LES FOLLES (Dolores Alcatena)

Nous sommes des hyènes. Nous sommes fières d’être des hyènes. Nous nous aimons. Pourtant, le monde nous méprise, car nous avons l’affront impardonnable… d’être laides." Les Folles, c’est l’anti Roi Lion ! Une histoire qui nous transporte dans le monde des hyènes où nous suivons la vie de l’une d’entre elles, de son enfance à sa vieillesse. De combats en errances, Les Folles nous emmène dans une aventure pleine de légendes et qui s’ouvre à plusieurs niveaux de lecture !

Dessinatrice, illustratrice et autrice de bande dessinée argentine. Fille du grand Enrique Alcatena, elle commence à publier ses bandes dessinées en fanzines à partir de 2017. En 2019, elle publie son premier récit long : « Lovecraft y negrito », et en 2020 elle en a édité deux : « Las hijas de Sedna » et « Quetzalli ». Les Folles est sa première bande dessinée publiée en France.

Date de parution 12/02/2026
EAN 9782491042479
ISBN 2491042479
Nombre de pages 270
Prix 24 euros

Quelle BD originale !
Originale par son sujet, les hyènes.
Dolorès Alcatena, fille d’Enrique Alcatena (dont plusieurs ouvrages sont visibles dans cette section) raconte l’histoire de l’une d’elle, de sa jeunesse jusqu’à sa mort. On la suit à travers des évènements cycliques, mais aussi dans des récits plus fantasy, je pense que c’est le genre, en créant une sorte de cosmogonie originale pour ces mammifères.
Cet enchainement de récits donne une bonne dynamique et le fait que des évènements reviennent à intervalles réguliers renforce l’aspect sociétal de l’histoire. L’autrice, comme elle le dit à dans sa postface, cherche vraiment à montrer les hyènes sous un autre jour, comme un animal sauvage classique, pas plus méchant qu’un autre comme on peut le voir dans le Roi Lion par exemple. Il y a un vrai travail comportemental dans ce bouquin, à la fois sur « l’héroïne », comme sur ces relations avec le reste de sa meute ou ses ennemis (j’y reviens). Il y a aussi un côté sororité, mais pour autant, je n’ai pas ressenti de féminisme exacerbé, ni même de message dans ce sens. Certes, on ne voit, ce qu’on apprend être, qu’un mâle, mais je pense que c’est plus parce que dans son récit, elle évoque beaucoup la relation mère - fille au sein de la meute. Après tout, dans les dessins animés, ce sont également que des femelles qui sont présentées.
Il y a aussi un métaphore de fonctionnement d’un groupe, d’une intégration tout en étant différente des critères classiques (les hyènes présentées ainsi sont très ouvertes d’esprit), des choix personnels, du respect des anciens, etc… et surtout, il est évoqué que la notion de la beauté est très relative et est une notion en fait assez personnelle. Ce qui est intéressant avec la fin, via son ennemi, c’est que l’être considéré comme beau physiquement est plus enquiquiné et ne peut avoir une vie - et dans le cas présent une mort - sereine, tant elle est l’objet de convoitise. Je ne sais pas si l’autrice voulait faire dans la métaphore, mais je trouve qu’il y en a pas mal, et que c’est plutôt bien amené. Parce qu’on peut aussi lire cette bd au 1er degré, sans être obligé de réfléchir au message.

J’aime beaucoup son style graphique. La BD est en noir et blanc, et elle travaille sans nuance de ton, ne jouant qu’avec les trait et les ombres. Sa façon de dessiner les hyènes est très réaliste, mais elle arrive à mettre un peu de « fantastique » si je puis dire, dans certaines cases, mettant un bel effet. Avec leurs « sourires », ça m’a fait penser à des pages de Venom où on voit juste la bouche et rien d’autre. Je trouve que ça faut un bel effet. Et puis, si le texte a véritablement son importance, elle arrive à mettre une expressivité aux hyènes, mais qui reste particulière de part leur bouche qui les fait passer pour… des folles.

Un bouquin à l’histoire originale (qui sort des sentiers battus de ma biblio en tout cas), et plutôt bien gratté je trouve. Une autrice à suivre.

2 « J'aime »

Ah, tu me donnes envie de me pencher dessus.

La hyène est un animal qui me fascine depuis très longtemps, en plus.

Tori.