LE NOM DE LA ROSE

Italie, 1327. Le moine Franciscain Guillaume de Baskerville et son jeune novice Adso de Melk arrivent dans une abbaye isolée des Alpes. Ils vont être témoins d’une série de meurtres mystérieux. Tandis que les deux hommes enquêtent et se jettent à la poursuite du meurtrier, ils sont eux-mêmes pris en chasse par l’impitoyable inquisiteur Bernardo Gui. La mission de ce dernier est claire : traquer tous ceux qui critiquent le Pape. Et Baskerville est sur sa liste…

CREATEURS

Andrea Porporati et Nigel Williams, d’après Umberto Eco

DISTRIBUTION

John Turturro, Damian Hardung, Rupert Everett, Michael Emerson…

INFOS

Mini-série italienne/allemande/française
Genre : drame historique/thriller
Format : 8 x 52 mn

Hey, joli casting ma foi (jeu de mots) !!!

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1er épisode prometteur.

John Turturro, c’est une excellente idée.

Jim

C’est un remake non ? J’ai le souvenir d’une chronique du fossoyeur dessus il me semble

Ben c’est à dire que le roman avait déjà fait l’objet d’un “petit” film déjà, oui… celui de Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans un de ses tout meilleurs rôles, un jeune Christian Slater, Michael Lonsdale et Ron Perlman… la participation d’Umberto Eco lui-même au travail d’adaptation… 77 millions de dollars de recettes à l’époque, des prix un peu partout… une paille, quoi…

J’ai un peu de mal à croire que la série peut dépasser ce précédent et ce n’est certainement pas la bande-annonce présentée plus haut qui va me convaincre du contraire…

Exact !

Une nouvelle adaptation, plutôt (et sous un format différent, puisque la première adaptation était un film et qu’ici, c’est une série)…

Chaque adaptation de Sherlock Holmes, par exemple, n’est pas considérée comme un remake de la précédente.

Tori.

Un sacré film, oui. Je me le suis tapé un sacré paquet de fois avec un plaisir égal, et pourtant j’en ai vraiment rien à foutre du reste de la filmographie de Jean-Jacques Annaud…
Là où mon avis différerait du tien, c’est sur la pertinence d’une nouvelle adaptation. Si ça avait été à nouveau un film, j’aurais partagé ton opinion : “c’est mal barré”. Mais sur la longueur que permet le format, il y a fort à parier que les multiples détails foisonnants du roman (que je n’ai pas lu, mais pour avoir lu “Le Pendule de Foucault”, je me doute un peu de ce que ça peut représenter) seront repris alors que le film, c’est notoire, en a largement sabré, par nécessité.
Sans probablement égaler le film, la série aura peut-être au moins le mérite d’être plus “fidèle” au roman, en reprenant à son compte plus d’éléments du matériau d’origine.

Et c’est le cas dans le premier épisode.

La difficulté ça va être de tenir le spectateur en haleine, car connaissant la fin, c’est sûr que c’est sur le reste que je vais me focaliser.

Ah, tant mieux ; ça me rend curieux…

Connaître la fin dans le cadre d’un récit pareil, c’est vrai que ça pose un vrai problème ; les auteurs de la série “Pique-nique à Hanging Rock” (qui adapte un texte déjà adapté au cinéma, par Peter Weir) avaient fait le choix de la changer. Je ne pense pas que ce sera le cas ici…

En ce qui concerne la fin, il y a des différences entre le film et le roman, déjà (les grandes lignes sont les mêmes, mais pas les détails, notamment en ce qui concerne certains personnages)…

Tori.

Oui mais ça à la rigueur je m’en tape un peu. En matière d’adaptation, à valeur “égale” du résultat, je préfère la fidélité à la trahison — mais je préfère une “trahison” féconde et un excellent film en tant que film (ou quel que soit le média d’arrivée : film, série, BD, opéra, qu’importe) à une adaptation “fidèle” mais foirée ou simplement sans intérêt sur les autres plans. Si je veux de la fidélité au roman, je n’ai qu’à relire le roman : on ne fera pas plus “fidèle” que ça.

Eco a expliqué — dans son Apostille au Nom de la Rose — que les cent premières pages du roman, grosso modo, étaient conçues plus ou moins comme une épreuve pour faire rentrer le lecteur dans le bon état mental :

Après avoir lu le manuscrit, mes amis de la maison d’édition me suggérèrent de raccourcir les cents premières pages, qu’ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n’eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu’un voulait entrer dans une abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. S’il n’y arrivait pas, il ne réussirait jamais à lire le livre dans son entier. Donc, les cents premières pages avaient une fonction pénitentielle et initiatique. Tant pis pour qui n’aimerait pas : il resterait au flanc de la colline.

Du coup, une adaptation “fidèle”, en l’espèce, ce serait par exemple une adaptation qui accepterait de passer cinq minutes (au moins) à détailler en gros plans les différentes figures ornant le portail de l’abbatiale. Je serais quand même étonné que ça fonctionne très bien à l’écran.

Je serais aussi assez étonné d’apprendre que c’est le parti suivi par la série, alors que la bande-annonce me vend le truc comme une série d’action, de surcroît désespérément cheap dans son esthétique, dont je ne vois pas le rapport ni dans le fond ni dans la forme avec le roman. Je ne peux certes pas juger sans avoir vu au moins le premier épisode entier, mais franchement, ça ne m’en donne guère envie.

Tu fais bien de me rappeler cette série qui avait piqué ma curiosité — elle — et que j’ai totalement laissé passer. Il faudra que je rattrape ça.

C’est ce qui m’a rendu la lecture très pénible. Ça et sa volonté de faire passer le texte pour une création de l’époque, dans sa logique de palimpseste, de “à la manière de”. Je garde un très mauvais souvenir de la lecture (effectuée au lycée, je crois). Mais il faudrait que je retente : avec mon bagage de lecteur, j’y trouverais peut-être un charme auquel je n’étais pas sensible à l’époque.

Jim

Là dessus, nous sommes tout à fait d’accord.
Ce que je disais était un peu théorique, ça ne marche évidemment qu’à “valeur égale”, comme tu dis.
Je n’ai pas vu la bande-annonce, mais ne serait-ce que pour le cast’, je reste curieux.

Bah ben ça, ça pourrait m’intéresser, perso. En matière de cinéma, je suis très client de plans et de séquences qui prennent leur temps.