KILLER JOE (William Friedkin)

Le nouveau film de William Friedkin, cinq ans après BUG.

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[quote]DATE DE SORTIE FRANCAISE

5 septembre 2012

REALISATEUR

William Friedkin

SCENARISTE

Tracy Letts

DISTRIBUTION

Emile Hirsch, Matthew McConaughey, Juno Temple, Thomas Haden Church, Gina Gershon…

INFOS

Long métrage américain
Genre : Thriller
Année de production : 2011

SYNOPSIS

Parce qu’il a contracté une énorme dette, Chris, un jeune dealer, engage le tueur à gages Killer Joe pour qu’il tue sa mère afin d’empocher l’argent de l’assurance vie. Bien que Joe ait pour habitude d’être payé à l’avance, il accepte d’assouplir ses règles à condition que Dottie, la séduisante soeur de Chris, serve de “garantie sexuelle” jusqu’à ce qu’il soit payé…si ce jour vient. [/quote]

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Pas encore de bande-annonce de dispo, juste un extrait :

Tiens tiens.
Friedkin.

Ça va encore sentir la sueur.

Jim

La bande-annonce :

J’ai hâte de voir ça, tiens…

Après des années de purgatoire, Friedkin est revenu très en forme avec “Traqué” (super) et surtout “Bug” (énorme).
Là, non seulement le casting me parle, mais en plus Letts au scénario, ça annonce le retour de l’équipe gagnante de “Bug” (Tracy Letts était l’auteur de la pièce dont le film était adapté, et l’adaptateur aussi, je crois).

Oui, tu ne te trompes pas…Tracy Letts avait bien écrit le scénario de Bug d’après sa pièce…et d’ailleurs, j’avais oublié de le mentionner, mais Killer Joe est également à l’origine une pièce de Letts, une nouvelle fois adaptée par ses soins donc…

Ça a l’air bien barré ( dans le sens fou…aussi dans le sens " bien fait " ) : on sent déja une lourdeur sur les épaules des personnages.

Extrait :

Interview de William Friedkin :

collider.com/william-friedkin-killer-joe-interview/183723/#more-183723

Je sors à l’instant de la salle, ou presque : super film. Décidément Friedkin a de la ressource, et à 77 balais il signe un film original, ingénieux et tendu comme un arc comme si c’était son deuxième ou troisième long…

C’est sûr, et ça a été relevé par les détracteurs du film (y’en a, mais ils reconnaissent tous que Friedkin a de beaux restes quand même), l’origine théâtrale du projet se fait sentir, d’autant plus que c’est un petit budget. Mais Friedkin assume cette artificialité et joue même avec : il stylise la mise en scène en lui conférant un petit côté “gothique” (dans le sens d’American Gothic, dans le sens où Taxi Driver est “gothique” par exemple à sa façon), et le ciel orageux du début donne le ton.
Le casting est fabuleux, le huis-clos final est incroyable (la fin tout court aussi d’ailleurs), et le film un peu comme “Lost Highway” de Lynch d’une certaine manière joue sur une intrigue ultra-classique de film noir, mais ne s’embarrasse pas des contraintes en termes de censure des films des années 40 ou 50, exposant ouvertement le sous-texte sexuel du genre (et même freudien en l’occurence), lui ôtant du coup tout son glamour…
La filmo de Friedkin s’enrichit d’une nouvelle incarnation du Mal passionnante, très ambigüe, avec le perso éponyme “Killer Joe” (McConaughey, qui l’incarne, est monstreux, presque trop virtuose), qui envahit une cellule familiale dans une sorte de mélange entre “Théorème” et “Massacre à la Tronçonneuse” (Friedkin nie cette dernière influence même s’il aime le film de Hooper, et pourtant une réplique souligne la citation).

Franchement très fort.

J’ai trouvé ça très décevant, très vain, bien joué certes, avec un score soigné (Bates a enfin atteint la maturité), mais sinon, …rien… :frowning:

Eh ben voilà. Le film a pu décevoir en effet, tu n’es pas le seul à être resté sur ta faim, d’après ce que j’ai lu. C’est bizarre, j’ai trouvé ça vraiment très fort, très méchant mais très fort.

Un autre point que je n’ai pas évoqué plus haut, c’est le tempo du film : Friedkin adopte une structure spéciale (même si elle respecte les trois actes classiques à Hollywood), puisque comme ça a pu être dit ici ou là, il fait le choix de rallonger la durée des scènes au fur et à mesure de l’avancée du film, en général on fait plutôt l’inverse.
Ce qui lui permet de parvenir à cette scène finale très longue et très éprouvante, qui résume tous les enjeux et le sous-texte du film à elle toute seule : toute la violence, la sexualité, la bizarrerie des protagonistes refoulées jusque-là explose dans une scène anthologique de repas bien barrée, à la “Massacre à la Tronçonneuse” justement…
Non, franchement, il y a beaucoup de choses dans ce film, n’écoutez pas Silverfab ! :wink:

Je suis bien certain qu’il y a déjà un foutu topic sur ce film, je dis foutu vu que ca fait une heure que je le cherche et que je le trouve pas et que là j’en suis à un stade où le premier qui me parle de bibliothèque en ligne je l’envoie saluer Guido de ma part.

Avis à ceux qui veulent remettre ce commentaire là où il se doit :

Voilà un film qui m’aura singulièrement interpelé.

Ayant regardé de loin la série true detective, à l’atmosphère fort envoutante, quand bien même ce serait avec distraction qu’on y goutte, j’ai nonchalamment lancé ce film, même acteur, même sud ou presque, pourquoi pas donc, en fond pendant que je lis cette bd sur israel qu’on m’a offerte.

En fond, et moi qui de temps en temps demande à ma compagne qui est tel ou tel personnage, et encore si l’atmosphère est là et si j’ai pas quitté la pièce depuis longtemps. C’est là la limite actuelle de mon amour du cinéma.

Mais là non, 10 minutes passent et je n’ai pratiquement plus pu décroché les yeux. D’abord irrité par ce qui me semble être un portrait emprunt de racisme social visant les couches populaires, l’irréel de la famille qui m’est dépeinte s’impose à moi en même temps qu’il porte le film à un niveau d’abstraction et de qualité que le film ne quittera plus.

Rien de naturaliste dans ce film, l’opposé même : des relations familiales marquées par aucun tabou ou presque, aucune pudeur ou presque, marqué d’une violence qui semblent sans conséquence ou presque.

Ce n’est pas « famille, je vous hais », c’est la famille qui est société impersonnelle, ou presque et dans ce presque un trait d’humanité qui scintille.

Le fils en sang et le père qui va se coucher, le fils propose de tuer la mère, le père dit qu’il lui faut y réfléchir, 2 heures au moins avec une bière « c’est pas rien quand même ».

Violence en apesanteur, haine et amour évanescents qui se compactent d’un coup pour ce faire mortel dans le personnage de Joe. Presque sans conséquence, la violence tolérée, habituelle, quotidienne bascule d’un coup dans l’horreur et l’intolérable, dans l’inédit.

La mère est morte, le fils avait finalement quelque tabou, et si c’est par des marques de coup, c’est tout de même la honte qui rougit ses joues tuméfiées.

Il y a de la poésie dans ce film, cette femme enfant bien sur, qui dance et se bat. Le frère qui claudique. Elle et lui, matricides, qui s’avancent sur une voix ferrée abandonnée pour se rendre à un enterrement, qui rêvent un instant d’avenir alors qu’ils vont vers une mère morte, mais n’est ce pas d’où ils viennent également ?

Le film met ainsi en scène une vie qui tente d’échapper à la mort et qui pourtant ne cesse de se confondre avec elle, jusqu’au dernier instant que nous n’aurons même pas, abrupte. L’histoire ne dira pas de quel coté tombera le couperet : vie ou mort ? Indiscernable.

Net. Marquant. Juste.

Je sais que tu te fais rare en ce moment, mais il y a sur ce forum un outil très pratique pour retrouver un sujet facilement…et c’est l’index des films :

comics-sanctuary.com/forum/index-des-films-t65803.html

:wink:

Et pourtant, l’index, on l’utilise souvent pour montrer !

[quote=“n.nemo”]
Voilà un film qui m’aura singulièrement interpelé.

(…)

Net. Marquant. Juste.[/quote]

Ah, putain, voilà un avis qui fait plaisir !
Le film n’a été que mollement défendu, même par ceux qui continuent à trouver Friedkin pertinent (et c’est pas le cas de tout le monde). Moi je trouve qu’il se paye une fin de carrière passionnante. C’est bien la patte des très grands, il faut regarder leurs derniers films avec beaucoup d’attention.
Je l’ai revu depuis son passage en salles (discret) et je l’ai autant aimé à la deuxième vision. L’interprétation est vraiment au top, et pas que pour McConaughey (j’adore Emile Hirsch et Gina Gershon).

Nemo, si tu as aimé celui-là, tu devrais regarder “Bug”, peut-être meilleur, le précédent dans sa filmo (2006 ?). Même matériau de base, même scénariste, même dispositif en plus minimaliste encore, même abstraction des enjeux. Et là aussi, interprétation stratosphérique (ce Michael Shannon, alors…). Tente, je suis sûr que ça va te causer.

Par contre, tu ne m’as pas l’air d’avoir beaucoup aimé “True Detective”, gros vilain. :wink:

[quote=“Le Doc”]

Je sais que tu te fais rare en ce moment, mais il y a sur ce forum un outil très pratique pour retrouver un sujet facilement…et c’est l’index des films :

comics-sanctuary.com/forum/index-des-films-t65803.html

:wink:[/quote]

ca a du sens ce que tu dis

[quote=“Photonik”]
Nemo, si tu as aimé celui-là, tu devrais regarder “Bug”, peut-être meilleur, le précédent dans sa filmo (2006 ?). Même matériau de base, même scénariste, même dispositif en plus minimaliste encore, même abstraction des enjeux. Et là aussi, interprétation stratosphérique (ce Michael Shannon, alors…). Tente, je suis sûr que ça va te causer.

Par contre, tu ne m’as pas l’air d’avoir beaucoup aimé “True Detective”, gros vilain. :wink:[/quote]

SI j’ai beaucoup aimé true detective, en plus c’est court, ce qui ne gate rien. Disons juste que cela ne nécessitait pas une attention de tous les instants, disons que l’athmosphère et les jeux d’acteur m’ont plus interessé que l’histoire.

Woody y est imperial, spécialement sa version agé du personnage.

J’ai particulièrement apprécié un aspect de la narration, peut être ne l’avez vous pas perçu ainsi mais il m’est apparu que dans les scènes de flashback, lorsque ce qui nous était montré différait de ce que le personnage racontait, ce qui en était dit par lui comme des semi-vérités était finalement toujours plus vrai que ce qu’on pourrait conclure de la simple exposition du passé.

Woody déclarant que son mariage lui apportait un équilibre alors que le flashback décrit ses galipettes d’homme infidèles, et pourtant il ne ment pas, il ne s’agit pas d’hypocrisie. Simple exemple.

Le mensonge élevé au rang d’un mi dire plus vrai que le vrai, ça, j’ai beaucoup aimé.

Je confirme, c’est vraiment pas mal.
Concernant Friedkin j’attend la ressortie cette année de To live and die in LA, que je considère comme un de ses meilleurs.