Je viens de lire Panique en Atlantique, le sixième « Spirou par ». En l’occurrence, par Lewis Trondheim et Fabrice Parme. Précisément, j’ai la troisième édition, qui est au format des albums normaux, donc plus petits que les autres « Spirou par ». Je ne sais pas si ces interprétations ont tous connu ce genre de rééditions.
Et c’est vraiment très sympa. Ça speede, ça n’arrête pas, ça court dans tous les sens avec un rythme soutenu et une action non-stop.
Groom au Moustique Hotel, Spirou se retrouve, pas un concours de circonstances, dans un paquebot de luxe propriété du même groupe de luxe. Fantasio se retrouve passager clandestin à la recherche d’un scoop et Champignac est conseiller scientifique pour la société d’assurance qui prend en charge les navires.
Ça joue sur plein de registres, les confusions vaudevillesques, le techno-blabla de la pseudo-science à la Champignac, la satire sociale (la charge sur les médias n’est rien par rapport à celle sur les riches), et c’est très divertissant.
Le dessin de Fabrice Parme place le petit monde de Spirou dans la lignée des esthétiques fifties et sixties, un peu dans la même cour que les derniers Tex Avery ou les dessins de Kiraz. (Je ne sais pas s’il y a un nom pour désigner cette sensibilité graphique, mais si c’est le cas je suis sûr que quelqu’un saura nous le dire.)
En lisant l’album, je repensais à ce que Franck Biancarelli expliquait concernant l’écriture de Green Witch Village. Et je me dis que Trondheim a sans doute pensé ses planches comme une suite de strips à deux bandes, tant chaque moitié de page fait tomber un gag régulier. Une belle mécanique pour un album trépidant et drôle.
Jim




