pas mal de papiers dessus ces dernières semaines, et j’ai vraiment hâte de voir ce que ça donne : apparemment, le film est un pur exercice de mise en scène, avec jeu sur la mise au point et la profondeur de champ pour provoquer les effets de trouille. J’adore ce type d’approche épurée, magnifiée par un John Carpenter.
Ce dernier est d’ailleurs l’influence majoritairement citée pour décrire le travail de David Robert Mitchell. Si “It Follows” s’apparente au slasher (et donc c’est assez logique comme référence), il paraît que c’est tout aussi flagrant sur son premier long, “The Myth of American Sleepover”, un teen-movie. Mitchell y use déjà de longs travellings en format scope dans les rues désertes d’une petite bourgade américaine. Du pur “Halloween”, en somme…
C’est peu dire que ce type de parallèle aiguise ma curiosité.

Le Grand Prix du 22e Festival International du Film Fantastique de Gérardmer a été décerné à It Follows. Doublement primé, le long métrage de David Robert Mitchell repart également avec le Prix de la Critique.

Le reste du Palmarès :

Tudieu !! Que ça fait du bien de voir un film d’horreur abouti… Entre le récent et excellent “Oculus / The Mirror” et ce “It follows” de haute volée, on en viendrait presque à reprendre espoir pour le genre, même si deux hirondelles ne font pas le printemps bien sûr…

Le jeune David Robert Mitchell n’est pas qu’un petit malin : c’est un metteur en scène remarquablement intelligent. Se dotant d’un dispositif d’un minimalisme confinant au génie, il livre un film non seulement terrifiant (par moments en tout cas), mais aussi une oeuvre à la mélancolie proprement déchirante.
Les protagonistes du film sont donc confrontés à une menace d’un genre particulier,

une entité abstraite et protéiforme, dont la nature ne sera jamais dévoilée (bonne idée), invisible à tous sauf à ses victimes, et qui tel un zombie façon Romero ne se déplace qu’en marchant tranquillou

qui se “transmet” par le biais des relations sexuelles.
Il s’en est trouvé pour accréditer la thèse évoquée par Geoffrey plus haut, à savoir celle du film puritain, qui “punit” les ados volages. “Halloween” en son temps avait aussi souffert de ce contresens. Pour moi c’est l’inverse, et il est assez clair que le film prend le contrepied de ce cliché tenace propre au slasher. Car c’est en forniquant que l’on repousse la Mort dans ce film.

“Halloween”, parlons-en : de son propre aveu, Mitchell a grandi avec ce film. De la musique synthétique (qui cite discrétos le film de John Carpenter) à la photo automnale en passant par les lents et majestueux mouvements d’appareil en scope, voire des citations directes (dont la scène où l’héroïne observe une silhouette par la fenêtre de la salle de classe, comme Laurie Strode), c’est peu dire que l’ombre du plus fameux des slasher-movies plane sur ce film… Il y a pire référence, ma foi.

Ce qui cloue surtout au mur dans ce film incroyablement tendu et pourtant “atmosphérique” à sa façon, c’est la mise en scène. Quel talent !!
Le principe du film (un perso est poursuivi par…n’importe qui, ce n’importe qui se signalant simplement par le fait qu’il suit sa victime) est astucieux au possible : le spectateur est invité à surveiller, du coup, le moindre coin de cadre. Et le réalisateur pousse ce principe très loin ; ainsi, le spectateur inattentif, à l’instar des personnages, ne remarquera peut-être même pas, parfois, la présence de la “chose” (la scène de la cour du lycée par exemple). Il en vient même, tour de force, à rendre intéressant le concept même de fake scares…
Du coup, le film n’est pas simplement ludique, il a carrément une vertu pédagogique pour le spectateur : voilà un film qui incite à lire le cadre, à en fouiller le moindre coin. J’adore cette façon de faire confiance au spectateur :

l’entité prend des formes différentes, parfois des proches des “condamnés”, et pour comprendre qui apparaît aux yeux de ses victimes, il faut être attentif : pour comprendre qui est le monsieur barbu au bord de la piscine à la fin du métrage, il faut avoir vu une photo de famille dans un plan assez bref et en déduire qu’il s’agit du père de l’héroïne.

Mitchell se paie de plus le luxe d’enclencher, via son dispositif, une réflexion passionnante sur la notion de vue subjective / objective, et ses conséquences sur la dynamique de la mise en scène.

Avec son système ultra-simple et d’une puissance inversement proportionnelle à cette simplicité, Mitchell propose une vision incroyablement mélancolique du passage de l’adolescence à l’âge adulte (où l’activité sexuelle joue évidemment un rôle majeur), prise de conscience de sa propre mortalité à l’appui : il faut voir comme les personnages, pour conjurer leur angoisse, ne cessent de faire référence à leur enfance, heureuse et insouciante.

Des défauts ? Oui, quand même. Par exemple, la nature très particulière du Boogeyman du film implique quelques explications un peu tarabiscotées livrées par les persos eux-mêmes, ce qui n’est jamais une façon très élégante de procéder (même si je vois pas trop comment il aurait pu faire autrement sur ce coup…).
Et les scènes de trouille sont, peut-être est-ce inévitable, inégales : pour 3 ou 4 authentiques moments de terreur (dont une séquence qui est probablement la plus flippante qu’il m’ait été donnée de voir ces 10 dernières années à l’aise…je regarderai plus les grands mecs de deux mètres de la même manière !! :open_mouth: ), il y a quelques scènes un peu trop démonstratives pour leur propre bien (la scène avec la mère de Greg, même si le sous-texte habilement suggéré est bien déviant à souhait). Le climax, par exemple, s’il est plastiquement très abouti (citant “La Féline” de Jacques Tourneur, la classe), est un brin décevant.

Mais tout ça pèse peu face aux qualités énormes du film, et la promesse d’un potentiel futur très grand réalisateur. Une bombe !!!

Ah oui, une dernière chose : si vous pouvez (c’est peut-être malheureusement un peu tard…?), voyez la chose en salles, tant qu’à faire. Le boulot du réal’ le vaut bien, croyez-moi…!

Tiens, je fais remonter le sujet concernant cet excellent film, car il est depuis quelques temps déjà disponible en DVD, Blu-Ray, VOD et tout le toutim.
Pour l’avoir revu dans ces conditions (c’est-à-dire dans mon salon), il me semble que le film est bien plus qu’une surprise agréable qui vous claque le beignet en salles à la première vision et basta. Le film tient remarquablement le coup, il se révèle même plus subtil encore à l’occasion d’un deuxième visionnage.
Un petit bijou, aussi beau que profond, aussi touchant qu’intelligent, bref une authentique réussite dans le créneau sinistré du film d’épouvante, comme on disait dans le temps.
Ne passez pas à côté, les amateurs du genre…!

Même avis que le tien. :slight_smile:
Avec Oculus, c’est effectivement le dessus du panier de ces derniers mois.
Il y a aussi In Fear dont j’attends un minimum, mais a priori, il faudra patienter jusqu’à l’automne.
Et dans le genre thriller/survival - à quelques nuances près - il y a le très honnête Bound to Vengeance qui ne payait pas de mine sur le papier, et qui le fait bien grâce à un cast impeccable.

[quote=“Geoffrey Le Magnifique”]

Le sexe sans amour ET avant le mariage, c’est mal et ça peut vous foutre dans la panade, surtout quand vous êtes une fille.

Le paternalisme et la pudibonderie américaine classique en somme… :mrgreen:
(j’ai toujours trouvé ça hypocrite venant du plus gros producteur et consommateur de porno au monde, statistiquement s’entend.)[/quote]

A moins de penser que tous les **Étasuniens ** agissent et pensent de la même manière, on peu envisager que ceux qui pensent que " Le sexe sans amour ET avant le mariage, c’est mal " ne sont pas des consommateurs de porno.
En outre : “ça peut vous foutre dans la panade, surtout quand vous êtes une fille” me semble assez juste.

Tant que le principe de précaution ne se transforme pas en interdit brutal.
Cela dit, j’imagine que les parents d’une ou plusieurs filles ne prennent pas le sujet à la légère.

[quote=“sylvain cordurié”]Tant que le principe de précaution ne se transforme pas en interdit brutal.
…][/quote]

J’ai du mal à imaginer ce que peut être un interdit qui ne soit pas brutal ?? :slight_smile:

[quote=“artemus dada”]

[quote=“sylvain cordurié”]Tant que le principe de précaution ne se transforme pas en interdit brutal.
…][/quote]

J’ai du mal à imaginer ce que peut être un interdit qui ne soit pas brutal ?? :slight_smile:[/quote]

Un interdit exposé de manière non agressive et explicative, genre “Ce serait bien si tu évitais de blablabla, parce que blablabla…” plutôt que “Ne fais pas ça !” ou “Je t’interdis de blablabla !”.

[quote=“Le Doc”]Un coup d’un soir avec protection ? :wink:
Le terme original dans le pitch US est “seemingly innocent sexual encounter”…[/quote]

Plutôt “un rapport sexuel apparemment sans conséquence” ou “sans lendemain” non ?