LA STATUE DE GILGAMESH (Blaise Guinin / Louis Pelosse)

Inspirée de la plus ancienne épopée de l’humanité, cette fable originale imagine la genèse de son écriture, en mêlant habilement histoire, mythe et satire du monde moderne.

Dans l’antique cité d’Ourouk, Gilgamesh fait bâtir une statue colossale censée le rendre éternel. Anzi, jeune poète illettré, arrive en ville pour apprendre à écrire et transmettre le récit qu’il a imaginé. Il tombe amoureux de Siskur, une révolutionnaire qui souhaite faire tomber le roi. Anzi s’engage à ses côtés, animé par l’espoir d’accéder à un scribe du palais pour graver son récit.

Paru le 19 février 2026
EAN 9782413085218
Nombre de pages 188
Prix 24.50€

Extrait :

Jim

Le week-end dernier, sur ordre de mon père, j’allais chez le fromager. Et tant qu’à aller sur Rennes, je suis passé chercher ma résa et le bouquin que j’avais gagné chez mon libraire .. erreur fatale, j’avais oublié qu’il y avait une séance de dédicace. Et en plus, elle n’était pas complète et je suis passé pile poil dans un créneau dispo.
Et comme la petite, dès qu’il y a une dédicace chez lui, elle file directement à l’espace prévu pour aller voir les dessins (réflexe pavlovien ou hypnotisée, je ne suis pas capable de vous dire), je me suis retrouvé avec le bouquin dans les mains sans m’en rendre compte. Et avec un dessin en plus.

Alors, c’est assez surprenant, parce que ça n’est pas vraiment « mythologique » comme récit. Louis Pelosse me disait qu’ils voulaient s’appuyer sur l’une des plus vieilles histoires du monde, mais pour raconter autre chose. Et cette autre chose est vachement contemporaine en fait, tout en s’appuyant pourtant sur ce que pourrait être la vie de l’époque.
Il y a beaucoup de thématique là-dedans : la relation avec le travail, l’impact de l’homme sur la nature (en revisitant en même temps l’arche de Noé), la pression sociale, la politique - sous plusieurs formes en utilisant les opposants et les courtisans / conseillers… et c’est aussi l’histoire des personnes qui veulent laisser une trace dans le monde…
Là aussi, je ne m’attendais à cela en prenant le bouquin, et le dessinateur, pourtant très ouvert, ne m’avait pas laisser beaucoup d’indices, si ce n’est que le propos n’était pas de parler de Gilgamesh. Et effectivement, on vit tout cela à travers des personnages communs, du peuple (ou qui se mêle au peuple). On voit aussi que l’ascenseur social peut fonctionner dans les deux sens. Et à travers le père de la fiancée du perso principal, on a une image du travail de la part des auteurs qui n’est pas vraiment flatteuse .. ou alors, peut être de ceux qui exploitent les travailleurs et leur font miroiter autre chose que de l’esclavage. La manière de le raconter est assez intéressante, et inédite pour ma part.
Et puis le déroulé de l’histoire donne vraiment envie d’aller au bout, puisque le perso principal va vivre pas mal de péripéties.

Je trouve que le style de Pelosse sied plutôt bien à ce genre de récit antique et il arrive bien à modifier son style quand il s’agit de raconter une histoire dans l’histoire. Pas réaliste, pas gros nez, pas non plus du genre « l’association »… on pourrait presque le voir associé à un projet de Vehlmann que ce ne serait pas surprenant. Et je ne sais pas pourquoi, j’aime beaucoup sa manière de penser la couleur. Je trouve que ça apporte vraiment quelque chose à son dessin.

Les deux compères ont prévu un autre album chez Delcourt, toujours dans la veine antique et en remontant encore plus ancien, si j’ai bien compris. A suivre donc.

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Jim

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Je délègue, je délègue…

Jim