LE GARDE RÉPUBLICAIN #1-15 (Terry Stillborn / collectif)

Je m’aperçois qu’il n’y a pas de sujet sur LE GARDE RÉPUBLICAIN, la série de comics auto-édités par Terry Stillborn (vous reconnaîtrez qui se cache sous ce pseudo) depuis quelques années. Sur un forum qui s’intéresse au franco-belge, aux comics et aux super-héros, c’est un peu surprenant.

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Du coup, je vais ouvrir le sujet, que je vais sans doute illustrer, au fur et à mesure de mes lectures, et dans le plus grand désordre. Après tout, la publication se veut une anthologie avec un héros à dimension variable, si bien qu’aborder la série dans le désordre ne me semble pas inadapté.

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Jim

Ah bah tiens j’en parlais Hier avec Thierry après notre podcast

Bah voilà, la discussion est ouverte.
:wink:

Jim

En son temps, j’ai du chroniqué les deux ou trois premiers …

Allez, je vais prendre la série dans le désordre, en fonction de l’inspiration.

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Dans le numéro 7, le Garde Républicain, héros créé par Thierry Mornet il y a des années à l’occasion du concours du Strange #100, rencontre un autre justicier décalé, Nuclear Man, créé par l’Espagnol Juan Roman Cano Santacruz.

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Ce personnage, apparu dans un récit court en Espagne, dont le propos consiste à étaler un maximum de dégâts en un minimum de cases, fait ici une apparition. Les deux auteurs s’amusent à ravager Paris à l’occasion de planches remplies de débris et d’onomatopées. C’est complètement gratuit et parfaitement jubilatoire. Un plaisir pour les yeux, à défaut d’une grande stimulation pour l’esprit.

Le numéro propose également une histoire des Toto’s Brothers, mettant en scène une incarnation précédente du héros. (Car oui, il faudra bien vous parler du concept du héros, mais ça sera pour une prochaine fois.)

Jim

Je mets telle quelle, sans filtre, ma chronique du numéro 1, de l’époque de France-Comics :

Si ce n’est pas non plus une invasion, on commence à revoir de plus en plus des comic books de super-héros à la française. Et comme on ne peut pas toujours tout lire ou acheter, il y a un moment où il faut faire des choix. Et ceux-ci se tiennent parfois à peu de choses … une rencontre par exemple, au festival de Saint-Malo, avec le créateur de ce personnage, Terry Stillborn, autrement dit Thierry Mornet, l’éditeur de la collection Contrebande chez Delcourt. S’il ne me refait pas l’histoire de la genèse (qui est disponible dans la partie éditoriale de ce premier numéro, et prouve que de vieilles idées ne sont jamais à jeter), il me raconte le concept : le Garde Républicain est un personnage (sans pouvoir, mais bien équipé) qui a connu différentes incarnations au fil de ces derniers siècles. Une idée qui permet d’avoir de développer des histoires aux genres variés et de les intégrer également à l’Histoire de France (ce qu’on pourra voir dans un autre magazine).

En soit, cela rappelle l’astuce rétroactive sur le Captain America qui évoluait entre la Seconde Guerre Mondiale et avant Avengers #4, mais en ayant finalement plus de libertés, une existence plus étendue et surtout des Gardes qui vieillissent. Bref, c’est quand même autre chose qu’une version hexagonale de la bannière étoilée.

Cette première histoire met en scène le Garde Républicain de notre époque, qui va tenter de faire déjouer un attentat à la Tour Eiffel organisé par l’organisation criminelle CRIMEN, mais qui sera finalement qu’un leurre pour finalement voler un objet magique très ancien caché dans le musée du Louvre.

Etre un bon éditeur (cela n’engage que moi, mais j’estime que Thierry Mornet en est un) ne veut pas forcément dire être un scénariste, et je restais donc un peu méfiant. Finalement assez inutilement, parce qu’en une quarantaine de pages, l’auteur montre une belle efficacité dans la construction, avec beaucoup de dynamisme (pas vraiment de temps mort) et une présentation progressive de l’environnement du personnage, hors personnages issus de l’univers Hexagon, sur lequel s’appuie Mornet pour son intrigue. Celle-ci sert également à présenter le personnage de Marianne, qu’on pourrait considérer comme le sidekick du Garde Républicain, et en profite pour laisser quelques détails pour préparer une intrigue qu’on sent être le fil rouge des prochains récits (même si ce premier épisode est auto-contenu).

J’avais également une appréhension au niveau des dialogues, qui peuvent être parfois un peu to much dans ce genre de bande dessinée quand un Français veut faire comme Stan Lee. Mais le scénariste ne dépasse pas la limite du supportable, et essaie de varier les langages en fonction de la caractérisation voulue de ses personnages (avec une volonté d’être le plus représentatif, Marianne en étant la meilleure preuve, sans en faire trop dans le cliché). Et le phrasé fait plus naturellement français par rapport à des comic books américains traduits dans la langue de Molière (ce qui n’est pas étonnant, les contraintes n’étant pas les mêmes).

Juan Roncagliolo Berger, dont le travail a déjà été vu dans les deuxièmes intégrales de Phénix et d’Hexagon, n’arrive donc pas dans un univers totalement inconnu. Le Mexicain livre des planches assez sages en termes d’agencement de cases, mais tout en dynamisme, à l’image du récit. Il montre assez bonne maîtrise du mouvement des personnages, que ce soit en moto volante, en skate-board ou au cours d’un combat (même si une case vers la fin semble un peu étrangement construite, malgré une bonne idée de départ). Les arrière-plans sont fournis, sans alourdir les pages, et nous montrent bien que l’histoire se déroule à Paris (même quand les héros vont dans les égouts). Son style graphique pour cet album pioche évidement dans celui des comic book, et manque peut être de personnalité. Cependant, il est suffisamment solide et agréable à lire pour ne pas rougir de la majorité des artistes américains.

A noter que la belle couverture est réalisée par Eric « The Goon » Powell.

Avis : ce n’est pas exempt de défauts, mais pour une première, c’est très plaisant et facile à lire. Cela met l’eau à la bouche pour d’autres aventures.

Et voici la chronique du numéro 2, toujours d’époque, sans filtre et sans correction :

Pour le deuxième numéro, la formule change légèrement, puisque ce sont deux récits qui sont proposés.

Le premier, de 26 pages, toujours réalisé par Terry Stillborn (alias Thierry Mornet), met en scène le Garde Républicain post-68, Frank Maillard. L’épisode débute par son {recrutement} par le programme GR, son entraînement et un résumé de ses missions (dont garde du corps pour Dalida et Cloclo), pour enchaîner sur une mission d’élimination d’un terroriste à la solde de Moscou, qui s’avère finalement être le précédent Garde Républicain, Pierre Finet, considéré comme un déserteur …

L’auteur ne perd pas de temps pour affirmer que l’organisation gérant le héros français est gangrénée à sa tête (il finit même par un célèbre clin d’œil à Watchmen) ce qui montre que le fil rouge lancé à la fin du premier épisode est clairement dans sa tête (même si finalement, on apprend que peu de choses) et que l’univers qu’il a créé est loin d’être manichéen. Cela permet également de voir que les Gardes ont des caractères assez différents, car le soldat Maillard est beaucoup plus taciturne que son « ainé » (pire encore si on compare avec St-Clair), ce qui se voit d’autant plus par une forte utilisation des récitatifs. En soit, c’est assez logique pour un militaire, et c’est donc intéressant de voir que Mornet adapte (logiquement) son écriture en fonction des incarnations. L’auteur continue également de multiplier les références pour bien intégrer son concept à notre réalité.

C’est Christophe Hénin (vu dans les {French Crow}) qui se charge cette fois-ci de la partie graphique. La grosse scène de combat nous permet de voir qu’il met beaucoup d’énergie dans ses pages, privilégiant l’action et la mise en avant des personnages au décor, pas toujours très fourni, mais souvent sous-jacents. La mise en page est un peu plus variée que celle de son prédécesseur, cela accentuant la dynamique de la baston. Le coup de crayon est maîtrisé, l’encrage peut être parfois un peu gras (peut être à cause de textures très présentes), mais cela ne nuit pas à la lisibilité.

Avec le second épisode, 18 pages, on change du tout au tout. Laurent Lefeuvre réalise le scénario et le dessin du premier crossover (d’un point de vue éditoriale) du Garde Républicain (Maxime St-Clair), qui sera accompagné de … Fox-Boy- bien évidemment (mais cela n’est pas relié à l’album publié chez Delcourt). Cette fois-ci, le héros principal est le jeune homme, arrêté par la figure nationale, mais qui va être emmené dans une aventure teintée de fantastique et sorcellerie, bien loin du projet GR. Lefeuvre a bien compris le concept, les caractéristiques du personnage et prouve qu’il peut être utilisé avec n’importe quel personnage un tant soit peu encré dans la réalité.

Si l’histoire n’est pas si auto-contenue que cela (puisqu’il est lié à un récit de la première incarnation breizh-web de Fox-Boy, Poatr Louarn), elle est suffisamment bien construite, avec les éléments nécessaires pour être comprise par tous. On est clairement dans l’idée de Stan Lee que n’importe quel comics peut être le premier d’un nouveau lecteur. Et de toute façon, la fin ouverte est la même pour tous !

La maîtrise graphique est totale, avec beaucoup d’idées de mise en page, d’effets de séquences et du dynamisme en fin d’épisode. Les personnages sont vivants et expressifs. L’éclairage est sombre, mais pour autant, l’ambiance ne l’est pas tant, avec un final assez drôle. Et le fan de comic book s’amusera à retrouver toutes les références.

Avis : un deuxième numéro qui renforce l’intérêt pour ce personnage, avec une assurance sur les qualités des artistes. Reste que maintenant on veut un vilain !!!

Une image tirée du Garde Républicain #15 :

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Jim

Et la couverture officielle :

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Jim

Aux côtés de Fox-Boy, le Garde Républicain se mobilise également pour soutenir les libraires :

Jim

Il fallait bien que ça arrive un jour. Me voilà embarqué dans une nouvelle aventure du Garde Républicain. Je n’en dis pas plus, puisque nous sommes encore au début du chantier, mais je peux déjà révéler que ce sera l’occasion pour moi de travailler à nouveau avec Jean-Marc Arden, dont j’aime beaucoup le style où apparaît l’influence de Jack Kirby.
La dernière fois que nous avons collaboré ensemble, c’était pour une aventure de Tanka dans Spécial Zembla #167, en 2002. Et ça donnait ça :

Nous voici repartis pour une histoire de vingt-deux pages, avec des catacombes, des engins bizarres, un monstre et beaucoup de pif paf boum. De l’action, c’est ce qu’on va mettre en avant.
Je ne sais pas quand l’épisode sera publié. Je vous tiens au courant au fur et à mesure.

Jim

Tu en avais déjà fait une ?

Non, pas encore. J’ai mal formulé : ce n’est pas une nouvelle aventure pour moi, mais une nouvelle aventure pour lui.

Jim

Ben, du coup, c’est quand même nouveau (donc une nouvelle aventure) pour toi… ~___^

Ta phrase est bien « Me voilà embarqué dans une nouvelle aventure du Garde Républicain », qu’il ne faut pas comprendre comme « Me voilà à nouveau embarqué dans une aventure du Garde Républicain ».

Tori.

C’est vrai. Tu as raison.
Na !

(Et j’étais sûr que tu interviendrais.)

Jim

Chouchou