Et c’est vachement bien, ça.
Alors, je ne sais pas si ça a déjà été publié dans une revue française, mais en tout cas, on devine rapidement que ça a été publié dans une revue argentine, la BD étant construite en douze chapitres qui se suivent chronologiquement, mais qui contiennent chacun une histoire indépendante. En fait, on suit deux « naufragés » qui affrontent des dangers divers à chaque épisode. Je dis "naufragés, parce que tous les humains de la Ville sont arrivés par hasard, en marchant dans leur ville d’origine et en se retrouvant dans cette cité mystère malgré eux, au détour d’une rue … sans possibilité de ressortir, et donc en cherchant la sortie en permanence.
ça sent bon la SF des années 80, avec un côté Mad Max citadin. Les menaces sont variées et Barreiro arrive vraiment à nous surprendre, et jusqu’au bout, en invitant des perso de la SF de la Warner, mais aussi l’Alien, mais aussi l’Eternaute (pour qui connait un peu la BD argentine, ce n’est pas totalement une surprise, mais l’invitation est assez inattendue .. et vu ce qu’il s’y passe … je me demande s’il n’y a pas un double message là-dedans)
Graphiquement, le noir et blanc permet de profiter totalement du graphisme de Gimenez. Là aussi, on retrouve la tendance des années 80, mais j’adore. Pas d’économie de trait tout en étant suffisamment clair, et puis il y a un travail sur les cases et sur la mise en page assez intéressant dans certaines pages. Il y a aussi un travail sur les plans plutôt réussi, permettant de mettre en évidence ce qu’est cette ville.
C’est vraiment plus de 180 pages de plaisir, avec la possibilité de lire par chapitre, ou de les enchaîner (plaisir différent, mais plaisir à chaque fois quand même)