LA FOIRE AUX IMMORTELS (Enki Bilal)

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Premier volet de ce qui deviendra La Trilogie Nikopol, cet album constitue un tournant dans la carrière d’Enki Bilal, jusqu’alors connu pour ses collaborations mémorables avec Pierre Christin.

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Rappelons rapidement l’intrigue : Alcide Nikopol, prisonnier cryogénisé, revient sur Terre, dans un Paris futuriste, au moment de deux événements marquants : l’élection visant à reconduire le gouvernement fasciste de Jean-Ferdinand Choublanc et l’arrivée des dieux de l’Égypte. L’ancien bagnard de l’espace va se retrouver pris dans une guerre de pouvoir divin qui fait écho à celle qui agite les humains.

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Bilal étale son univers graphique, fait de grisaille, de plâtre écaillé et d’une mélancolie dépressive qui marquera définitivement ses albums. Il travaille encore de manière à peu près traditionnelle, n’étant pas passé au numérique (forcément, on est en 1980) et surtout ne composant pas encore ses cases séparément. J’aime encore cette période, même si son trait devra encore s’affirmer (les deux autres volets, La Femme piège et Froid Équateur, démontreront que la marge de progression est encore grande). L’album a donc un peu vieilli, mais il fait preuve d’une grande inventivité que l’auteur a peut-être perdu aujourd’hui, enfermé dans son identité visuelle.

Jim

J’ADORE cette trilogie.

Personnellement, j’ai pas aimé La Femme piège et davantage (mais pas beaucoup) apprécié Froid équateur, mais je n’ai pas le courage de relire pour savoir pourquoi précisément…

jim

Pour ma part, de cette trilogie, je n’ai aimé que le premier volet (La foire aux immortels, donc)…
Je en saurais dire ce que je n’ai pas aimé ensuite, mais l’évolution du style de Bilal (et l’attente, aussi !) a probablement joué (et puis l’histoire n’a pas évolué comme je l’aurais aimé… Et mes goûts ont eu le temps de bien changer entre le début et la fin, aussi).
La progression dont parle Jim s’est faite au détriment du charme, je trouve : ses dessins me laissent désormais froid et ne m’attirent plus.

Tori.

J’aime beaucoup la Femme Piège, pour ma part, avec sa dissolution dickienne du réel