LA VISION PARTIELLE, ÉCRITS SUR LE CINÉMA (Pascal Bonitzer)

[quote]La vision partielle, écrits sur le cinéma
*Auteur : Pascal Bonitzer
Format : 12,2 x 19 cm / 288 pages
Diffusion : Harmonia Mundi
ISBN : 979-10-239-0101-6
Parution le 21 janvier 2016
Prix : 20 €

Quinze ans d’écriture critique par un théoricien majeur du cinéma

“L’ensemble de ces textes témoigne d’un parcours, d’une trajectoire d’une quinzaine d’années qui n’est pas seulement celle de l’auteur, mais aussi celle de la revue où ils ont été écrits, les Cahiers du Cinéma, depuis la rigidité théorique et idéologique du début des années 1970 jusqu’au post-modernisme des années 1980. On y suivra l’inflexion d’une pensée, d’une écriture, des goûts et des engouements qui définissent une époque — voire plusieurs.” P.B.

Après des études de philosophie, Pascal Bonitzer entre en 1969 aux Cahiers du cinéma, où il écrit jusqu’au milieu des années 1980. Parallèlement il devient scénariste et collabore à de nombreuses reprises avec Jacques Rivette, André Téchiné ou encore Raoul Ruiz. Encore, son premier long métrage, obtient le Prix Jean-Vigo en 1996. En 2016 sort son septième film: Tout de suite maintenant.

Afin de rendre compte de l’ensemble du parcours intellectuel de Bonitzer, ce livre, qui mêle théorie et critiques, se compose de quatre grandes parties. Sans suivre un fil strictement chronologique, elles marquent l’évolution d’une pensée majeure. Parmi les cinéastes commentés dans ce recueil, Nagisa Oshima et Federico Fellini, qui y occupent une place privilégiée, mais aussi Alfred Hitchcock, Jean Eustache, Éric Rohmer, Marguerite Duras, Martin Scorsese…

Sommaire*
LIMITES DE LA REPRESENTATION

  • Film / Politique
  • «Réalité» de la dénotation
  • Fétichisme de la technique: la notion de plan
  • Hors-champ (un espace en défaut) - Les silences de la voix
  • J.-M. S. et J.-L. G. - Voici (La notion de plan et le sujet du cinéma 1) - Les deux regards (La notion de plan et le sujet du cinéma 2)
  • Quoi? L’éternité (Agatha et les lectures illimitées, Marguerite Duras)

NAGISA OSHIMA

  • La Pendaison
  • Oshima et les corps-langages (La Pendaison)
  • Cinéma / théâtre / idéologie /écriture (La Cérémonie)
  • L’essence du pire (L’Empire des sens)
  • Le cercle de famille (Nuit et brouillard au Japon)
  • La bosse et la voix (Furyo)

FETICHES

  • Le silence de l’oeil (Une sale histoire, Jean Eustache)
  • La vision partielle
  • It’s only a film ou la face de néant
  • Les Enchaînés (Notorious, Alfred Hitchcock)
  • Mâchoires (After Hours, Martin Scorsese)
  • Glorieuses bassesses (La Marquise d’O…, Eric Rohmer)

FEDERICO FELLINI

  • Mémoire de l’oeil (Amarcord)
  • Le Casanova de Fellini
  • La Cité des femmes
  • Le rhinocéros et la voix (Et vogue le navire)
  • La cité dolente (Ginger et Fred)[/quote]

Lien :
Le site de l’éditeur : www.capricci.fr

J’ai lu quelques trucs de Bonitzer (dans les “Cahiers…”), mais je ne peux pas dire que je connaisse vraiment. Il a néanmoins une réputation plus que flatteuse dans le champ théorique (y compris en tant que scénariste, moins en tant que réalisateur), souvent convoqué par des grosses pointures à la Deleuze, ce qui n’est pas rien.

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Pascal Bonitzer sur FURYO de Nagisa Oshima :
"Le véritable sujet du film, c’est la fascination perverse de cette blondeur, qu’arbore le Major Celliers comme un défi, et dont le lieutenant Yonoï subit l’attrait mortel. Ce que raconte le film comme entre les lignes, c’est l’histoire oblique de ce fétiche. La véritable fin du film n’est pas son épilogue, le dialogue humaniste entre Lawrence et Hara ; c’est cette scène nocturne, cérémonielle et magnifique, où Yonoï s’approche de Celliers, enterré jusqu’au cou, le visage brûlé par le soleil, agonisant… II tient à la main un rasoir, et se penche vers la tête défigurée : on peut imaginer que, pour abréger les souffrances de Celliers, il va l’égorger et, déjà, on appréhende le giclement de sang sur le sable. Mais — et c’est bien plus terrible — c’est une mèche de cheveux que coupe Yonoï, avant silencieusement de repartir, comme un criminel. Reste sur le front noirci de l’agonisant un papillon de nuit, blanc et maléfique, comme la marque même du désir de Yonoï."
Critique complète à lire dans LA VISION PARTIELLE, actuellement en librairie.