Hier, j’ai récupéré trois numéros de Spirou Album +, un trimestriel à dos carré et couverture souple qui proposait des histoires courtes (tiens d’ailleurs, j’ai cru voir dans un des sommaires un récit court de Spirou par Tome & Janry, faudra que je voie s’il a été repris quelque part dans un album…).
Et dans le numéro 3, de septembre 1982, on trouve une histoire de vingt deux pages en noir & blanc, signée P. Craig Russell. Histoire que je connais pour l’avoir lue ailleurs, donc je ne me suis attardé que sur les images et pas encore sur la traduction ou le lettrage. Cela dit, j’ai cherché rapidement, et j’ai bien l’impression que le nom de l’auteur ne figure nulle part, ni dans le sommaire ni à la première page du récit, tandis que le titre ne se trouve que dans la page sommaire : « L’expression à bord du vaisseau ‹ souvenir › ».
Il s’agit de « Breakdown on the Starship Remembrance », un récit que Craig Russell a signé chez Eclipse en 1979 dans le premier numéro de Night Music. Premier et unique dans cette itération, mais l’histoire a été rééditée, cette fois en couleurs, dans le premier numéro de Night Music version 1984, un titre anthologique qui connaîtra onze livraisons compilant différents récits de Russell, toujours chez Eclipse.
L’histoire, qui raconte une dépression nerveuse dans l’espace profond (je la fais courte, c’est tellement plus que ça) sera à nouveau traduite dans Spécial USA #8 et 9 en 1984 (mais apparemment avant la réédition américaine, donc également en noir & blanc : j’irai vérifier, je dois les avoir), dont cette parution dans Spirou Album + semble être la première adaptation en France. À vérifier, bien entendu.
Le sommaire du magazine associe Russell à Neal Adams, ce qui n’est pas tout à fait faux quand on connaît les débuts du dessinateur, mais très vite Russell s’émancipera de l’influence d’Adams pour préférer celle de Barry Smith, celle de Steve Ditko, celle de Jim Steranko (dont on sent dans cette histoire la présence : Steranko a été le préfacier de la première édition de Night Music) et surtout celle des peintres, des pré-raphaélites aux tenants de l’Art Nouveau. En 1979, toutes ces influences ont écrasé celle d’Adams.
C’est en tout cas pour moi une découverte assez étonnante. Je me demande s’il y a d’autres traductions, américaines ou autres, dans ces Spirou Album +. Bédéthèque en recense six, j’en ai donc la moitié. Peut-être aurais-je la chance de croiser les trois autres sous peu.
Jim