LES CANAUX DU MITAN - Alex Nikolavitch (Les Moutons électriques)

Une enfance parmi les" freaks" dans les canaux d’un monde différent. Un roman initiatique entre steampunk et Steinbeck.

Le Mitan, vaste plaine couturée de canaux, creusés en des temps immémoriaux, et que les colons parcourent désormais sur de lentes péniches tirée par des chevaux. C’est sur l’une d’entre elles qu’embarque le jeune Gabriel, attiré par son côté exotique : peuplée de phénomènes de foire, elle lui permet d’échapper à un quotidien morose.

Mais à quoi bon un « normal » parmi les nains et autres contorsionnistes ? Quels sont les esprits qui hantent les anciens tertres, tout au bout de la plaine ? Pourquoi, depuis des siècles, condottières et capitaine viennent-ils se perdre dans le Mitan ? Et surtout, à quoi bon maintenir les anciennes traditions des bateleurs-bateliers quand la civilisation apporte de nouvelles règles ?

  • ISBN : 978-2-36183-623-8
  • Broché
  • 16.2 × 21 cm
  • En avril

eh ben, la mise en ligne de l’annonce n’aura pas trainé !

Dans les starting blocks !
(fallait attendre ?)

non, mais je suis épaté à chaque coup par la réactivité.

bon, on extrait choisi au pif dans le manuscrit, pour la peine :

En fin d’après-midi, nous parvenons à Salvi, que sa tour héliographique équipée d’un seul miroir braqué dans la direction de Danceny signale déjà comme une ville au milieu de nulle part, au-delà de laquelle on ne trouvera plus rien avant des centaines de lieues, au-delà de laquelle on n’envoie aucun message, jamais, parce qu’il n’y en a pas besoin. Un endroit où l’on arrive, ou un lieu dont on part, mais pas un lieu de passage. D’une certaine façon, malgré le canal qui se poursuit à perte de vue, il s’agit d’une impasse. Peut-être est-ce de bon augure, peut-être s’agit-il de la destination que cherchait à atteindre le capitaine. Pourquoi irait-il s’enfoncer dans la plaine déserte, presque aride désormais, où même les Chokchaws ne vivent plus ? À moins qu’il ne vise plus loin encore, vers les rivières ou pire, vers les Montagnes Sèches, et cette perspective m’horrifie.

Avant même d’entrer dans la grande rue, Suzanne est accueillie comme un grand voyageur revenant d’un long périple, ce qu’elle est, en un sens. Dans ce qui n’est même pas une bourgade, nous mettons bien une demi-heure à parcourir les trois cents pas séparant l’orée du village de la petite mairie en bois blanchi. Chaque personne que nous rencontrons demande des nouvelles et il faut lui en demander en retour. Et chaque personne, après ce rituel, part au pas de course en prévenir deux autres.