JEAN VALHARDI (Jijé, Paape, Follet…)

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Valhardi Intégrale - tome 6 - L’intégrale 1981-1984

Ce volume contient les deux derniers albums de « Valhardi » : « Le naufrageur aux yeux vides », sur un scénario de Duchâteau (« Ric Hochet » avec Tibet) et « Un Gosse à abattre », sur un scénario de Stoquart (« La Patrouille des Castors » avec MiTacq). En bonus, une nouvelle, « Le 8e Indice », et un synopsis inédit signé Alain De Kuyssche, ainsi qu’un récit complet, « Dossier X ». Le tout présenté dans une préface très complète. Depuis 1965, Jean Valhardi, le grand héros de la première heure du Journal de Spirou, créé par Jean Doisy et Jijé en 1941, n’avait plus donné signe de vie. Jusqu’à ce que René Follet accepte de lui redonner vie, pour deux grandes histoires seulement. Alors que Valhardi représente le grand frère idéal, un peu scout dans les années 1940, puis opposant aux apprentis maîtres du monde sur fond de guerre froide dans les années 1950 avant de flirter ostensiblement avec les yé-yés dans les années 1960, voilà qu’il prend un nouveau virage à l’orée des années 1980 avec cette reprise éphémère de René Follet. Depuis 1965, Jean Valhardi, le grand héros de la première heure du Journal de Spirou, créé par Jean Doisy et Jijé en 1941, n’avait plus donné signe de vie… jusqu’à ce que René Follet accepte de lui redonner vie. Ce merveilleux dessinateur, qui grandit avec Valhardi et le Journal de Spirou, offrit au personnage un dernier tour de piste, avec, en référence, les sublimes planches de Jijé qu’il lisait lorsqu’il était enfant… Sous son pinceau virtuose, Jean Valhardi renoue avec l’aventure classique, sur fond des grands espaces sauvages chers au dessinateur.

  • Broché : 192 pages
  • Editeur : Dupuis (4 septembre 2020)
  • Collection : Valhardi Intégrale
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1034747757
  • ASIN : B087FJD4N6
  • Dimensions du produit : 21,8 x 2,3 x 30 cm

Né à Frameries le 21 avril 1931, Jacques Stoquart est attiré par la carrière de dessinateur et s’inscrit aux cours d’arts décoratifs de l’Institut Saint-Luc à Mons. Le décès de son père l’oblige à interrompre cette formation et à devancer l’appel militaire pour pouvoir rapidement se consacrer à une profession lucrative. Sitôt démobilisé, il entre dans une firme vendant des duplicateurs, Ronéo, et en devient chef de publicité. Quatre ans plus tard, il se retrouve directeur du journal scout PLEINS JEUX. Parallèlement, il est chef de troupe scoute et éducateur à mi-temps dans une maison de jeunes des Marolles, où il fera la connaissance de MiTacq. Georges Troisfontaines sollicite ses talents de publicitaire pour sa société WORLD’S CREATION où il travaille à mi-temps pour poursuivre son travail d’animateur durant l’après-midi auprès de la jeunesse bruxelloise défavorisée. Il travaille ensuite pour diverses agences de publicité avant de devenir, en 1973, rédacteur publicitaire indépendant. C’est alors que la bande dessinée va venir sonner à sa porte. Quasi abandonné par Jean-Michel Charlier, de plus en plus débordé par ses projets innombrables, MiTacq se trouve au chômage technique sur la Patrouille des Castors et a été réduit à créer un personnage intérimaire, Stany Derval, pour maintenir son activité. Après un premier scénario personnel, il a requis l’assistance d’André H. Beckers pour les deux aventures suivantes et souhaiterait s’assurer un nouveau collaborateur. Après beaucoup d’hésitations, Jacques Stoquart accepte de lui écrire Les Galops d’enfer (1973), qu’il a nourri d’un séjour sur les lieux de l’action, en Irlande. Sa rencontre avec Michel Greg en 1974 va toutefois être essentielle pour sa carrière de scénariste. Pour le journal de TINTIN et ses collaborateurs, il va créer les personnages de Wen et de Rorika pour Eric (Frédéric Delzant), Ivan Zourine pour René Follet et Ramiro pour William Vance. Une telle collaboration chez le concurrent de SPIROU le contraint à se choisir l’ironique pseudonyme « Lemasque » pour ses collaborations parallèles à Stany Derval (plusieurs histoires courtes et le grand récit fantastique des Tombeaux de glace, 1976). Sous ce masque, il écrira également une courte histoire de Natacha pour François Walthéry (Un tour de passe-passe, 1975). Déçu par l’accueil des lecteurs aux référendums annuels de ces hebdomadaires, Stoquart se replie entièrement vers la publicité. Sur la sollicitation pressante de son ami René Follet, il reviendra toutefois au scénario dix ans plus tard, tentant avec celui-ci une reprise de Jean Valhardi (Un gosse à abattre, 1986), puis l’adaptation des récits policiers consacrés par John Flanders (Jean Ray) à l’adolescent Edmund Bell pour les éditions Claude Lefrancq. Il collabore aussi à la série Steven Severijn (Stève Séverin, dans sa reprise partielle chez Glénat) que réalise Follet sur commande des Pays-Bas. MiTacq le mobilise pour mettre au net certaines des idées qu’il souhaite développer dans les Castors depuis qu’il en repris la direction totale : cela donnera les très beaux récits de L’Envers du décor, Souvenirs d’El Casino et La Pierre de foudre. Il participera même à l’ultime oeuvre inachevée de ce talentueux ami ( Les Naufragés de la Marie-Jolie). Le décès de ce fidèle compagnon lui a malheureusement ôté le goût d’écrire. Stoquart a également scénarisé deux biographies de personnages exemplaires pour la dessinatrice Cécile Schmitz (L’Homme de Molokaï, puis Nous n’irons pas à Jérusalem ou la vie d’Ignace de Loyola) et il adapta pour Eric Loutte chez Claude Lefrancq un roman d’Isaac Asimov (Les poisons de Mars). Même s’il se défend d’être scénariste, il n’en aura pas moins imaginé quelques oeuvres marquantes qui restent des classiques d’une certaine époque de la bande dessinée.

Né à Tournai le 8 mai 1925, André-Paul Duchâteau publie son premier roman policier (« Meurtre pour meurtre », 1941) à l’âge de 16 ans dans la collection « Le Jury », animée par Stanislas-André Steeman. Deux autres paraissent dans la foulée et il alignera par la suite une bonne trentaine de volumes chez des éditeurs divers , d’innombrables nouvelles énigmatiques ou de suspense, ainsi que des pièces policières radiodiffusées ou télévisées. Largement de quoi établir une solide réputation d’écrivain ! C’est toutefois dans la bande dessinée qu’il va devenir une vedette spécialisée dans l’intrigue bien construite. En 1948, pour BRAVO, il écrit ses premiers scénarios pour Tenas (Louis Saintels) et Rali (Raoul Livin) : Capitaine Hardell, Cyprien Bravo, Le Bossu, Frigipolis, etc. Il accompagne Tenas à MICKEY-MAGAZINE et écrit pour celui-ci « Le Mystère de la Tour Eiffel », une aventure parisienne de la célèbre souris de Disney, puis, sous le pseudonyme collectif de Daisin, le trio propose un récit de pirates, « Le Triangle de feu », dans SPIROU (1952). Cette année-là, sa carrière de scénariste va accomplir un solide pas en avant lors de sa rencontre du jeune Gilbert Gascard (Tibet) avec lequel il va construire la part la plus célèbre de son oeuvre : l’éphémère détective Dave O’Flynn dans HEROIC-ALBUMS, puis les enquêtes de Ric Hochet, divers synopsis pour Chick Bill et Les Peur-de-rien, ainsi que de nombreuses nouvelles policières illustrées par le dessinateur pour TINTIN et d’autres hebdomadaires. En fait, c’est à partir de la fin des années cinquante, après un long séjour au Congo belge, qu’il commence à multiplier dans TINTIN les récits de personnages divers pour Mittéï ( les 3 A, en collaboration avec Tibet pour les personnages), Edouard Aidans (Bob Binn, Népomucère et Bobinet), Eddy Paape (Les Jeux de Toah, puis Yorik des Tempêtes), Géri (Mr Magellan, après des premiers scénarios de Vanhamme), Andreas (Udolfo, en collaboration graphique avec Paape), Christian Denayer (Les Casseurs), Franz (Hyperion), Roszinski (Hans, dont le dessin sera repris ensuite par Kas ), William Vance ( Bruce J. Hawker), etc. En parallèle, il va travailler plus ou moins brièvement à la plupart des hebdos de BD. Pour PILOTE, il anime Alex Vainclair avec Aidans. Le même journal rebaptise Commissaire Jeudy son Commissaire Martin inauguré dans L’ILLUSTRE DU DIMANCHE, des énigmes policières illustrées par Parras. LE SOIR JEUNESSE lance Yalek, puis Alain Chevallier, dessinés par Christian Denayer. Daniel Hulet illustre son Pharaon dans SUPER-AS, puis chez Glénat, qui publie dans CIRCUS son Serge Morand, animé par Sanahujas. On le voit aussi livrer très discrètement des scénarios à SPIROU pour MiTacq ( une aventure de Stany Derval), René Follet (une tentative de relancer Jean Valhardi), Christian Denayer (Patrick Leman et l’illustration de nombreuses énigmes de l’Inspecteur Spirou). Avec le reflux de la presse dans les années 80, il va de plus en plus travailler directement pour les albums : Peggy Press avec Xavier Musquera (Deligne, puis Armonia Sedli), des adaptations en BD d’auteurs célèbres (Conan Doyle, Steeman, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Tom Sharpe, Edgar Wallace, John Flanders) pour les éditions Lefrancq avec une floraison de jeunes auteurs ( Didier Desmit, Jacques Géron, Erwin Drèze, Bernard Swysen, Guy Clair, Stibane, Di Sano, Yves Urbain ou Wilbur Duquesnoy), un Space Gordon pour Raoul Giordan, etc. Une telle oeuvre pourrait laisser croire que ce diable d’homme a passé toute sa vie rivé à une machine à écrire. Il n’en est rien, car sa carrière professionnelle a été tout aussi étoffée et absorbante : correcteur littéraire chez un éphémère éditeur belge peu après la Libération; secrétaire de rédaction de BRAVO et de STORY; rédacteur à MICKEY-MAGAZINE et secrétaire de l’imprimerie Imifi; attaché de 1955 à 1958 aux rédactions léopoldvilloises de l’hebdomadaire POURQUOI PAS-CONGO et du quotidien L’AVENIR; directeur ensuite de la diffusion belge de POURQUOI PAS ? et organisateur d’évènements promotionnels qui firent beaucoup pour son essor au cours des années 60; rédacteur en chef de TINTIN de 1976 à 1979; puis directeur littéraire des éditions du Lombard. Autant d’occasions de rencontrer d’innombrables personnalités et de rassembler des anecdotes qu’il relate avec son inaltérable gentillesse dans ses mémoires (7 à 77 ans, souvenirs d’un scénariste, éditions Mémor, 2002).