LES 8 SALOPARDS (Quentin Tarantino)

En collaboration avec le site Playboy, le réalisateur Quentin Tarantino et le dessinateur Zach Meyer un petit aperçu illustré du film Les 8 Salopards :

[size=200]LIRE THE HATEFUL EIGHT[/size]

A priori, ils n’ont fait que 2 films ensemble Inglorious Bastards et Django …
Moi c’est plutôt l’autre connasse de Léa Seydoux qui me fatigue mais heureusement, elle ne joue pas dans les films de Quentin :mrgreen:

Visiblement, cette jeune femme a déjà réussi à ne pas se faire aimer ! Y a tout un banc ici ! :mrgreen:

Faudra que je prenne un jour la haine que les Français peuvent avoir envers les acteurs qui réussissent aux USA… Cotillard, Seydoux, voire même un peu Dujardin l’ont subi ou le subissent encore, sans trop de raison.

La haine, t’y vas un peu fort, quand même ! Critiqués pour leur jeu, c’est obligé à un moment donné, l’unanimité n’existant pas. Détestés pour leur personne par le grand nombre, je ne pense pas ! (et honnêtement, pour Dujardin, ça a dû m’échapper !)

Et t’as oublié Reno et Depardieu !

Faut comprendre que je l’ai déjà vue sur plateau, en essayage … Après sans l’avoir vu dans ces conditions, j’ai aussi vu ses interviews et ses retournements de veste … Ou comment passer de “mon réalisateur est un sadique et un connard” à “Non en fait, c’est un ange, ce sont tous les techniciens sous payés qui ne sont qu’une bande de cons de ne pas voir combien cet homme est grand !”

Donc pas de la haine, mais aucun respect puisqu’elle n’en a aucun pour ses collègues de travail … ah non pas collègues … techniciens … c’est vrai.

Dujardin, j’ai rien contre et comme soyouz, j’ai pas spécialement vu de haine à son égard.

Cotillard, actrice surestimée et avant même qu’elle ne joue aux états unis.

Donc j’aurais tendance à dire que c’est pas lié à leur présence dans des films américains ou à leur réussite.

Et puis, j’aimerais un jour comprendre pourquoi les français ferment les yeux sur les qualités d’acteurs ou leurs comportements dès lors qu’ils sont acteurs/actrices aux Etats Unis ? Un relent de la vision rêvée des états unis importé lors de la libération et retransmis au travers des générations depuis à travers un filtre ? Genre c’est américain donc c’est bien ?

Alors j’ai vu ce Hateful Eight: très vain, inutilement gore, surjeu pas possible des 3/4 du casting (la palme à Roth qui fait du Christopher Waltz presque tout le film: un comble!) , intrigue “cluedo” tractocapillée et peu prenante…reste le peu de 'zik qu’a composé le vétéran Morricone (Tarantino a enfin -presque- arrêté de croire que balancer une poignée de morceaux mosaïques anachroniques suffisait à faire une B.O respectable). :unamused:
Autant déçu que par le précédent, Tarantino confirme qu’il n’est qu’une photocopieuse bien réglée et que l’inventivité et l’originalité ne font décidément pas partie de son vocabulaire cinématographique! :nononon:

(je suis bien conscient que je ne vais pas me faire des amis sur le coup :smiley: )

En même temps, ce n’est pas la première fois que tu le dis. Et puis, même si on est pas du tout d’accord sur ce coup là, on peut être copains quand-même ? :wink:

Moi, j’ai aimé, comme tous les Tarantino jusqu’ici. Ce n’est pas le meilleur, mais je ne me suis pas ennuyé malgré les 3 h du film. On retrouve sa patte habituelle dans la réalisation, la direction d’acteur et les dialogues. On aime ou on aime pas, en particulier le côté outrancier de la chose, mais rabaisser Tarantino à ce point me fait dire que tu as développé une espèce d’allergie à son égard, au point où tu n’y vois plus aucun intérêt. Un conseil : arrête d’aller voir ses films.

Conseil que je vais suivre en effet, et oui, of course, on reste potes! :wink:

J’ai plutôt passé un bon moment pour ma part, même si le film est criblé de défauts (l’un n’empêche pas l’autre). Mais ça ne suffira pas à me réconcilier vraiment avec le cinéma de Tarantino ; il me semble qu’un ressort est définitivement cassé.

Et pourtant, il y a des tas de choses dans le film qui atteste tout de même de son savoir-faire. Le film est par exemple visuellement magnifique ; à défaut d’être un génie de la mise en scène (je n’ai jamais vraiment relevé de coups de génie de la part de Tarantino de ce côté-là), voilà quand même un cinéaste qui se préoccupe de la lumière de son film, ce qui n’est plus si courant, en poussant un peu.
“Les 8 Salopards” est peut-être même le plus beau film du cinéaste de ce point de vue, entre ces intérieurs magnifiques (un peu trop pour la crédibilité du film, mais on s’en fout un peu) et ces quelques extérieurs absolument somptueux, qui font de l’entame un véritable petit régal. Sans compter que Morricone est de la partie.
Et tant qu’on en est à parler du maestro italien, il faut aussi relever le travail global effectué sur le son : il y a par exemple un super moment où le personnage incarnée par Jennifer Jason Leigh chante en se retournant de temps en temps, et le mix sonore retranscrit son mouvement. Tout con, mais chiadé. Décidément, pas de doutes, Tarantino a des idées et sait s’entourer pour les réaliser…

Au niveau du scénar’, Tarantino signe ici un “whodunit” assez solidement charpenté, prenant (presque jusqu’à la fin, mais j’y reviens), même si on pourra toujours observer que presque 3 heures pour un film finalement assez chichement dramatisé, c’est peut-être beaucoup (1 h 45 auraient pu suffire, comme au bon vieux temps des séries B calibrées). On ne s’emmerde pas ceci dit, donc la longueur n’est pas vraiment rédhibitoire. Le script se permet même quelques retournements surprenants car assez retors : on se met du côté de tel ou tel personnage car on se dit que c’est peut-être le plus “honorable” du lot, et on est généralement pris à revers par une révélation sournoise (à ce titre, le flasback “à poil dans la neige” décroche la palme).

Tarantino reste ce dialoguiste un peu surdoué, même si je trouve depuis quelques films qu’il s’autorise des facilités et des outrances pas toujours payantes. On relèvera quand même quelques petites pépites, comme d’habitude, dans le lot.
Il excelle également, tant sur le plan du découpage que des dialogues justement, à travailler ces moments de détente/tension (ces fameuses explosions de violence sèche) qu’il explore depuis son premier film, “Reservoir Dogs” : deux de ces moments de bravoure sont particulièrement aboutis. Mais il y en a aussi, étonnamment, des foirés, comme le moment où surgit le thème de Morricone (encore lui) extrait de “The Thing” (une référence évidente, entre la météo, le dispositif en huis-clos et la présence de Kurt Russell au casting), qui tombe bizarrement à plat.

Et puis il y a quand même les gros défauts du film, comme cette structure bizarre, à cheval entre chronologie bouleversée comme on le voit souvent chez Tarantino et architecture plus classique, sans que le film n’y gagne vraiment (c’est un peu comme si le film accouchait de sa propre préquelle au 2/3 de sa course…). Et surtout, il y a cette direction d’acteurs désormais défaillante : Tim Roth est par exemple insupportable. J’ai bien compris que c’est voulu dans le sens où son personnage aussi joue un rôle, mais le cabotinage au carré c’est vraiment pas ça. Les anciens s’en tirent mieux, notamment l’excellent (et sobre, lui) Bruce Dern, mais aussi Samuel Jackson, qui retrouve un peu de sa superbe esquintée par d’innombrables cachetonnages à droite à gauche. Mais globalement, les acteurs (quand bien même ils sont habituellement excellents) en font trop, probablement “portés” par des dialogues parfois mal dosés dans leurs effets.
Au final, après un épilogue décevant (les 15 dernières minutes) qui constitue une méchante déflation dans les enjeux, le film finit par sembler un peu vain, et même anodin, avec le plaquage un peu artificiel d’un sous-texte tout sauf subtil, bien dans la lignée des derniers films du cinéaste américain. En effet, dans une veine “révisionniste” (je mets des guillemets car je n’utilise évidemment pas ce terme dans son acception courante, ici) dont il est coutumier depuis “Inglourious Basterds”, Tarantino niche une allégorie d’une naïveté assez désarmante sur la réconciliation de deux Amériques au sortir de la Guerre de Sécession.
Pas vraiment son fort, cette espèce de “conscience politique” tardive…
Idem pour l’entreprise un peu “méta” de relecture des genres à laquelle se livre Tarantino (comme d’habitude) : rien de révolutionnaire dans le mélange concocté ici ; le cinéaste ne bouleverse finalement ni le western, ni le film d’horreur vers lequel il lorgne méchamment (le film est quand même très généreux en débordements gores).

Pas nul du tout sans être génial (choisis ton camp, camarade !!), le film me semble néanmoins confirmer la nette baisse d’intérêt du cinéma made in Tarantino. Mais comme dirait Robert de Niro dans “Jackie Brown”, “ça se regarde une fois”, quand même, tant c’est bien usiné à des tas de niveaux.