JORDSKOTT, LA FORÊT DES DISPARUS (Saisons 1-2)

De retour dans son village natal, une inspectrice suédoise reprend son enquête sur la disparition de sa fille. Brassant l’efficacité du noir nordique et la mythologie scandinave, un thriller fantastique ensorcelant.

[quote]CREATEUR

Henrik Björn

REALISATEUR

Henrik Björn

SCENARISTES

Henrik Björn, Alexander Kantsjö, Fredrik T. Olsson

DISTRIBUTION

Moa Gammel, Göran Ragnerstam, Richard Forsgren…

INFOS

Série suédoise
Année de production : 2015
Genre : Thriller, fantastique
Format : 10x58 mn
Date de diffusion : A partir du jeudi 12 mai à 20h50 sur Arte[/quote]

Trailer:

Une série de reportages “Behind the scenes” sur la série, sous-titres anglais accessibles en bas à droite des vidéos (en regardant les vidéos directement sur youtube):

[size=200]ENTRETIEN AVEC MOA GAMMEL[/size]

J’ai vu les deux premiers épisodes il y a peu, et l’ambiance est sacrément troublante.

Tiens, j’étais passé à côté de ça. Je vais tenter le coup, ça m’intéresse beaucoup sur le papier.

Au bout de six épisodes, c’est une série réellement prenante avec son mélange atypique de polar et de fantastique lorgnant vers la mythologie nordique. Un soin particulier accordé à la mise en scène avec ces vues aériennes sublimes sur des forêts luxuriantes, ces décors variés qui donnent une cartographie tangible de ce coin reculé de la Suède, alternant entre une nature fascinante et des environnements urbains peu rassurants (la décharge, le manoir, l’usine). Sacré ambiance pour un cadre dépaysant.

La seule réserve que j’ai réside dans le risque de trop en faire par moments alors que les scénaristes maintenaient jusque-là un équilibre bienvenu entre ce qui est montré et ce qui est sous-entendu. Je ne suis pas vraiment convaincu par la scène de l’interrogatoire qui dégénère dans le sixième épisode par exemple, un peu too much dans son genre même si visuellement elle est plutôt bien grattée; faut voir ce qu’il va en être tiré à terme. Et peut-être quelques facilités de ci de là, notamment concernant Eva qui circule un peu trop facilement au gré des besoins du scénario en dépit des procédures. Mais c’est pour chipoter.

A ce stade de la série, si les réponses restent parcimonieuses, on commence à avoir une bonne vue sur le sous-texte écologique qui sous-tend l’intrigue. Pas forcément subtil de prime abord (la modernité industrielle galopante qui semble écraser des forces naturelles ancestrales) mais comme on commence à entrer de plein pied dans le versant folklorique avec ce vieux bouquin en fin d’épisode, je suis curieux de voir jusqu’où ça va aller dans le fantastique.

Pourtant c’est un petit problème qui se ballade tout le long des 6 premiers épisodes. Ça et une attitude assez désinvolte compte tenu du contexte (des enlèvements d’enfants), des procédures assez peu rigoureuses : l’interrogatoire dont tu parles et surtout la fuite de l’adolescente. Ou alors les scandinaves ont des procédures de garde à vue et d’audition à la wanegaine :question:

Oui moi aussi.

[quote=“artemus dada”]

Pourtant c’est un petit problème qui se ballade tout le long des 6 premiers épisodes. Ça et une attitude assez désinvolte compte tenu du contexte (des enlèvements d’enfants), des procédures assez peu rigoureuses : l’interrogatoire dont tu parles et surtout la fuite de l’adolescente. Ou alors les scandinaves ont des procédures de garde à vue et d’audition à la wanegaine :question: [/quote]

C’est certain, c’est un peu dommage d’ailleurs parce qu’on ne voit finalement pas tellement de différences à ce niveau depuis qu’Eva a rejoint officiellement l’enquête. Mais disons qu’il y a suffisamment de matière et de dramaturgie porteuses par ailleurs pour que je ne m’attarde pas plus sur ces manquements du scénario. L’ambiance particulière de la série a un attrait indéfinissable aussi, j’aime beaucoup ce genre de coins reculés qu’on croirait presque coupés du reste du monde.

Je crois que c’est cette ambiance qui me captive le plus, et puis avoir le fin mot de l’histoire (bien sûr).
Et comment va s’organiser la cohérence interne de l’histoire.

Le fin mot de l’histoire n’aura pas tenu ses belles promesses en ce qui me concerne.

Rationalisation à outrance autour de motivations bateaux des protagonistes, confrontations expédiées et retournements du même acabit. J’aimais bien l’idée du tueur dopé aux parasites avec ce maquillage réussi, un peu dans l’esprit du swamp thing, mais ça n’aura débouché sur rien d’intéressant. Tout comme cette organisation mystérieuse qui n’aura fait que blablater sur le bien fondé de garder en vie l’héroïne. Le versant fantastique s’en retrouve réduit à peau de chagrin, avec un hors champ constant qui ne réussit pas à masquer le manque de direction (on en avait pourtant eu un aperçu efficace dans la première partie) et/ou de moyens.

Reste la toute fin concernant Eva et sa fille, très belle et lumineuse quelque part avec cette acceptation du deuil qui s’illustre aussi par cette fusion sereine entre l’humain et la nature.

Le teaser de la saison 2 :