LE BOURREAU t.1-3 (Mathieu Gabella / Julien Carette)

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Bourreau 03. La Fête des fous

Date de parution : 17/10/2018 / ISBN : 978-2-7560-8383-4

Résumé

En cherchant le lien entre le Bouffon et son protégé, l’exécuteur de Paris a mis au grand jour un complot majeur qui implique le roi de France et dont il est la cible… La conclusion épique d’une série surprenante.

Le Bourreau a été fait prisonnier par trois jeunes gens masqués aux ordres du Roi. Son crime ? Avoir découvert que le Bouffon était lié au roi et que celui-ci préparait une attaque contre tout ce qui menace son pouvoir. Le Bourreau, le Copiste et le Bouffon ont tout intérêt à joindre leurs forces pour ne pas être éliminés. Mais la Fête des Fous approche, et avec elle, des effets désastreux sur leur Don…

La couv’ est intrigante !

Et très jolie.

Jim

ça me donnerait presque envie de démarrer la série !

Une chouette série.

Ah oui mais non …

J’ai récemment lu le premier tome, et c’est vraiment sympa. Un peu décompressé, c’est certain, mais très bien.

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L’intrigue nous permet de suivre le personnage qui donnera son nom à la série, un bourreau au talent surnaturel qui lui permet d’identifier les assassins impunis et de les coincer sur le parvis de Notre-Dame, avant d’appliquer la sanction. Le personnage est présenté comme un surhomme animé par « le don », vivant reclus et s’entraînant sans relâche afin de préserver son talent, qui s’annule en présence de quelqu’un qui connaît son identité. Jusqu’au jour où il interprète de travers son don et abat la mauvaise personne. Cette erreur est l’élément déclencheur de plein de péripéties, à commencer par la rencontre d’un bouffon à grelots qui le ridiculise devant la foule de parisiens amassés, puis par la remise en question de son rôle par sa propre hiérarchie ecclésiastique.

Parallèlement, Mathieu Gabella construit un jeu d’allers-retours entre le présent et le passé, celui-ci étant éclairé par différents flash-backs racontant comment l’individu en question est devenu le Bourreau. Ces séquences passées permettent de bien expliquer les tenants et les aboutissants de son don, et de rythmer les différentes phases de l’enquête qu’il mène au présent.

Au dessin, on retrouve Julien Carette, un jeune illustrateur qui s’était fait remarquer sur la reprise de Nomad (sous titré « 2.0 ») avec Jean-David Morvan. Fort d’une expérience dans la communication ou les jeux vidéo, cet homonyme d’un acteur des années 1940 et 1950 (on se souviendra de lui dans La Grande illusion, La Bête humaine ou encore L’Auberge rouge, dans une filmographie copieuse et impressionnante) a dans un premier temps été influencé par les comic books d’Image, et notamment par le travail de Scott Campbell (il me semble qu’à l’époque, il signait sous le pseudonyme de « Fudge », notamment pour des projets en équipe avec Christophe Malgrain). Ces influences très modernes se diluent aujourd’hui dans une approche plus franco-belge, mais sont encore perceptibles dans des visages et des gros plans féminins. Le dynamisme qu’il a développé avec ces lectures sert en tout cas à merveille cette retranscription du monde des super-héros dans un Paris médiéval.

Voilà donc un premier album fort plaisant, qui se conclut sur un mystère et qui me donne bien envie d’en savoir plus.

Jim

C’est l’ancêtre de Dexter ?

En fait, l’ancêtre de Dexter, c’est ça :

Jim

Le deuxième tome continue sur la lancée du premier, alternant les séquences au passé et les pages au présent. On apprend donc comment le précédent Bourreau a évolué, tout en obtenant des informations sur le trafic d’enfants qui était annoncé à la fin du tome précédent.

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Le héros s’interroge sur l’évolution de son « don », remet en doute sa hiérarchie, découvre un complot haut placé. C’est sans doute mon inattention, mais il arrive un moment dans l’album où les informations déferlent, certaines donnant l’impression de jaillir d’un chapeau (le Roi et son frère…). L’intrigue donne l’impression, dans la seconde moitié de l’album, d’aller un peu trop vite.

Néanmoins, l’enjeu devient clair : d’exécuteur des basses œuvres, le Bourreau devient la cible de la conjuration, au centre de toutes les attentions. L’apparente réécriture du thème des super-héros devient, sous la plume de Gabella, une réflexion sur le pouvoir politique et ses tentations.

J’attends de me procurer le dernier tome et de tout relire pour me faire une idée de l’équilibre propre au récit, qui m’a semblé un peu décompressé dans le premier tome et un peu accéléré dans le deuxième.

Jim