LAKE MUNGO (Joel Anderson)

[quote]REALISATEUR

Joel Anderson

DISTRIBUTION

Talia Zucker, Rosie Traynor, David Pledger…

INFOS

Long métrage australien
Genre : thriller / épouvante
Durée: 1h23
Année de production : 2007

SYNOPSIS

Alice Palmer, 16 ans, meurt accidentellement en se noyant durant une sortie en famille. Alors que sa famille tente de faire son deuil, des phénomènes mystérieux commencent à se produire dans leur maison, notamment aux abords de la chambre d’Alice…
Alice est-elle vraiment morte ? Et si tel est le cas, que sont ces manifestations étranges ? La réponse se trouve peut-être sur les rives du “Lake Mungo”, à des kilomètres du lieu de la mort d’Alice…

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Depuis gamin, j’adore me faire peur devant des oeuvres de fiction, qu’elles soient littéraires ou cinématographiques. Et adolescent ou même enfant, j’ai eu mon quota de trouillomètres à zéro, du “Shining” de Kubrick au “Horlà” de Maupassant, en passant par quelques épisodes de séries télé glanés au hasard (des souvenirs assez troubles du “Voyageur” ou “Histoires Parallèles”, par exemple).
Evidemment, en prenant de l’âge, on devient un vieux barbon blasé difficilement impressionnable (et bouffer des centaines de films n’aide pas à régler le problème). Ma réaction consternée dans une salle pleine d’ados en transe devant “Paranormal Activity” m’avait permis de mesurer le gouffre entre nos appréciations de l’horreur et de l’épouvante…

Et v’là-t-y pas que je tombe un peu par hasard sur “Lake Mungo” (2008), un petit film “d’horreur” (faut le dire vite, le réalisateur préfère parler d’un thriller porté sur le surnaturel…) à l’excellente réputation.
Franchement, ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi mal à l’aise devant un film (effrayé serait un trop grand mot, mais bon, on rallume vite fait la lumière après le film, comme un con). Très efficace et très intelligent, ce petit film.

Il faut en savoir le moins possible sur le film et les éléments de l’intrigue pour que son impact soit optimum, je ne m’étendrai donc pas et me concentrerai sur la forme.
Celle-ci fait un peu peur sur le papier : “Lake Mungo” est en effet un documenteur (mockumentary en VO), une forme qui n’a que très peu mes faveurs. Je ne saurais même pas me rappeler d’une tentative aboutie en la matière, à l’exclusion de l’hilarant “Spinal Tap”, bien sûr. Ici c’est un choix porteur. L’aventure de la famille Palmer (totalement fictive faut-il le préciser…) nous est donc relatée au travers d’un assemblage hétéroclite, les régimes d’image se bousculant au portillon (plans de coupe plutôt beaux d’ailleurs, témoignages face caméra, extraits de vidéos “maison”, images issues d’un téléphone portable, etc…). Le réalisateur, son équipe et ses acteurs parviennent à un résultat confondant de réalisme en la matière.
Ce qui interpelle surtout dans le film, c’est son intrigue et ses rebondissements constamment surprenants et porteurs (mais je me tais), et les thématiques brassées. En l’occurrence, le deuil, abordé avec une douceur et une retenue rares, et une réflexion sur le statut des images, presque à la De Palma (même si la forme est à des années-lumière) mâtiné du “Blow Up” d’Antonioni, qui nous enseignait que l’agrandissement des images planes n’amenait qu’à la confusion et au brouillage du réel. A l’aune de cette influence, le jeu sur le grain de l’image est particulièrement bien pensé.

Sobre et “doux”, le film optimise par sa retenue les quelques (rares) moments-choc, qui visent plus à instiller un authentique malaise qu’à faire sursauter le spectateur (pas de jump-scares au programme, sauf un peut-être…).
Très réussi et très flippant (à mon goût en tout cas), et surtout d’une tristesse insondable. A regarder seul, à 3 heures du mat’, tous feux éteints (jusqu’à la fin du générique…) : effet garanti.

Ah tiens, Photonik qui va dénicher des trucs pas obligatoirement d’actualité. Intéressant. À surveiller (et les films, et Photonik).

Jim

Je regarde BEAUCOUP de films en ce moment. :wink:

Dans le genre assez surprenant pour un film de genre, et si tu aimes gentiment te faire peur, il y a le très regardable Wolf Creek 2 qui ne paye pas de mine sur le papier, et pourtant…
C’est nettement moins fin que Lake Mungo, mais bien écrit et filmé avec intelligence.

Oui, j’avais aimé le premier (on avait échangé dessus avec le Doc je crois), faudrait que je jette un oeil sur la séquelle, j’aime bien ce réal’. Plus pour sa mise en scène que ses scripts, ceci dit, même s’ils sont plutôt malins en effet.

Tu as aimé “Lake Mungo” ?

Non, mais tu m’as donné envie de la voir. :slight_smile:
Je vais donc le faire très prochainement.

Quand je disais Wolf Creek 2 moins fin, je me fiais juste à ton analyse de Lake Mungo.
WC2 est a priori nettement plus trash et classique. Mais c’est de la bonne came, sachant que le 2 est mieux foutu que le 1, chose assez rare pour les séquelles.