Lily Renée, jeune fille juive autrichienne passionnée de dessin, voit sa vie bouleversée par l’arrivée des nazis. Arrachée à sa ville natale, séparée de ses parents, elle trouve refuge en Angleterre avant de traverser l’Atlantique. À New York, elle transforme ses blessures en véritable force et devient une pionnière du 9 Art.
Son histoire est une ode à la résilience, à la liberté… et au pouvoir de l’imagination.
Elle est surtout associée au personnage de Señorita Rio, mais elle a animé de nombreuses autres séries, notamment chez Fiction House, dès 1942. Elle fait partie de ces dessinatrices qui ont été engagées pour remplacer les hommes partis à la guerre : dans la bande dessinée comme à l’usine.
Bon, c’est pas mal. Mais il manque sans doute une tension dramatique.
On retrouve Lili Renée en Amérique où, jeune adulte durant la guerre, elle a intégré l’écurie de Fiction House (une maison d’édition sur laquelle règne Jerry Iger). D’origine autrichienne, elle a échappé la Shoah car ses parents l’ont envoyé en Angleterre, où elle a tout de même ressenti l’antisémitisme ambiant, avant de franchir l’Atlantique en direction de l’Amérique.
Le numéro 542, c’est celui de la valise dont elle ne se sépare jamais et qui l’avait accompagnée dans sa fuite de l’Autriche. Elle raconte son histoire à Arnold, un collègue du studio (imaginé pour l’occasion). Durant son récit, on apprend que sa famille est parvenue à son tour à fuir l’Autriche et à rejoindre l’Amérique. Il y a donc une distance évidente et un manque d’enjeux palpable, qui aurait pu être évité si on avait eu droit à des scènes plus poignantes (les retrouvailles avec la famille, par exemple). De même, l’évocation des coulisses des comics est assez réduite : on voit une première page (créditée comme étant une couverture, il faudrait vérifier), on a droit à un peu de name dropping (l’une des collègues s’appelle Tarpé, c’est donc Tarpé Mills), sans qu’on voie les dessinatrices travailler beaucoup, le récit s’articule autour de discussions sur le passé de Lily, bref, l’album semble être également passé à côté de son deuxième sujet : la dessinatrice.
Au niveau de la réalisation, ça sent aussi un peu l’amateurisme. Le dessin est maladroit, le bullage simpliste (pas de grosses erreurs, mais des bulles en cigare avec un lettrage italique rigide…), et l’ensemble est compensé par quelques idées purement BD bienvenue, à l’image de cette page d’évocation des camps de concentration où l’intercase est remplacé par un fil barbelé. Les dialogues sont parfois un peu raides et donnent même l’impression d’erreur de traduction, un comble pour une création hexagonale (« cours d’art », là où « cours de dessin » me semblerait mieux fonctionner).
Bref, un album pas désagréable, mais qui me semble être passé à côté de son double sujet.