LE CHAOS (Vic Armstrong)

[quote]DATE DE SORTIE PREVUE

3 octobre 2014 (USA)
Indéterminée (France)

REALISATEUR

Vic Armstrong

SCENARISTES

Paul Lalonde et John Patus d’après les romans de Jerry Jenkins et Tim LaHaye

DISTRIBUTION

Nicolas Cage, Lea Thompson, Chad Michael Murray, Nicky Whelan…

INFOS

Long métrage américain
Genre : Action/Thriller/S.F
Titre original : Left Behind
Année de production : 2014

SYNOPSIS

Un petit groupe tente de survivre après la disparition de millions de personnes dans le monde…
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La bande-annonce :

C’est ce film qui se traîne une réputation de tract à la gloire de la droite américaine la plus fondamentaliste, non ? Je précise que je n’ai pas lu les romans d’origine et que je me fie aux chaînes d’infos françaises (très peu fiables…).

oui, c’est la mise en scène des croyances des fondamentalistes évangélique, notamment la “rapture”. Il me semble qu’il y avait déjà eu une série de téléfilms ou de direct-to-video.

si j’ai le courage, j’essaierai de retrouver le passage ou je parlais des bouquins dans* Apocalypses ! *et je vous le posterai ici.

après, si ça se trouve, ça pourra être aussi drôle que le Terre Champ de Bataille avec Travolta, hein.

…que je n’ai jamais osé visionner, mais peut-être que je commets là une erreur, du point de vue de mes zygomatiques en tout cas. :wink:

Voilà. C’était dans mon bouquin Apocalypses ! une brève histoire de la fin des temps, qui était sorti il y a deux ans (déjà !) aux Moutons électriques.

Je vous file lien chez Madame Mazone.

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[quote]Tout ceci reste néanmoins assez marginal : l’agitation provoquée par les groupes de pression religieux est généralement inversement proportionnelle à leur importance numérique réelle dans la société. La voix qui crie dans le désert crie d’autant plus fort quand elle est en ville.
Par ailleurs l’imagerie religieuse réussit à s’imposer à nouveau au premier degré, de façon conforme au dogme. Si un auteur de comic books comme Todd McFarlane joue encore avec la rapture et l’armageddon sur un ton critique et caustique dans Spawn, confiant d’ailleurs “Le jour où des curés recommandent la lecture de Spawn, je ferme boutique”, un film comme le Dogma de Kevin Smith, comédie tournant en dérision l’obsession millénariste, ne semble plus guère possible dix ans plus tard.
Car le protestantisme à l’américaine s’est enfin doté d’un imaginaire exploitable dans la culture de masse, et a l’air bien décidé à la réinvestir. La Rapture fantasy devient un genre en soi, avec des phénomènes éditoriaux* comme Les Survivants de l’Apocalypse (Left Behind) de Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins, racontant la vie des réprouvés restés sur Terre après que Dieu ait rappelé à Lui les justes (justes selon les critères du fondamentalisme protestant, bien entendu).
L’enjeu de la série de romans (déclinée par la suite en films, en romans pour la jeunesse, en comic books et en jeux vidéo) est le salut d’au moins une partie des survivants qui, comprenant l’erreur dans laquelle ils s’étaient trouvés jusqu’alors, se convertissent au dernier moment comme dans un tract de Jack T. Chick, les Saints de la Tribulation. La série use et abuse de symboles apocalyptiques comme l’Antéchrist (ou dans le cas présent, Antichrist) et la Marque de la Bête, tout en payant tribut à des interprétations protestantes traditionnelles, comme celle qui voit dans le Pape la Catin de Babylone.
Le tout baigne dans une théologie extrémiste, celle de l’aile dure des évangéliques américains, représentée par des pasteurs / hommes de médias comme Pat Robertson et Jerry Falwell**. Notons que ce retour d’un imaginaire apocalyptique remettant la volonté divine au cœur de la catastrophe coïncide avec l’éloignement du risque de guerre nucléaire à la fin de la guerre froide, l’éloignement de l’armageddon atomique brandi en son temps par Reagan. C’est précisément cette mouvance dispensationnaliste qui est le meilleur soutient aux États-Unis de la politique israélienne : Armageddon est réinterprété dans son acception la plus géographique, celle de la montagne de Terre Sainte surplombant Megiddo ; un conflit à cet endroit précis est, selon sa lecture des textes, l’étincelle déclenchant l’apocalypse elle-même.
Moins marqué idéologiquement, le film Le Livre d’Eli (Book of Eli) sorti en 2010 se situe après une catastrophe nucléaire, mais pose comme moteur du retour éventuel à la civilisation le contrôle et la possession du dernier exemplaire connu de la Bible. Il n’est sans doute pas anodin que cet exemplaire soit une édition en braille de la King James Version de la Bible, la plus traditionnelle des bibles américaines.
Même une série de science-fiction technologique comme le remake de Battlestar Galactica, débuté dans une ambiance post-11 septembre extrêmement marquée, interrogeant directement sur le mode pratique les problèmes moraux de l’époque, s’achève dans une ambiance extrêmement mystique***.

[size=85]* En tout cas aux États-Unis. Dans le reste du monde, les conceptions théologiques très américaines de la série ont laissé dubitatif.
** Qui avait décrit les attentats du 11 septembre 2001 comme une punition divine de la trop grande tolérance de l’Amérique envers les païens, homosexuels, féministes et autres militants en faveur de l’avortement. Il a aussi dénoncé les Teletubbies comme étant de la propagande gay.
*** Sans toutefois prendre ses spectateurs en traitre : la réflexion sur Dieu, sa nature et un éventuel plan divin est présente dès le début de la série.[/size][/quote]

Ah oui, quand même. C’est assez anxiogène, tout ça.
Tu soulèves un point très intéressant, celui de la reprise en main par les religieux de la thématique de la fin du monde puisqu’il semble que l’homme ne fera finalement pas sauter lui-même la planète…

Dans le genre, je me souviens bien du “Livre d’Eli”, dont le dernier acte m’avait laissé un arrière-goût bizarre, en effet.
Faudrait que je le lise, ce fameux “Apocalypses !” : tu me le conseilles ? :wink:

Je suis pas le mec le plus objectif pour en parler, tu penses bien, mais j’en reste assez content.

Un point qui me semblait intéressant et que je soulevais dans le bouquin, c’est que le protestantisme, assez “anti images” à la base, a mis très longtemps à se doter d’une imagerie propre, du coup. Tu noteras que dans plein de films d’horreur réalisés par des Juifs ou des Protestants, l’image de l’homme de Dieu est celle d’un prêtre catholique, parce qu’il est le seul à être assez iconique, et je trouve ça très intéressant. (fait dire qu’un chef de congrégation évangélique, c’est un type en costard et cravate, c’est juste pas spectaculaire, ça ressemble trop à un méchant dans Robocop ou Wall Street, en plus plouc). ce n’est qu’assez récemment que les auteurs des mouvances spécifiquement américaines du protestantisme ont réussi à développer une imagerie propre, un univers visuel à eux, avec leurs propres concepts théologiques, ce qui leur a permis de lever ce paradoxe.

J’ignorais que le protestantisme était assez peu porté sur les “icônes”, contrairement au catholicisme, mais effectivement ça fait sens.
Ce qui est dingue, c’est que c’est probablement la nature de notre univers quotidien (noyé d’images) qui leur a “forcé” la main, comme une adaptation nécessaire à l’esprit du temps pour rester des prosélytes efficaces.
Ce qui ne manque pas de sel quand on considère leur opinion globale sur la modernité…

Je trouve ça fascinant. mais ça donne aussi des trucs farfelus, du coup : Hollywood n’est pas capable de faire un Solomon Kane correct, alors qu’il est justement porteur des valeurs puritaines. le besoin d’imagerie fait qu’ils lui mettent des crucifix au lieu de croix et ainsi de suite. (rappelons que les colonies d’Amérique du Nord étaient puritaines et fuyaient aussi bien les catholiques que les anglicans, qui eux n’avaient pas peur des images, et passaient donc à leurs yeux pour des idolâtres décadents)

dans le bouquin, j’évoque aussi en passant le problème spécifique de la King James Version, la bible en vieil anglais qui reste la référence de pas mal de mouvements américains, et qui fait que l’Anglais reste cette langue magnifique où l’on vouvoie son chien, mais l’on tutoie Dieu.

C’est tout à fait juste.
Ceci dit, le réalisateur était britannique si je ne m’abuse. Je le précise tout en ayant bien conscience qu’il n’a de toute façon pas eu les coudées franches, hein.

[quote=“Nikolavitch”]
l’Anglais reste cette langue magnifique où l’on vouvoie son chien, mais l’on tutoie Dieu.[/quote]

Ha ha !! Et vice-versa, bien sûr.

[quote=“Nikolavitch”]
dans le bouquin, j’évoque aussi en passant le problème spécifique de la King James Version, la bible en vieil anglais qui reste la référence de pas mal de mouvements américains, et qui fait que l’Anglais reste cette langue magnifique où l’on vouvoie son chien, mais l’on tutoie Dieu.[/quote]

Tiens, j’ai entendu dire que dans tous les hôtels américains, il y avait une Bible (et après, on s’étonne que ce bouquin fasse du high score en termes de ventes). Comme un couillon, les rares fois où j’ai pieuté dans un hôtel américain, j’ai pas vérifié… Mais si c’est bien le cas, cette Bible “d’office”, est-ce la King James Version dont tu parles ?

Jim

C’est la Gideon Bible, qui n’est pas toujours une bible complète (suivant les versions, tu as soit tout, soit le Nouveau Testament, les Proverbes et les Psaumes).sur la version, je ne sais pas. c’est peut-être la Standard Revised Version, une version plus moderne, qui petit à petit s’est imposée dans le paysage (mais les évangéliques hardcore ne jurent que par la King James) (pour la petite histoire, quand Stan Lee fait du “faux Shakespeare”, c’est surtout du “faux King James”)

A priori, ce serait le plus souvent la King James (en tout cas, d’après cet article).

Tori.

hop, je note dans mes tablettes. merci !

Fais attention à ton cou, surtout. Je sais pas comment le réal a posé sa caméra, mais quasiment tous les plans du films sont bancals (j’ai passé les premières minutes à pencher la tête par réflexe :mrgreen: ).

[quote=“Nikolavitch”]oui, c’est la mise en scène des croyances des fondamentalistes évangélique, notamment la “rapture”. Il me semble qu’il y avait déjà eu une série de téléfilms ou de direct-to-video.
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Oui, c’est bien ça. Une trilogie interprétée par Kirk Cameron (qui jouait le perso qu’incarne Nic Cage dans cette nouvelle version), révélé par la sitcom Quoi de neuf docteur ? dans les 80s et qui est surtout connu maintenant pour ses prises de position anti-darwinisme, anti-mariage gay, anti-avortement et tout le toutim…le parfait militant évangélique fondamentaliste, quoi (il dirige d’ailleurs son propre mouvement)…