Kuroko's Basket volume 3 (Kazé manga)


(Iemitsu) #1

Dans ce troisième volume essentiellement centré sur la compétition, Fujimaki Tadatoshi rassure réellement sur sa faculté à créer des matchs prenants et originaux. Après avoir passé facilement le premier tour du tournoi, les joueurs du lycée Seirin doivent enchainer les matchs et les victoires pour espérer affronter Shûtoku en finale. Mais à trop se focaliser sur ce face à face, Kuroko et ses coéquipiers finissent par oublier qu’ils devront avant tout défaire Seihô en demi-finale, une équipe extrêmement talentueuse qui avait impitoyablement écrasé Seirin l’année précédente.

L’intérêt premier de ce volume est d’offrir au lecteur un premier match “au sommet” contre une équipe ne comptant pas de membre de la génération miracle dans ses rangs. Là où Papa Mbai et le lycée Shinkyo n’avaient joué le rôle que de faire valoir pour Kuroko et Taïga, c’est cette fois ci 5 joueurs d’un tout autre calibre qui se présentent face à nos deux compères. Pour couronner le tout, Aida doit composer avec un calendrier compliqué qui contraint les équipes à jouer demi-finales et finale le même jour. Même si de prime abord l’on peut penser que le sort s’acharne sur Seirin et que tout cela n’est là que pour rendre leur victoire plus éclatante, on se rend vite compte que cela permet surtout à l’auteur de nous offrir autre chose que des matchs classiques qui sentent le déjà vu et gagnés à coup de nekketsu.

[spoiler]Tout d’abord j’ai trouvé l’équipe de Seihô très intéressante et réaliste. En effet, contrairement à ce que l’on peut penser, la défense est extrêmement importante. Même si cela offre généralement des matchs peu spectaculaires, les meilleures équipes sont souvent celles qui maitrisent à la perfection les fondamentaux. (comme les Spurs de Tony Parker, par exemple) Retrouver cet aspect du basket dans Kuroko no Basket m’a donc agréablement surpris dans la mesure où nous n’en avions vu jusque là que l’aspect flashy à la limite du surnaturel.

Mais l’autre surprise de ce volume, c’est la discrétion de Taïga et Kuroko conservés par Aïda en vue de la finale contre Shûtoku, laissant les clés du match aux “ainés” qui nous épatent une nouvelle fois après un aperçu plus qu’alléchant dans le volume précédent. On en découvre un peu plus des talents de chacun des joueurs et alors qu’on pouvait leur reprocher jusque là un chara-design assez banal, force est de constater que cela n’entache en rien leur charisme collectif une fois sur le terrain. Il est également appréciable de se voir rappeler le fait qu’une équipe habituée à jouer ensemble est beaucoup plus efficace qu’une équipe composée d’individualités.

Enfin, Fujimaki Tadatoshi fait également la différence sur de petits détails qui passeront peut être inaperçus mais qui n’en sont pas moins appréciables. Je pense notamment à l’apparition des fautes offensives qui pourront, à l’avenir, particulièrement gêner Taïga dont le jeu est extrêmement physique. Par contre, j’aurai apprécié que Tomoki soit sanctionné pour ses paroles qui vont bien plus loin que le “trash-talk” habituel qui relève plus de la vanne que de l’insulte. Enfin, cela a le mérite de bousculer le lecteur et de le faire d’autant plus entrer dans le match, ce qui n’est pas plus mal.[/spoiler]

Pour toutes ces raisons et malgré un rythme toujours très élevé, je pense que l’on tient ici le volume le plus abouti de Kuroko no Basket jusque maintenant. En espérant que l’auteur poursuive dans cette voie et que les matchs à venir se montreront tout aussi palpitants.