LA CONFRÉRIE DES TEMPÊTES t.1-4 (Jean-Luc Istin, Sylvain Cordurié, Olivier Peru / Giovanni Lorusso, Stéphane Créty, Nico Tamburo, Andrea Cuneo)

Ah, ces auteurs de fantasy, ils imaginent de ces trucs…

Jim

C’est pas là que c’est le plus dégarni.

Jim

Comme en MMA.
Tout pareil, les arts martiaux et la lutte en moins.

Chacun fait ce qu’il veut avec son corps.

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La Confrérie des tempêtes - Tome 1: Thoorak

Aratheon, un monde foisonnant de royaumes, de pirates et de magies, où l’Empire complote contre La Confrérie des Tempêtes pour dominer les océans.

  • Éditeur ‏ : ‎ OXYMORE (25 juin 2025)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Relié ‏ : ‎ 72 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2385610973
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2385610975

Stéphane Créty, jamais avare d’explications bien claires et fort à propos, sur le forum BDGest le 8 mars 2025 :

Les séries concept permettent de contourner « l’impatience » des lecteurs, qui ont (collectivement) moins l’habitude d’attendre 1 an voire 2 entre deux albums. Puis cela permet de construire un univers partagé à la manière d’un Marvel Universe.
C’est très commun dans l’univers Comics, moins dans l’univers franco-belge.

Et, généreux, il se fend également d’une photo qui mettra l’eau à la bouche de ceux qui suivent son travail :

Jim

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Le lecteur, il a moins, ou il n’a plus, l’habitude d’attendre ?

Moins, voire plus du tout.

Mais c’est en lien, à mes yeux, avec les évolutions de la consommation culturelle en général. Plus la patience d’attendre l’épisode de la semaine, plus la patience d’attendre le passage télé, plus la patience d’attendre le tome 2…

Ils aiment, ils veulent tout de suite.

Alors oui, il y a des voix qui s’élèvent, qui trouvent que la diversité graphique nuit à la cohérence, qui trouvent que c’est de l’exploitation, qui trouvent que ça noie le marché… Mais comme le fait remarquer Sylvain (et les propos de Stéphane le confirment, en abordant le sujet selon un autre angle), le public est là, il répond, il apprécie.

(Après, moi, j’en reviens à mon expérience de vieux lecteur : dans les années 1980, on me disait que la bande dessinée américaine, c’était du produit de consommation fait à la chaîne, et pas la bande dessinée franco-belge. Quand j’ai commencé à connaître des professionnels de la professions, il y a une grosse trentaine d’années, on m’a expliqué que les déclinaisons, les spin-offs, les couvertures à gadgets, les séries consacrées au méchant ou à l’associé, les changements de dessinateur, c’était hors de question, parce que gnagnagna… Et bon, voilà : une série sur Champignac, une série sur Zorglub, des dérivés de Thorgal, des univers partagés, même des couvertures alternatives. Ça me fait doucement glousser. Et en plus, ça n’empêche pas la qualité. Mais voilà, la bande dessinée franco-belge y vient enfin, à cette vision « industrielle » ou « commerciale ». Et franchement, je ne vois pas ça comme un malheur, en tant que lecteur. Juste que je me rappelle le lecteur que j’étais en 1988, et que l’évolution me fait sourire.)

Jim

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Pourtant, les Schtroumpfs, c’est un spin-off de Johan et Pirlouit

Tori.

Ouais, et du temps de mon collège et de mon lycée, Spirou avait déjà changé plusieurs fois de dessinateur. Et à la fin de cette période, le Marsupilami accédait à sa série.
Mais c’était encore assez isolé et le phénomène s’est développé.

Jim

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Je me souviens, au milieu des années 2000, à l’époque où il y avait un magasin Album à Bercy Village, lors d’une petit festival, un dessinateur m’a sorti la même chose (bon, j’avais demandé pourquoi il y avait un temps certain entre deux albums FB, et son explication était totalement viable et compréhensible, il avait pas besoin d’envoyer un tacle à la BD américaine … surtout qu’à l’époque, je crois que Golden City me semblait faire un peu dans taylorisme… en tout cas, j’ai le souvenir d’être ressorti renfrogné avec cette idée en tête)

Tu mets ça au passé : il est fermé ?

L’argument qu’on me donnait souvent, c’était les décors. Et le nombre de cases.
Il suffit de regarder un X-Men ou un Batman de Neal Adams pour que le premier argument tombe. Et un Detective Comics de Marshall Rogers ou un X-Men de John Byrne pour que le second s’effondre. Entre autres.
Alors on me sortait l’argument du taylorisme et des encreurs, coloristes et lettreurs. Ce à quoi, quand j’ai commencé à comprendre la réalité des grandes séries franco-belges, j’ai bientôt répondu que Marvel et DC, eux au moins, ils citaient toutes ces « petites mains » qui sont souvent restées anonymes dans les brumes des studios franco-belges.

C’est pour ça que j’ai beaucoup de respects et d’admiration pour des dessinateurs comme Igor Kordey, Stéphane Créty, Stéphane Louis ou Ronan Toulhoat (et d’autres dont les noms ne me viennent pas à l’esprit tout de suite…), qui assurent dessin et encrage (au moins) et qui tombent la planche avec un rythme de métronome. Non seulement parce qu’il apportent un démenti cinglant à toutes ces arguties qui relèvent surtout du snobisme (tu l’évoques très bien), et qu’en plus ils fournissent de la qualité sans tirer la production vers le bas.

Jim

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Le fameux propos sur la surproduction…

La « surproduction », tu t’en plains quand tu n’en tires pas profit.

Les lecteurs qui suivent le monde d’Aquilon - qui compte une grosse centaine d’albums aujourd’hui - West Fantasy ou d’autres univers créés ou cocréés par Jean-Luc ne se sentent pas exploités ou considérés comme des vaches à lait.
La preuve. Ils sont toujours là.

Pour vivre au quotidien le développement de ces séries, je peux vous dire que les auteurs impliqués donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Je ne verse pas dans le politiquement correct, là. C’est vraiment le cas.
Regardez le taff de Pierre-Denis Goux, de Jean-Paul Bordier, de Kyko Duarte, de Giovanni Lorusso, de Laci et de bien d’autres.
Ils ne sont pas devenus ce qu’ils sont par hasard. Outre le talent, ils bossent dur.

Et pour parler de Steph, je peux aussi vous dire qu’il a fait l’un de ses meilleurs tomes sur la Confrérie.
Il a beau dessiner trois bouquins par an (quand ce n’est pas plus), il ne la joue pas à l’économie, il n’est pas blasé.

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Je crois, oui.

Merci. C’était volontaire, donc tant mieux si c’est ressenti.

Y a ça, et y a aussi l’image idéalisée d’un marché animé par des « zartistes », la vision d’une création franco-belge tournée vers les « zauteurs », par tournée vers le pognon. C’est une image fausse, de tout temps, mais elle est entretenue, là aussi depuis toujours, par une grande partie de la critique et une portion copieuse du lectorat : ça se sent sur certains forums ou chez certains libraires, où la clientèle dénigre cette production « commerciale ».
Et ça, on ne s’en débarrassera jamais. C’est la version locale du public qui chie sur le mainstream américain en faveur des « zauteurs zindépendants », en quelque sorte. Ils font partie du paysage, et ils ont toujours été très vocaux. C’est comme ça.

La photo que j’ai reproduite ici et qu’il a postée sur le forum BDGest me semble éloquente à ce propos. D’ailleurs, même si je n’ai pas lu tout ce qu’il a produit, je trouve aussi que, au-delà de sa générosité, il continue à progresser : il y a des choses dans son encrage sur cette page en cours qui sont spectaculaires par rapport à ses productions des années passées.

Jim

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Ah ouais ?
Tiens.
Remarque, ça me parle un peu, mais il est possible que j’aie déjà quitté Paris quand la fermeture est intervenue.

Jim

Je sais bien.
Et très honnêtement, ça ne me concerne pas.
C’est très bête, mais j’écris pour mon plaisir et pour ceux qui me lisent.

Il y a aussi le côté collaboratif.
Que ce soit avec Jean-Luc ou avec David Courtois (qui fait un travail énorme pour assurer la cohérence du monde d’Aquilon), je suis constamment challengé.
C’est parfois compliqué, parfois gratifiant. Mais surtout, ça évite de se reposer sur ses lauriers.
À 56 balais, je continue à apprendre. C’est sans doute ce dont je suis le plus satisfait.

La reconnaissance de la profession - indépendamment de la confiance de mes éditeurs - je m’en cogne.
Un pote me demande régulièrement si le fait d’avoir écrit des BD et de « laisser une trace », c’est important pour moi. Et je lui dis à chaque fois que je suis « anonyme » et que je le resterai.

D’abord, même si ça ne se voit pas ici, je suis d’un naturel discret. Je ne cherche pas à être visible.
Ensuite, ce qui me plaît dans ce métier, c’est d’écrire pour des gens que j’aime ou dont j’apprécie le talent. C’est encore mieux quand je bosse avec des gens que j’aime et talentueux.
Enfin, le fait d’appartenir à une famille d’auteurs et d’être un élément parmi d’autres dans un collectif, c’est ce qui me correspond le plus. Et c’est un environnement bienveillant. Nicolas Jarry et Olivier Peru sont des gars extras.

La guéguerre entre la BD d’auteur et la BD mainstream, je n’y pense que lors de discussions comme celle-ci.
Ou à la veille d’Angoulême.
Je suis content pour ceux qui sont nommés ou primés, mais je connais un paquet d’auteurs de mainstream qui mériteraient aussi d’être récompensés pour leur apport à la BD.

Au final, le positionnement des institutions est à peu près aussi stupide que celui des César qui a attendu le succès de Bienvenue chez les Ch’tis pour s’asseoir sur sa fierté mal placée et finalement remettre un prix du public… avant de revenir à sa position de « trous du cul élitistes ».

Comme tu l’as dit, c’est comme ça.
Il y a une convergence d’intérêts pour une communauté de gens qui se méritent les uns les autres.
Ça ne change pas mon quotidien.

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Menteur. Jim nous a dit que tu en avais 26.

Je pense même qu’ils ont 26 ans à eux deux, les jeunes premiers.
:wink:

Jim

Album n’existe plus. Si le magasin existe, il n’est plus un Album.

Surtout que des gens comme Ronan, met en avant les coloristes avec lesquels ils bossent et dédicaces avec.

Moi je m’en plaint et j’en tire en soit profit. ;). Il y a vraiment trop de livre et des périodes ou de bons livres n’ont pas le temps de pouvoir s’installer et trouver leur ventes (et pour le coup, je n’ai pas de titres ou auteurs je parle en général).

Oui enfin ça c’est les lecteurs qui pensent ça et quelques très vieux libraires.

Si seulement c’était plus courant, je me souviens encore du taulé quand Zep avait gagné le grand prix d’angoulême. « Une honte » car il n’avait que Titeuf à son actif et c’était pas de la BD d’auteurs.