LE SYSTÈME (Peter Kuper)

Le système

New York. Un tueur en série traque des strip-teaseuses. Un flic corrompu rackette des dealeurs. Un crime raciste suscite la colère. Un politicien véreux est prêt à tout pour se faire réélire. Un scandale politique et financier est sur le point d’éclater. Dans une ville où tout est interconnecté, une foisonnante galerie de personnages évolue à travers les dédales d’une intrigue dont les ressorts se cachent à chaque coin de rue.

Peter Kuper livre ici un roman graphique magistral, réalisé à la bombe et au pochoir. Dans ce récit choral sans paroles, il révèle les rouages d’un système gangréné par la corruption, la violence et les injustices sociales.
« Dans « Le Système », Peter Kuper repousse les limites de la bande dessinée. » – Will Eisner

  • ASIN ‏ : ‎ B0B2QX48GK
  • Éditeur ‏ : ‎ Nada éditions; Illustrated édition (24 mars 2023)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 112 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1092457544
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 1 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 18.4 x 0 x 27.8 cm

Ah tiens. Réedition. Intéressant.

Oui, j’ai trouvé trace d’une édition précédente, aux Éditions de l’An 2, en 2004.
Avec une couverture maquettée différemment.

Et je viens de me rappeler qu’en fait, au départ, c’est une mini-série chez Vertigo, en 1997.

Tu l’as lu ?

Jim

Je crois. Mais pas sûr (je me souviens de son lieu d’ensilage dans l’appart’)
Mais je l’ai, c’est sûr. Je crois même que je l’ai acheté deux fois (j’ai dû refiler le doublon)
Mais je ne savais pas que c’était du Vertigo, tiens.
Et la pagination me surprend. Vais regarder ce soir.

Sans parole et sans texte ?

En zieutant sur readcomiconline, je vois que chaque numéro fait 28 pages. Ça rentre dans un 100 pages, comme l’édition française de 2004. Là, ils annoncent douze pages de plus, il serait intéressant de savoir ce que c’est (un récit inédit ? une interview ? des préfaces / postfaces ?).

Apparemment. Je viens de survoler le premier numéro, et c’est le cas. J’imagine que c’est pareil pour les deux suivants.

Jim

Choral et sans texte, ambitieux.

Ouaip, je confirme

104 pages, plus précisément.

Ouais.

Les stigmates sur le bouquin indique que je ne l’ai pas lu. Il vient donc de passer en haut de la pile.
Rien qu’à le feuilleter, je me régale d’avance.

C’est à dire ?

Pleins de persos qui se croisent.

Tout ça sans recourir aux mots, la narration doit etre au top pour delivrer toutes les infos nécessaires.

Je te dirai.

Yep

Quelques planches du premier volet, pour se faire une idée :

Jim

Dis donc, ça donne envie.

Bon bah j’adore.
Je vous en parle plus longuement demain.

j’adore

image

C’est bon ça. Très bon même.
Peter Kuper fournit donc une histoire sans bulle (il est un peu expert en la matière, avec Spy vs Spy, notamment), mais pas sans texte, puisqu’il utilise les journaux, enveloppes, annonces … pour apporter, de temps en temps, quelques informations de contexte. Mais c’est bien tout.
Et cette histoire, elle a plusieurs fils rouges qui s’entremêlent. Et il passe d’une histoire à une autre à la manière d’un lip dub (je crois que c’est le terme), en passant d’un personnage à un autre (qu’ils soient récurrents ou pas) via leur croisement dans une page, ou par le jeu d’une scène attitude similaire (un peu comme quand dans une vidéo, un personne à Hong Kong envoie une balle et elle est réceptionnée par une personne à Rodez et ainsi de suite). Sauf que là, on est en 1996. Alors, je ne sais pas si c’est le premier a utilisé ce procédé en BD, mais le faire tout au long de 100 pages, sur trois épisodes, c’est assez fort. Et le tout, en étant très clair. Moi, ça m’a bluffé, même si je connais un peu les ouvrages de Kuper.
Et ce qu’il montre (enfin, insinue) là-dedans, c’est que le tout système du fonctionnement de l’humanité est lié, et qu’il est bien gangrené. Du sexe, de la drogue, du ripou, du vol de données informatiques, de l’extrémiste religieux (et pas du coté que vous pensez), du terroriste, de la misère sociale de tout genre, … bref, ça ne manque pas de sujets qui s’entrecroisent de manière naturelle dans la vie de tous les jours de l’Homme moyen. Et en 25 ans, cette histoire grinçante n’a pas pris une ride.

Le contenu de ses planches est très précis. Ce qui fait que même si on a rien à lire, on prend le temps de tout regarder, on y passe du temps. Rien n’est laissé au hasard et le moindre bout de lecture dispo est intéressant pour l’histoire, jusqu’aux graffitis sur le métro, métro qui sera l’un des vecteurs de l’information et de l’évolution de son histoire.
Et j’aime bien son graphisme anguleux, très raide. Qui ne l’empêche pas d’être expressif, et clair également sur les sentiments ressentis par ses perso. Et puis il a un jeu de couleur particulier. J’ai aimé son style la première fois où j’ai rencontré Kuper en 2007 en regardant son portfolio (sans savoir qu’il était), et je vois que 16 ans plus tard, ça me plait toujours autant.

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Ainsi que les strips qu’il fait dans Charlie-Hebdo. J’aimerais bien qu’il y ait une compilation, d’ailleurs.

Jim