LE RETOUR DE KRIMINAL (Fernando Cerchio)

REALISATEUR

Fernando Cerchio

SCENARISTE

Eduardo Manzanos Brochero, d’après la bande dessinée de Magnus et Max Bunker

DISTRIBUTION

Glenn Saxson, Helga Liné, Andrea Bosic, Tomas Pico…

INFOS

Long métrage italien/espagnol
Genre : suspense/aventures
Titre original : Il marchio di Kriminal
Année de production : 1968

Sortie en 1966, Kriminal est la première adaptation cinématographique d’une bande dessinée italienne (ou fumetti). Créé en 1964 par Magnus et Max Bunker (pseudonymes de Robert Raviola et Luciano Secchi), Kriminal est un génie criminel, affublé d’un costume de squelette de couleur jaune.
Réalisé par Umberto Lenzi, le film a connu à l’époque un joli succès, ce qui a conduit ses producteurs à mettre rapidement en chantier une suite. Après le refus de Umberto Lenzi de reprendre le fauteuil de réalisateur, la mise en scène du Retour de Kriminal a été confiée à Fernando Cerchio, un vieux routier du cinéma de divertissement italien, dont la carrière remonte au début des années 40 et qui a emballé aussi bien des films de cape et d’épée (Le fils de Lagardère, Le vicomte de Bragelonne), des peplums (La Vallée des Pharaons, Nefertiti reine du Nil), des westerns (Pour un dollar de gloire) et une longue série de pelloches avec le comique Toto (dont un certain Toto contre Maciste). Le Retour de Kriminal est l’une des ses dernières réalisations, avant son décès survenu au début des années 70.

Pour la plupart, les critiques n’ont pas été tendres avec cette suite, généralement considérée comme inférieure à l’original. Ce qui n’est pas mon cas : si la réalisation est par moment aussi plate et fonctionnelle que celle d’Umberto Lenzi, je trouve pour ma part ce Retour plus réussi que son prédécesseur…

Alors que la police pense que Kriminal est toujours incarcéré dans une prison turque, celui-ci les a en fait bernés. Après s’être échappé, Kriminal dirige maintenant sous un faux nom une maison de repos pour personnages âgées. Avec l’aide d’une complice, il provoque le décès des pensionnaires pour empocher leurs primes d’assurance-vie. Mais il commence à s’ennuyer. En brisant par accident une statuette, il découvre un parchemin, morceau d’une carte menant à des tableaux de grande valeur. Kriminal décide alors de partir à l’aventure pour retrouver ce trésor. Mais son ennemi de toujours, l’inspecteur Milton, découvre la supercherie et se lance aussi à sa recherche…

En têtes d’affiche, on retrouve bien entendu le trio vedette de Kriminal : le blondinet néerlandais Glenn Saxson revêt une seconde fois le costume du malfaisant criminel, avec cette fois-ci un peu plus d’assurance que précédemment puisqu’il s’en donne à coeur joie avec son air détaché et son sourire en coin arrogant (sans oublier quelques répliques assassines). L’atout charme est à nouveau assuré par la belle Helga Liné (mais dans un rôle différent) et Andrea Bosi reprend le rôle de l’inspecteur Milton, antagoniste du vilain et caution comique du récit…

Comme je l’ai souligné à l’occasion de mon billet sur Kriminal, je n’ai jamais lu la bande dessinée de Bunker et Magnus, qu’on dit portée sur le sexe et la violence. Elements édulcorés ici donc (mais qu’on retrouvait à petites doses dans le Lenzi), puisque le film fait plutôt la part belle au second degré et à un savoureux humour noir en emmenant son “héros” sur la trace de tableaux de maître, objets de nombreuses convoitises. Malgré quelques baisses de rythme, les péripéties ne manquent pas et les exactions de Kriminal, toujours prompt à manipuler son entourage, assurent le spectacle. Les décors sont superbes, les filles sont jolies et l’ensemble a un côté dépaysant pas déplaisant…

Une autre bonne idée du premier opus est reprise ici : des cases de bandes dessinées sont incrustées régulièrement à l’écran et ponctuent chaque moment-clé de fort jolie façon.

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Malgré une fin un brin expédiée qui tombe comme un cheveu sur la soupe, ce Retour de Kriminal est un chouette divertissement de série B, correctement emballé et interprété et qui sait mieux jouer la carte de l’exotisme aventureux que le premier film de la série.

Fan de ce genre de personnages de fumetti neri,il me faudra penser à voir ces films.