LA PAGE BLANCHE (Boulet / Pénélope Bagieu)

La critique par Lauriane est disponible sur le site!

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Adaptation au cinéma :

Jim

Aujourd’hui sort « La Page Blanche » au cinéma !

Naturellement, beaucoup de monde me demande ce que j’en pense et comment ça s’est fait. Voici donc un résumé de l’affaire :

Éloïse reprend ses esprits sur un banc à Paris. Elle n’a plus la moindre idée de qui elle est, ni de comment elle s’appelle. Qui étaient ses amis? Sa famille?

Commence alors une longue recherche sur elle-même et une réévaluation complète de sa vie et de ses relations.

Le film est l’adaptation d’un chef-d’œuvre de la bande-dessinée que je vous recommande bien sûr de lire, c’est chez Delcourt (pas cher) et dessiné par la merveilleuse Pénélope Bagieu.

Murielle Magellan et moi avions longuement discuté de comment elle comptait adapter notre BD. Elle avait une vision très différente de la mienne, mais un ressenti de l’album qui me paraissait juste et intéressant. « Une adaptation est une trahison », m’a-t-elle dit, et je partage cet avis : on ne peut faire un bon film d’un livre qu’à condition de le trahir. Si on emploie la même trame, les mêmes cadrages, quel est l’intérêt d’en faire un film? Le temps du cinéma est différent de celui du livre, les acteurs n’ont pas les mêmes contraintes.

Bref, mon point de vue était : je lui fais confiance, ce sera davantage une « variation sur le même thème » qu’une adaptation, et j’espère que ce sera un bon film mais ce sera SON film, pas MON livre en film.

Les plus grosses différences, donc. Parlons-en.

Là où j’avais construit mon histoire comme une sorte de polar étrange, Murielle rebat les cartes et se tourne davantage vers la comédie de mœurs. Là où l’amnésie de mon Éloïse la renvoyait à sa solitude et à l’absence de répercussions de sa disparition, celle de Murielle se retrouve pilote en panique d’une vie complexe qu’elle ne maîtrise plus.

Le film devient une comédie sentimentale sur un petit monde parisien rapide et intense où l’héroïne tente de retrouver sa place.

Et c’est très très chouette.

C’est différent, mais le mot qui revenait souvent était « charmant ». Les acteurs s’amusent beaucoup, tout spécialement le duo Sara Gireaudeau et Sarah Suco qui s’en donne à cœur joie. Sara Gireaudeau incarne une Éloïse un peu lunaire et bizarre, loin de l’observatrice détachée que j’avais imaginée, qui se retrouve dans un monde beaucoup plus hostile que celui de la mienne. Ici beaucoup de personnages très hauts en couleurs sont très impliqués dans son existence et attendent beaucoup d’elle là où je l’avais faite entourée de gens normaux, banals, et qui ne remarquaient même pas son changement.

Mais la comédie prend, et malgré toute la dissonance cognitive que provoquait cette adaptation parfois fidèle, parfois non, j’ai beaucoup ri et je me suis beaucoup amusé.

Ce n’est plus mon histoire, mais c’est une très belle autre histoire, servie par son propre univers, et tout le talent de cette équipe de rêve.

J’espère que vous l’aimerez autant que moi !

J’en conclus que les propos sont de Boulet ?

Jim