LES GG COMICS


(Blackiruah) #701

[quote=“Les GG Comics”]Le prochain GG COMICS est planifié ! Le numéro 24, qui aura lieu ce Mardi 25 Avril à 21h, sera très spécial car il sera dédié au jeune éditeur Bliss Comics. Pour cela, nous serons accompagnés de Florent Degletagne, le boss de la maison d’édition.
Sujet : BLISS COMICS !
RDV à l’heure indiquée comme d’habitude en live sur notre lien mixlr : mixlr.com/ggcomics/
N’hésitez pas à poser vos questions à travers ce post que nous essaierons de relayer durant le podcast. De même, soyez nombreux à participer à cet opus en live pour éventuellement répondre à d’autres questions posées en direct !
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(Blackiruah) #702

[size=150]LES GG COMICS, EPISODE 24 : BLISS COMICS[/size]


(Jim Lainé) #703

[quote=“Blackiruah”][size=150]Les GG Comics, épisode 11 : Les super vilains sont ils en voie d’extinction ?[/size]

http://www.comics-sanctuary.com/public/superpouvoir/img/cs/logo-podcast.png[/quote]

Je continue à picorer au hasard (je télécharge, je stocke, j’écoute quand j’ai le temps, c’est-à-dire rarement). Et là, je m’arrête au podcast sur les vilains.

Je vais commencer par une grognerie, mais personnellement, je suis pas super emballé par l’idée de devoir attendre quarante minutes avant que les intervenants rentrent dans le sujet. C’est lié à la manière donc est composée l’émission, mais bon, j’aime pas trop.

Après, sur ce sujet précis, je suis étonné que vous tourniez autour de l’idée sociale de l’écriture du vilain sans jamais y tomber. Dragnir parle de l’évolution du Joker, de plaisantin à terroriste, expliquant que c’est un écho à l’évolution de la société, mais voilà, c’est peut-être la seule fois où c’est frontalement abordé. Alors que le fait que les héros combattent les héros (et donc poussent les vilains hors du cadre) me semble être une trace de la crise des élites dans notre société occidentale.

Enfin, il y a une autre idée autour de laquelle vous avez tourné sans la pousser (enfin, quoique, un peu, mais pas assez à mon goût), c’est l’idée de l’identification au vilain. Le fait qu’on peut s’y reconnaître, ou y retrouver des motivations personnelles. Par exemple, moi, personnellement, les motivations de Ra’s al Ghul (surtout dans sa version éco-terroriste chère à Dixon ou Waid) et de Poison Ivy me parlent vraiment. Ce sont des vilains dont la cause me semble “juste”, à laquelle je pourrais me rallier, en quelque sorte.

Jim


(Jim Lainé) #704

C’est marrant d’ailleurs que Kab cite le Scarabée…
Ce personnage, repris par Stern dans Spectacular Spider-Man, est soudain transformé de vilain rigolo et anecdotique à gros comploteur dangereux et prévoyant. Et ça, c’est quand même assez formidable : un scénariste arrive à prendre un personnage secondaire et oubliable et à le changer en véritable menace.
C’est pas toujours facile, mais bon, Claremont l’a fait par exemple avec X-Men #175, où les mutants, qui ont affronté des trucs cosmiques colossaux, sont baladés par un simple illusionniste, le Cerveau.
Ces exemples laissent entendre qu’il est possible de développer des menaces là où l’on pensait qu’il n’y avait plus aucun danger. C’est quand même très intéressant de voir émerger des “vocations” de vilains.

Jim


(Blackiruah) #705

[quote=“Jim Lainé”]Je continue à picorer au hasard (je télécharge, je stocke, j’écoute quand j’ai le temps, c’est-à-dire rarement). Et là, je m’arrête au podcast sur les vilains.

Je vais commencer par une grognerie, mais personnellement, je suis pas super emballé par l’idée de devoir attendre quarante minutes avant que les intervenants rentrent dans le sujet. C’est lié à la manière donc est composée l’émission, mais bon, j’aime pas trop.[/quote]

Y’a plusieurs écoles, mais bon, y’a le minutage, c’est fait justement pour zapper la partie qui ne t’intéresse pas.

[quote=“Jim Lainé”]Après, sur ce sujet précis, je suis étonné que vous tourniez autour de l’idée sociale de l’écriture du vilain sans jamais y tomber. Dragnir parle de l’évolution du Joker, de plaisantin à terroriste, expliquant que c’est un écho à l’évolution de la société, mais voilà, c’est peut-être la seule fois où c’est frontalement abordé. Alors que le fait que les héros combattent les héros (et donc poussent les vilains hors du cadre) me semble être une trace de la crise des élites dans notre société occidentale.

Enfin, il y a une autre idée autour de laquelle vous avez tourné sans la pousser (enfin, quoique, un peu, mais pas assez à mon goût), c’est l’idée de l’identification au vilain. Le fait qu’on peut s’y reconnaître, ou y retrouver des motivations personnelles. Par exemple, moi, personnellement, les motivations de Ra’s al Ghul (surtout dans sa version éco-terroriste chère à Dixon ou Waid) et de Poison Ivy me parlent vraiment. Ce sont des vilains dont la cause me semble “juste”, à laquelle je pourrais me rallier, en quelque sorte.[/quote]

Je t’avoue que personnellement, à part Magneto, j’ai eu très peu ce souci d’identification avec les méchants donc je n’y ai pas vraiment pensé dans mon cas, mais cet argument a du sens, ça mérite réflexion par contre, bon, je t’avoue que… Je ne me rappelle plus vraiment de tout ce qu’on a dit dans cet épisode xD


(Jim Lainé) #706

[quote=“Blackiruah”]
Y’a plusieurs écoles, mais bon, y’a le minutage, c’est fait justement pour zapper la partie qui ne t’intéresse pas.[/quote]

Ouais, mais ça m’ennuie de devoir écouter un progamme en gardant un œil sur le compteur. J’aime bien laisser défiler. Et sur l’ensemble de l’émission, je me dis que je préférerais vous écouter parler plus longuement du sujet que vous proposez. Tout cela me laisse une impression de trop court, en somme.
C’est comme vos “conclusions” : je les trouve assez inutiles dans le sens où les intervenants répètent et confirment en fermeture ce qu’ils ont dit en ouverture, il est rare, me semble-t-il, que l’un d’eux apporte une idée complémentaire ou témoigne d’un changement radical d’avis. Et là aussi, les quelques minutes de conclusion, j’aimerais bien qu’elles soient consacrées au sujet.
Mais c’est parce que je suis gourmand.

Bah il y a toujours les méchants pathétiques, qui voient un être cher disparaître, qui sont victimes (je pense, là, à Gueule d’Argile), donc déjà, eux, ils ont un capital sympathie évident, souvent brossé à gros traits, mais je peux avoir une certaine pitié à leur égard. Après, il y a les vilains qui ont une motivation plus politisée, je pense au Ghost d’Iron Man ou au Flagsmasher de Captain America, mais ils tournent bien souvent à la caricature, à force de répéter leur litanie.
Ceux qui emportent ma préférence, c’est les “héros dévoyés”. C’est pour ça que j’adore Fatalis, qui est un Red Richards qui a mal tourné, par exemple. Magneto aussi. Quelques autres.
Mais ouais, un Ra’s al Ghul qui décide de décimer l’humanité afin de restaurer les équilibres écologiques menacés par une potentielle surpopulation, je trouve ça passionnant, et j’avoue que je peux comprendre qu’il recrute des fidèles à sa cause. Poison Ivy qui lutte pour la végétation et qui menace de transformer Gotham en jungle, ça me parle aussi. Genre, ils existeraient dans la vraie vie, j’en serais sans doute à me dire “purée, ils ont pas tort !”

Ça, c’est un peu de ma faute : j’écoute dans le désordre, en fonction de ma curiosité.
(Genre, là, j’ai toujours pas écouté celui sur Snyder vu que je n’aime pas son boulot, ni celui sur Bliss vu que je n’ai jamais lu le nouveau Valiant…)
(En revanche, j’ai écouté celui sur les events : si je reproche le temps passé à définir, je partage l’avis général : ces saloperies de vagues éditoriales nuisent au travail des auteurs. Et j’écoute là votre épisode “c’était mieux avant ?”, et je trouve les interventions de Julien particulièrement pertinentes.)

Jim


(とり) #707

Autant l’univers Valiant ne me parle pas (j’ai essayé deux/trois trucs, mais ça n’a pas marché en ce qui me concerne), autant Florent est un homme de goût : Usagi Yojimbo est, selon moi, la meilleure série de comics du monde (n’en déplaise à Wade Wilson)… Bon, j’exagère peut-être un peu, mais à peine.
Quelques précisions : ses aventures ont bien commencé en 1984, dans la revue Albedo de l’éditeur Thoughts & Images, puis dans Critters, chez Fantagraphics, avant d’avoir sa première série éponyme, toujours chez Fantagraphics (cette v1 a duré trente-huit numéros)… Ensuite, il y a eu seize numéros chez Mirage… C’est à cette occasion qu’il y a eu quelques crossovers avec les Tortues. Ensuite, Stan Sakai est passé chez Dark Horse, où la série est toujours en cours, même si le numéro 160 est sorti il y a un petit moment (Stan Sakai a un rythme moins soutenu depuis la maladie, puis le décès, de son épouse).
Il y a eu aussi quelques hors-séries (des color special, notamment, mais également Usagi Yojimbo Senso, mini-série de six numéros qui se passe dans le futur, ce qui a permis à Stan Sakai de mettre des mecha et des aliens dans sa série, sans nuire au déroulement de celle-ci).
Concernant les recueils, il y a les TPB : les sept premiers, chez Fantagraphics, reprenennent les parutions avant le passage chez Mirage. Les suivants, chez Dark Horse, ont commencé par les parutions Mirage (dans les numéros huit à dix), puis enchaînent avec les parutions Dark Horse (dès le numéro dix). C’est l’équivalent de ces TPB qu’on a chez nous, en petit format (les quatre premiers étaient sortis en grand format, mais ça n’avait apparemment pas fonctionné)… Le seul avantage de l’édition française, c’est son petit prix. Parce que par endroits, il manque des pages, et la traduction (surtout sur les derniers volumes, j’ai l’impression) est vraiment mauvaise.
Ça fait longtemps que je me dis qu’il faut que je passe à la VO… Et c’est là qu’on en arrive aux volumes dont parle Florent : les omnibus.
Le premier, sorti chez Fantagraphics, reprend les sept premiers TPB, de Fantagraphics (1160 pages) !
Ensuite, il y a les Usagi Yojimbo Saga, chez Dark Horse… On en est au septième, qui reprend jusqu’au numéro 138, qui sont assez bon marché (25$, sauf si on prend la version hardcoverqui est à 80$…).
Il y a aussi un Usagi Yojimbo Legends, à sortir cet été, qui contiendra Space Usagi, Usagi Yojimbo senso, le hors-série Yokai et d’autres trucs.
Je vais finir par craquer pour ces omnibus, je le sens.

Sinon, Florent dit un truc qui n’est pas complètement vrai : il indique que les libraires peuvent retourner les volumes n’importe quand.
Or, c’est faux : il ne peuvent pas retourner les volumes avant un certain délai (qui dépend des distributeurs : en général c’est deux ou trois mois), ni après un certain délai (en général, un an)… Et certains petits éditeurs font, d’ailleurs, le choix de faire de la vente ferme : aucun retour possible. Mais c’est à double tranchant : le libraire ne prendra, du coup, pas le risque de prendre le titre s’il pense que ça ne se vendra pas (et il peut se tromper : on a parfois des surprises, dans un sens comme dans l’autre).
Cela dit, c’est sûr que de recevoir plein de retours quand on ne s’y attend pas, surtout quand on est une petite structure, ça peut être embêtant…

Tori.


(KabFC) #708

[quote=“Tori”]

Hmmm c’est vrai. J’ai vu les retours de la BD de Cyprien le lendemain ou c’est arrivé, bon entre temps des gamins sont venus les demandés, mais sinon ça partait en 3 jours sans être mis en rayon.
Mon libraire attends pas 3 mois pour faire ces retours. 3 semaines max. Il faut avoir une place de folie pour attendre 3 mois avant de faire tes retours.


(とり) #709

J’ai déjà eu le problème avec des retours refusés car les volumes avaient été renvoyés trop tôt (trop tard aussi, mais ça, c’était à cause de leurs délais de traitement !)… Ça dépend vraiment des distributeurs (ou des éditeurs).

Sinon, concernant le GG sur Valiant, c’est quand même pas de chance que ce soit sur celui sur ce sujet que Dragnir doive s’absenter !

Tori.
Edit : concernant les retours, lire ici


(KabFC) #710

Merci Tori, maintenant je pense que les éditeurs sont souples.


(Jim Lainé) #711

[quote=“Blackiruah”][size=150]Les GG Comics, épisode 15 : Les comics, c’était mieux avant ?[/size]

http://www.comics-sanctuary.com/public/superpouvoir/img/cs/logo-podcast.png[/quote]

Hop, j’ai écouté celui-ci.
Ça vous réussit bien d’être ensemble autour de la même table, avec un invité et un public. Je trouve la dynamique meilleure, les temps morts presque inexistants et la construction plus solide. Bref, cool.
Je ne partage pas tous les avis, et sur les planches des dessinateurs d’aujourd’hui, le côté photo-réaliste et tout ça, je trouve que c’est un peu bien vite généraliser, mais pas faux. C’est lié aussi au fait qu’un marché s’est développé ces dernières années, celui des planches originales : donc les dessinateurs font des planches super-chiadées afin de pouvoir les vendre. Et ça impacte sérieusement sur l’aspect purement narratif, certains dessinateurs alignant les belles illustrations.
Pour ma part, moi qui suis un modeste collectionneur de planches (avec quelques soixante pièces, voire un peu plus), s’il y a un domaine où j’affirme haut et fort que c’était mieux avant, c’est clairement sur les planches originales : les planches réalisées jusque dans les années 1990, elles sont lettrées de manière traditionnelle, si bien qu’on peut réellement lire la planche qu’on achète. Aujourd’hui, si on achète une planche (en général plus chère), on n’a que de grandes illustrations, ce qui, à mon goût personnel, est un peu maigre.
Après, je ne suis pas d’accord avec l’idée que les mecs sont plus lisibles de nos jours. Rocafort est illisible, sans les bulles on ne sait pas dans quel sens lire ses planches. Et y en a pas mal d’autres comme ça. Et puis, il y a plein de mauvais dessinateurs aussi, qui traînent dans les couloirs des deux éditeurs.
De même, je ne suis pas d’accord avec l’idée que les dessinateurs de romance comics des années cinquante et soixante étaient mauvais. Tous éditeurs confondus, on trouve Kirby, Colan, Andru, Heck, Romita, Toth et plein d’autres. Des gens comme Ayers ou Colletta, qui sont des seconds couteaux dans le genre, sortaient quand même des planches incroyables, avec des personnages vraiment très beaux.

Grand moment du podcast, l’explication du modèle de distribution, avec le direct market et tout ça. C’est excellemment expliqué par Julien, et c’est un très chouette moment, parce que c’est complètement dans votre optique “mieux avant ou pas”, tout en étant très pédagogique. Bravo Julien.

Seul petit point : le fameux adage “on ne rentre pas dans un magasin de pêche si on n’est pas pêcheur” a été répandu et popularisé surtout par Jean-Marc Lofficier, avant d’être relayé par Xavier Fournier.

Mais autrement, chouette débat.

Jim


(Jim Lainé) #712

[quote=“Blackiruah”][size=150]Les GG Comics, épisode 12 : Quelle est la place des love stories dans les comics?[/size]

http://www.comics-sanctuary.com/public/superpouvoir/img/cs/logo-podcast.png[/quote]

Alors c’est pas mal, ce débat, mais heureusement que vous avez Dragnir. Qui dit des bêtises (le comics code qui “détruit” les éditeurs, c’est 1954, pas 1948) mais qui recadre plein de choses. Parce que lui il sait. Donc vive les vieux.
Mais quand même, je sens que je vais faire des commentaires grognons, dans l’ensemble.

Jim


(FC powaaaa) #713

1948, ce n’est pas en France (ou 1949, je ne sais plus) avec la commission pour la jeunesse (ou un truc du genre)


(Jim Lainé) #714

Oui, 1949, je crois bien.

Jim


(FC powaaaa) #715

Pour moi c’est 1949 (j’ai en mémoire 1949 sur l’ours de mes Spidey), Dragnir a peut être confondu !


(Jim Lainé) #716

Suite à l’explosion de haine envers les romance comics qu’a laissé échapper notre ami Blacki, j’en profite pour signaler l’existence d’un super bouquin jetant une lumière intéressante sur le genre romance comics.

Romance without tears est un recueil d’histoires agrémenté d’un peu de rédactionnel. Les récits sont en provenance de l’éditeur Saint-John, et ont la particularité de présenter des femmes “libérées”, pour l’époque, c’est-à-dire la fin des années 1950. À savoir des femmes qui luttent afin de s’émanciper des pressions sociales (amoureuses, mais aussi professionnelles), qui se prennent des échecs, et qui repartent quand même. La lecture du recueil démontre que le modèle s’écarte de la vision “damoiselle énamourée” de mise chez DC ou Marvel.
Très intéressant, et assez novateur pour l’époque.

Dans le recueil, il y a pas mal d’épisodes dessinés par Matt Baker (y a d’autres illustrateurs, comme Lily Renee, aussi). Et Matt Baker, c’est quand même magnifique.

Il a une qualité de dessin incroyable, qui se voit à la précision du trait, à la beauté des mains, à la justesse des drapés, au naturel des positions. Ses personnages ont un langage du corps incroyable, ils expriment la fatigue, la lassitude, la surprise, la crispation. Ce qui fait que les personnages, s’ils se retrouvent dans des situations clichés, disons, les vivent toujours de manière originale et personnelle.

Au-delà des qualités du dessin (qui sont évidentes pour qui a un jour tenu un crayon de manière professionnelle), Baker était un surdoué en matière de mise en scène. Il donnait par exemple un environnement crédible et vivant aux scènes qu’il représentait. L’arrière-plan était aussi important que le couple principal, qu’il s’y passe et dise des choses ou pas, d’ailleurs. Il y avait une vie incroyable dans le fond de l’image, avec des actions secondaires, des décors soignés, toute une vie dans laquelle le couple vedette s’intègre avec naturel.

Baker faisait également des compositions plus classiques, assez proches de ce que DC et Marvel proposaient, à l’image d’un personnage féminin en premier plan observant du coin de l’œil un autre couple dont on comprend qu’il a un impact sur sa vie à elle. Ou tout simplement des gros plans de couples, exercice dans lequel Kirby excellait. Et même dans ces registres plus fréquents voire banals, il assurait énormément, par la beauté de ses personnages mais également par le soin accordé au décor et à l’ambiance.

Jim


MATT BAKER : THE ART OF GLAMOUR (Amash / Nolen-Weathington)
(Blackiruah) #717

C’est très intéressant en effet même s’il est vrai que graphiquement ça envoyait du pâté, il reste que je détesterai ce genre forever xD

PS : Note que j’ai mis du futur et non du conditionnel :wink:


(Jim Lainé) #718

[quote=“Blackiruah”]C’est très intéressant en effet même s’il est vrai que graphiquement ça envoyait du pâté, il reste que je détesterai ce genre forever xD

PS : Note que j’ai mis du futur et non du conditionnel :wink:[/quote]

En soi, je trouve qu’il est impossible de détester un genre en soi.
Moi, par exemple, je “déteste” l’héroic Fantasy, ce qui fait que je n’ai toujours pas lu The Autumnlands, mais bon, j’en lis (notamment en littérature), j’en regarde (Game of Thrones), et même si je n’ai pas de gants souvenirs du genre, je sais aussi que je ne dois pas me laisser emporter par mes goûts, dans le sens où je risque de passer à côté de quelque chose.
De même, je suis allergique aux zombies, et j’en lis ou regarde peu, mais je m’intéresse au genre, j’essaie de me tenir au courant, je sélectionne. Je pense que si les comics proposaient des histoires de sport au même titre qu’il existe des mangas de sport, je n’en lirais pas, mais bon, j’ai bien lu des Strange Sport Stories des années cinquante (bon d’accord, le prétexte SF m’a incité), alors il n’est pas sûr que je boude le genre totalement.
En soi, je crois qu’il n’existe pas de genre à chier par essence. Je pense qu’il y a de mauvais auteurs, qu’il y a aussi des omniprésences sur le marché qui rebutent, etc etc. Autant de phénomènes qui peuvent nous détourner d’un genre.
Mais comme dit Sébastien, Archie version Mark Waid, c’est bien. C’est différent des séries d’humour d’antan, mais c’est pas simplement des alignements d’amourettes adolescentes. C’est aussi de beaux exercices de style, un rapport à la fiction assez décalé, bref, c’est d’une grande richesse. La comparaison avec Dawson me semble assez juste (même si je connais mal Dawson et que ce que j’en ai vu m’a déplu), mais il me semble que c’est meilleur à cause du recul un peu “méta” induit par la reprise / modernisation.
Bref, si tu croises des romance comics, ne change pas de trottoir. Tu sais, comme je dis toujours, la plus belle forme d’intelligence, c’est la curiosité.
:wink:

Jim


(Blackiruah) #719

Ah mais attention je ne dis pas que c’est de la grosse marde en bloc que personne ne doit lire ça. Je dis juste que ça ne m’interesse absolument pas. D’ailleurs je l’ai feuilleté l’Archie de Waid (avant tout pour le graphisme d’ailleurs) et franchement ça m’a complètement ennuyé profondément. C’est pas ma tasse de thé. La romance est mon fromage à moi (Allergie psychologique !)


(Jim Lainé) #720

Ah ça, si tu n’aimes pas le fromage, je ne peux pas faire grand-chose pour toi.

Plus sérieusement, j’aime bien l’Archie de Waid : c’est bien troussé, très drôle, assez touchant, en général bien gratté (même si graphiquement c’est pas toujours ma came), et avec des jeux sur les codes assez impressionnants.
Récemment, je discutais avec Denny Colt de Grant Morrison. Et je lui disais que ce qui m’impressionnait le plus, c’est la capacité qu’a le scénariste à se connecter à l’ADN de l’éditeur et des personnages. Dans ses JLA (que je redécouvre quinze vingt ans plus tard, avec beaucoup de plaisir), il parvient à renouer avec ce qui faisait le charme des vieux Justice League of America des années soixante, à savoir des mondes parallèles, des doubles, des menaces de taille cosmique, etc.
Waid, c’est un peu pareil : il réactive des gènes endormis du genre (bon, Archie, c’est pas du romance comics pur jus, c’est du teen humor, à la base, mais Waid fait ça sur les deux genres). Je savais le bonhomme super doué, mais là, il se frotte à un exercice de style et il s’en sort super bien (c’est plus impressionnant que son éphémère série sur le SHIELD, parce que c’est plus éloigné de son genre de prédilection et c’est plus long). Donc je savoure pour l’aspect technique de la narration, et je suis content de replonger dans cet univers que je ne connais que de loin.

À part ça, je suis assez fan de romance comics. Je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. Je pense qu’à la base, c’est parce que j’aime les histoires courtes, en tant qu’exercice, mais également en tant que plaisir de lecture. Ensuite, j’aime la période qui les a vu grandir, et chez Marvel, c’est la période des monster comics, genre dont je suis très friand aussi. J’aime l’aspect formulaire de la chose, la manière dont les auteurs parviennent à tirer de la matière d’une pagination réduite et d’un canevas à répétition. C’est le côté “thème et variation” qui m’épate. Kirby (ou Ditko, ou d’autres) qui aligne des tas de petites histoires avec toujours un twist un peu différent. Les romance comics ont cette dimension, aussi.
D’ailleurs, c’est un genre qui, comme souvent avec les comics books, se marie assez bien avec d’autres genres (la SF, le western, le polar, et bien entendu le super-héros). Les titres consacrés à Patsy et Hedy, chez Atlas, construisent une continuité sur laquelle s’appuient aussi les super-héros, et je pense de plus en plus que les romance comics sont autant fondateurs de l’univers Marvel que les monster comics.
Enfin, il y a l’aspect graphique qui me plaît bien. Kirby, Ditko, Toth, Heck, Colan, Pike, Baker, Andru et plein d’autres, ou encore les auteurs de super-héros qui s’y collent au tout début des années soixante-dix, quand le genre connaît un maigre renouveau : c’est super de voir le Buscema d’Avengers ou Fantastic Four faire des histoires d’amour, ça m’épate.

Mais je crois que le truc qui me plaît le plus dans les romance comics, au-delà du plaisir de voir des dessinateurs que j’adore, c’est que c’est, une fois de plus, un reflet d’une société précise, d’une époque précise (pas seulement américaine : en France aussi, on l’a eue, cette société de l’après-guerre où la femme avait à nouveau été chassée de l’usine ou du bureau et renvoyée aux merveilles domestiques de son foyer, et donc à un rôle secondaire dans la société). L’évolution du genre, qui naît en 1947 et s’éteint au milieu des années soixante-dix, est à cet égard très éclairante.

Jim