LE CLUB - Michel Pagel (Les Moutons électriques)

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[quote]Longtemps, ils avaient été CINQ.
François, Claude, Mick, Annie et Dagobert, quatre enfants et un chien, ont autrefois formé un Club et vécu bien des aventures extraordinaires. Trente ans plus tard, le chien est mort depuis longtemps quand trois membres du Club, devenus adultes, séparés par la vie, sont invités par le quatrième à l’endroit même où ils passaient leurs vacances dans leur enfance[/quote]

Les Moutons Electrique
Collection la bibliothèque voltaïque
160 pages
15 € ou 5,99 € en version numérique[/quote]

… **[size=150]D[/size]**ans le domaine de la fiction le statut fictif ou non d’un personnage est indexical.

C’est-à-dire que la valeur que cette situation recouvre (fictif ou pas), dépend des caractéristiques du contexte dans lequel ce statut est interprété.
La nature d’un personnage, de fiction ou réel, dépend respectivement du moment, du lieu et du sujet de l’énonciation.

L’éditeur de bande dessinée étasunien DC Comics a très souvent utilisé cette propriété, car son univers a longtemps reposé sur l’idée de Terres parallèles où des versions différentes de ses personnages vivaient des aventures tout aussi différentes.
L’exemple le plus connu est certainement celui de Flash (alias Barry Allen) le bolide de ce qu’on appelle chez DC Comics « Terre 1 », qui connaissait le Flash de « Terre 2 », alias Jay Garrick, avant même de le rencontrer lors d’un épisode fameux (Pour en savoir +) sur une « Terre 2 », justement parce qu’il en lisait les aventures dans des comic books.
Ainsi sur « Terre 1 » Jay Garrick est-il un personnage de BD, alors que sur « Terre 2 », un univers parallèle en fait, il est un super-héros tout à fait réel. Toutes choses égales par ailleurs.
La bande dessinée dans ce cas est un “médium” dans tous les sens du terme.

… L’idée de Michel Pagel pour ce livre est plutôt simple : «Tiens, et si les membres du Club des 5 se retrouvaient une fois adultes et vivaient une nouvelle aventure, ça serait rigolo, ça » (Pour en savoir +).

Au final l’auteur « rechape » le whodunit (kilafé), terme inventé dans les années 1930 – probablement aux U.S.A. - pour désigner un type de films (et non pas un type de romans comme on pourrait le croire), sans en gommer les spécificités – le roman d’énigme « classique » popularisé par des auteurs comme Agatha Christie - en un jeu du chat (de Schrödinger) et de la souris ; et y plonge les membres du CLUB DES 5.

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, … hormis que les personnages de fiction (ceux du CLUB DES 5) sont devenus, dans LE CLUB, réels, selon la propriété indexical susmentionnée, avec tout ce que la réalité implique de changements par rapport au monde de la fiction.

… La simplicité de mon bref résumé et la toute aussi simple idée de départ de l’auteur, ne suffisent pas à rendre compte de la richesse que contient ce roman.
C’est bien simple, LE CLUB est à l’image du Tardis le vaisseau spatio-temporel du docteur Who maquillé en cabine d’appel de la police : plus grand à l’intérieur qu’il ne paraît l’être vu de l’extérieur (seulement 160 pages).

Faut-il avoir lu le CLUB DES 5 dans la Bibliothèque rose pour en être ?

Pas du tout, Michel Pagel apporte tout ce dont a besoin le lecteur pour en être (et bien plus encore).

LE CLUB est définitivement un livre pour ceux qui aiment aimer ce qu’il lise.

C’est intriguant !

J’en ai bouffé du “Club des Cinq”, quand j’étais marmot (lecture quasi imposée par ma mère, grande lectrice d’Enid Blyton dans sa prime jeunesse, mais je n’ai pas regretté ces heures de lecture).

Vais peut-être me laisser tenter, non pas tout à fait par nostalgie, mais pour essayer de “rester fidèle à ce qui nous a un jour transi”, comme le disait si bien le critique Serge Daney.

Le seul écueil de cet excellent roman, c’est son prix : 15 € pour 160 pages (qui en plus se lisent très vite compte tenu de la qualité dudit roman) c’est exagéré.
Pour ma part j’ai pris la version numérique.

On voudrait en vendre moins, qu’on ne s’y prendrait pas mieux. :wink:

Je lisais il y a peu un entretien de Druillet datant de 1979 où il expliquait la politique d’Eric Losfeld qui vendait ses albums à des prix qui en faisaient des “objets de luxe” destinés à une “élite”.
Ce qui selon Druillet a failli tuer la BD à l’époque.

Et je trouve que certains éditeurs actuel, semble pour ainsi dire sur la même longueur d’onde, en proposant des prix très élevés. Trop élevés. :slight_smile:

Tout à fait.
Je reste halluciné du montant des “grands livres”, en soi la sortie initiale avant la sortie en poche. Ma compagne a longtemps été libraire, et spécialisée dans le rayon jeunesse. Elle était régulièrement le témoin des surprises et des départs de jeunes, enfants ou adolescents, qui voudraient découvrir quelque chose ou prendre le prochain tome d’une série qu’ils ont débutée, et reculer devant les prix.
Il y a bien sûr des exceptions, mais je ne vois pas un gamin, qui aurait eu pour son anniversaire le premier tome de telle série (allez, mettons Hunger Games), pouvoir lâcher entre 15 et 20 € pour prendre vite la suite. Du coup, ça repousse à la prochaine célébration, ça frustre le jeune, et ça peut “casser” l’envie de continuer à suivre ou à lire.

Autant je peux accepter des prix à 15 ou 20 € pour des romans “grand format” (pas poche, donc) pour les adultes, mais toute la gamme jeunesse devrait être bien en dessous. Les éditeurs s’en sortiraient, car moins cher équivaudrait sûrement à plus d’achats.